MERCURE
Le mercure (vif-argent) se rencontre à l’état natif, ou combiné avec le soufre , le chlore ou l’argent.
Il est liquide à la température ordinaire , d’un blanc argentin tirant sur le bleuâtre , très brillant , d’une pesanteur spécifique de 15,568.
Il se volatilise à partir de -+- 15° centigrades, et se congèle à — 40° de la même échelle , en affectant une forme cristalline , octaédrique ; à ce point , il s’aplatit sous le marteau , et, reçu sur la main, il y produit la sensation d’un corps très chaud.
pharmacotechnie.
Préparation. — L’extraction en grand du mercure se fait sur les lieux mêmes d’où l’on extrait le minerai, et depuis le commencement de ce siècle , cette opération à reçu a importantes améliorations.
Lour 1 obtenir dans les laboratoires , on prend deux parties de sulfure de mercure pulvérisé et une partie de îmaille de fer ; on les introduit dans une cornue de grès futee, en mettant le sulfure en dessous. Le col de la cornue doit être enveloppé d’un linge qui en fait trois fois le tour au moins, qui le dépasse de trois a quatre pouces, et va ensuite plonger d’un pouce et demi dans un récipient à moitié rempli d’eau. On chauffe graduellement jusqu’au louge ; puis on sépare par décantation le mercure de
I eau qui le surnage , on le sèche avec du papier joseph , et on le fait passer par pression au travers d’un linge fin!
M. nairuel, auquel les sciences chimiques sont redevables de tant de procédés ingénieux, nous a indique le moyen d’obtenir le mercure pur par la distillation
de celui qu’on trouve dans le commerce, quelque impur qu’il soit.
Pour arriver à ce résultat, il suffit, lorsque le mercure est introduit dans la cornue , de le recouvrir d’une couche de sable fin , de deux à trois pouces d’épaisseur qui, faisant l’office de filtre, retient toutes les portions du métal non réduites en vapeurs, et permet à ces dernières seules de gagner le récipient, en s’opposant à la projection des particules de mercure non vaporisé déterminée par l’ébullition.
Nous ne devons pas omettre non plus de signaler un moyen que nous avons vu mettre en pratique par le même chimiste, pour rendre au métal déjà purifié l’éclat qu if a perdu, soit par la présence de corps gras et de poussière , soit par l’oxidation de quelques-unes de ses molécules , comme cela a lieu sur les cuves hydrargyro -pneumatiques.
II consiste à le laver , pendant quelques insfans , avec
CHIMIGOBASIJE. — MÉDICAMENS CHIMIQUES.
de l’eau ammoniacale, et à absorber ensuite ce dernier liquide avec un papier non collé.
SULFURE DE mercure.
Le soufre forme avec le mercure , deux combinaisons , le proto et le deutosulfure.
1° Protosulfure ( Sulfure noir de mercure ou éthiops minéral). — Il est constamment le produit de l’art , et se présente sous forme d’une matière pulvérulente , d une couleur noirâtre , inodore , insipide , insoluble.
Préparation. — On l’obtient en triturant dans un mortier une partie de mercure pur et deux parties de soufre sublimé et lavé; jusqu’à ce que le métai soit parfaitement éteint et que le mélange ait acquis la teinte foncée qui lui est propre.
Cette opération , extrêmement longue , donne pour résultat un sulfure mélangé d’une portion de soufre et de mercure non combinés. Mais avec le temps, la combinaison finit par s’opérer; car on voit la poudre s’agglomérer en une masse résistante que l’on est obligé de soumettre à la pulvérisation.
2° Deutosulfure ( Sulfure rouge de mercure ou cinabre artificiel, vermillon)- — Ce composé ne se trouve dans la nature en état de pureté qu’en petite quantité. Il est en masse cristalline , disposée en prismes aiguillés accolés parallèlement les uns aux autres. La couleur qui , en masse , est d’un rouge violacé, devient rouge par la pulvérisation, et d’autant plus belle que la division est portée plus loin. Son odeur et sa saveur sont nulles. Ce sulfure est insoluble.
Préparation. — Il existe plusieurs procédés au moyen desquels on peut préparer le deutosulfure de mercure. L’un d eux, dit par la voie humide , attribué généralement aux Chinois , est rarement employé chez nous , bien qu’il donne le plus beau vermillon.
376 pharmagotechnie.
Celui qu'on met le plus ordinairement en pratique est le suivant.
Faites fondre dans un creuset une partie de soufre sur laquelle vous projetez ensuite 6 parties de mercure métallique très divisé, avec la précaution d’agiter rapidement jusqu’à ce que la matière commence à se solidifier. A cet instant, on entend un bruissement très fort, et on doit se hâter de couvrir le vase , dès qu’on voit apparaître une vapeur blanche , à l’action de laquelle il faut se soustraire, parce qu’elle est formée de mercure : aussi doit-on toujours, pour ce motif, opérer cette combinaison en plein air. Laissez ensuite refroidir le produit , et , après 1 avoir détaché , pulvérisez-le , introduisez la poudre dans des matras, et procédez à sa sublimation. Soumettez ensuite le sulfure à la porphyrisation et à la dilution, et faites sécher par l’exposition à l’air. Le vermillon est d’autant plus beau et plus estimé qu’il est en poudre plus fine.
IQDURES DE MERCURE.
L’iode forme avec le mercure deux combinaisons.
Protiodure. — Ce composé, toujours produit par l’art, est pulvérulent, d’un jaune verdâtre , d’une odeur nulle, et d’une saveur âpre et métallique. Il est insoluble.
Préparation. — Pour l’obtenir, on verse un soluté d’iodure de potassi um dans un soluté de protonitrate de mercure le moins acide possible. Il se produit un précipité ; on le sépare par le filtre, on le lave à grande eau , et on le fait sécher entre plusieurs feuilles de papier non collé, à l’abri de la lumière.
“° Periodure. Ce produit, toujours fabriqué, est sous forme d une poudre d un beau rouge vermillon ; d une odeur nulle; dune saveur nulle d’abord, puis, après un certain temps^ très légèrement âpre ; susceptible de se volatiliser par la chaleur, en donnant des vapeurs
CHIMICOBASIE. MÉDIC AMEJNS CHIMIQUES.
d’un jaune rougeâtre , lesquelles, en se condensant, donnent naissance à des cristaux lamellaires rhomboïdaux d’un rouge éclatant ; très peu soluble dans l’eau, soluble, dans l’alcool.
Préparation. — Pour l’obtenir , M. Guibourt conseille de verser un soluté de 9 parties de deutochlorure de mercure dans un autre soluté de 10 parties d iodure de potassium , jusqu’à ce qu’il 11e se forme plus de précipité, en ayant soin de ne pas mettre un excès de deutochlorure. On lave le précipité, et on le fait sécher comme le précédent.