‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 192 sur 525 · SULFATE DE CU1VI1E · texte numérisé non relu

SULFATE DE CU1VI1E

(Vitriol bleu , Vitriol de Chypre, Couperose bleue.)

Ce sel existe dans les eaux des anciennes galeries d’exploitation déminerais de cuivre; mais il est évidemment le résultat de l’action de l’air introduit dans ces cavités. Suivant certains voyageurs, on trouve, dans quelques contrées d’Amérique, des fontaines dont les eaux contiennent ce sel en solution.

ïî est sous forme de cristaux prismatiques irréguliers, de couleur bleue , demi-traesparens ; inodore; d’une saveur âpre et cuivreuse, très désagréable. Il est soluble dans l’eau, et plus à chaud qu’à froid. Exposé à l’air, il s’eftleurit en prenant une couleur blanchâtre. Chauffé lentement et graduellement, il perd toute son eau de cristallisation, en conservant sa forme et en prenant une couleur blanche ; et si alors on jette de l’eau dessus , il redevient bleu : d’où l’on doit conclure que la couleur de ce sel est due exclusivement à son eau de cristallisation.

3; 2 PHARMACOTÉCHME,

Préparation .—On préparait autrefois ce sel en chauffant des lames de vieux cuivre dans un four jusqu’au petit rouge, et en projetant dessus du soufre pulvérisé. Le cuivre se sulfurait. Mais en continuant à chauffer à la même température pendant quelque temps, les deux élémens de ce sulfure absorbaient l’oxigène de l’air et se transformaient en sulfate. On jetait la matière toute rouge dans des baquets pleins d’eau qui dissolvait le sel formé , et la portion non altérée des lames de cuivre était traitée de nouveau delà même manière. On évaporait convenablement le soluté , et on le mettait à cristalliser. Le sulfate ainsi obtenu était assez pur.

Dans les pays où les minerais de sulfure de cuivre sont abondans , on les grille au contact de l’air , et on les projette dans l’eau. Mais , comme ces sulfures de cuivre contiennent toujours de la pyrite ferrugineuse, le sulfate de cuivre qui en provient contient également du sulfate de fer. Aussi, le sulfate de cuivre fourni par ce mode d’opérer prend-il, avec le temps et au contact de l’air, une couleur verdâtre , couleur qui résulte de l’oxigénation du fer , parce que l’oxide de ce métal devient jaune, et, avec le bleu du sulfate de cuivre , donne naissance à la couleur verte.

Aujourd’hui que l’or et l’argent s’affinent à l’aide de l’acide sulfurique, le sulfate d’argent fourni par cette opération est décomposé au moyen de lames de cuivre. Il résulte de ce travail des quantités de sulfate de cuivre qui vont au-delà des besoins des arts; et, comme ce sel est de la plus grande pureté, on n’a plus recours aux deux autres procédés,

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