‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 214 sur 525 · TARTRATE DE POTASSE ET DE FER · texte numérisé non relu

TARTRATE DE POTASSE ET DE FER

Ce sel, qui est toujours le produit de l’art, est sous forme de poudre brune ochracée, ou de petites aiguilles de même couleur ; inodore ; d’une saveur astringente , atramentaire ; soluble dans l’eau.

Préparation. — Elle consiste à faire bouillir dans l’eau, parties égales de limaille de fer et de bitartrate de potasse, à filtrer quand la saturation est complète , à concentrer par l’évaporation , et à laisser cristalliser.

Ce sel double fait la base des diverses préparations ferrugineuses désignées par les anciens pharmacologues sous les noms de tartre chalibé , tartre martial soluble , teinture de mais tartans ée ^ boules de Nancy ? etc. Parmi ces composés médicamenteux , les deux derniers sont encore usités de nos jours, et nous devons faire connaître la manière de les obtenir.

1° Teinture de mars tartarisée ( tartrate de potasse et de fer liquide ). — On met dans une marmite de fer, un mélange de vingt parties de limaille fie fer pure et bril-

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lante et de soixante parties de bitartrate de potasse ; on ajoute suffisante quantité d’eau pour donner une consistance demi-liquide, et on laisse en repos pendant vingtquatre heures; alors, on ajoute trois cents parties d’eau et on fait bouillir pendant deux heures , en agitant continuellement, et en ajoutant un peu d’eau de temps en temps pour remplacer celle qui se vaporise. On retire du feu , on laisse déposer, on décante , on filtre , et on évapore jusqu’à ce que la liqueur marque trente-deux degrés à l’aréomètre. Lorsque le liquide est refroidi, on ajoute cinq parties d’alcool à trente-six degrés et on mêle par l’ agitation.

C’est par l’évaporation de cette teinture jusqu’à consistance solide, que l’on obtenait la matière extracti forme, déliquescente , que l’on employait autrefois sous le nom d’extrait de mars.

2° Boules de Nancy ou de mars. — Parmi les procédés divers qui ont été indiqués pour la préparation de ces boules , nous donnons la préférence au suivant , que M. Guibourt a publié dans le Journal de Chimie Médicale.

On fait bouillir une partie d’espèces vulnéraires dans six parties d’eau ; on met le décocté dans une bassine de fonte , avec six parties de limaille de fer, on évapore à siccité et l’on pulvérise.

On remet dans la bassine la limaille de fer ainsi préparée, avec six parties de tartre rouge en poudre et huit à dix parties d’un nouveau décocté d’espèces vulnéraires; on fait évaporer doucement l’humidité, en remuant continuellement , jusqu’à ce que la matière se prenne par le refroidissement en une pâte ferme. Alors , on retire la bassine du feu , et on la laisse , pendant un mois , dans un lieu tempéré. Au bout de ce temps , la masse s’est entièrement desséchée ; on la casse , et on la met en poudre.

On met cinq parties de cette poudre avec une égale quantité de tartre rouge et environ six parties de décocté vuL

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néraîre, dans une marmite de fonte, et Ton évapore à un feu modéré , en remuant à force de bras , jusqü’à ce qu’en fesant refroidir un peu de matière , on la voie se durcir presque entièrement. Ordinairement, cm reconnaît ce point de l’opération à ce que le fond de la bassine se dessèche, et qu’il se dégage de la masse une fumée noire et odorante. Alors , on retire le feu du fourneau , mais on laisse la chaudière dessus ; et, tandis que la matière est encore chaude, on se hâte de la façonner en boules du poids d’une ou deux onces , que l’on recouvre d’une légère couche d’huile , et dans lesquelles on fixe parfois, soit une anse de ruban , soit un petit crochet en fer pour servir à les suspendre. Ces boules sont placées les unes à côté des autres, sur une table, dans un lieu sec mais non chauffé artificiellement, et à l’abri du soleil qui les ferait gercer. Après un mois d’exposition à l’air, elles sont assez solides pour qu’on n’ait plus à craindre de les déformer. Il ne reste plus qu’à les envelopper de papier et à les garantir de l’humidité.

tartrate de potasse et d’antimoine.

(Émétique , Tartre émétique , Tartre stihié,)

Ce sel , qui est toujours un produit de l’art , est sous forme de tétraèdres réguliers , de pyramides triangulaires, ou d’octaèdres alongés, incolores , transparais; inodore ; d’une saveur désagréable et nauséeuse ; soluble dans l’eau; efflorescent.

Préparation. — On a, jusqu’à ce jour, employé un hissez grand nombre de procédés différais pour la préparation de ce tartrate ; mais un des meilleurs est celui de la Pharmacopée do Dublin, modifié par Henry. Il consiste à traiter , de la manière suivante , le souschlorure d’antimoine ( poudre d’ Jlgaroth ) par le bitartrate de potasse. On verse dans une marmite de fonte mille

CHIMICOBASIE. MÉDICAMENS CHIMIQUES l

parties d'eau que l’on porte à l'ébullition, puis on y projette par portions un mélange exact de cent parties de sousprotochlorure d’antimoine et de cent quarantecinq parties de bitartrate de potasse ; on agite sans aucune interruption pendant une demi-heure , on filtre , on évapore rapidement jusqu’à ce que la liqueur marque 25 degrés à l’aréomètre de Baumé , et on verse dans une terrine pour faire cristalliser dans un lieu tranquille. Le sel commence bientôt à se séparer , et , au bout de vingtquatre heures , la cristallisation est complète; on décante et l’on fait sécher l'émétique qui n’a nullement besoin d’être purifié. Les eaux- mères contenant de l’acide en excès , on le sature par la craie , on filtre , on réunit le liquide à celui provenant du lavage du papier qui a servi à la première filtration , on concentre le tout jusqu’à 25 degrés, et on fait cristalliser. Enfin, on répète l’évaporation et la cristallisation une troisième fois, et, comme les produits des deux dernières opérations sont colorés par un peu de fer , on les purifie en les dissolvant et les fesant cristalliser de nouveau.

Les auteurs du Co de x donnent, pour cette préparation, lieux autres procédés que nous croyons utile de faire connaître. Dans le premier, on mêle exactement deux parties d’oxide d’antimoine sulfuré vitreux porphyrisé et trois parties de bitartrate de potasse; on met le mélange dans un vase de terre ou mieux d’argent avec suffisante quantité d’eau très pure; puis on fait bouillir pendant une demi-heure , en ajoutant de temps en temps de l’eau bouillante pour remplacer celle qui s’évapore. On passe la liqueur tiède , et on la fait évaporer jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine. On dissout le résidu dans de l’eau bouillante, on évapore le soluté jusqu’à ce qu’il marque vingt degrés à l’aréomètre, et on laisse cristalliser. On obtient ainsi des cristaux d’émétique, mais le plus souvent contenant un peu de tartrate de fer qui s’annonce par une teinte jaunâtre, et recouverts

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d une cristallisation en houpes soyeuses formées de tartrate de chaux. Ce dernier sel peut être facilement détaché à l’aide d’une brosse; mais le tartrate de fer n’est séparé qu’avec une très grande difficulté.

Le second procédé , emprunté à la Pharmacopée d’Édimbourg et du à M. Phillips , est, suivant nous ,, celui de tous qui mérite la préférence; il donne d’aussi beaux produits que le mode opératoire dont nous avons parlé en premier lieu, et il l’emporte sur lui par la préparation plus facile et la valeur moindre du produit antimonial employé. Il consiste à projeter , par petites portions , dans une chaudière de fer ou une bassine d’argent contenant de l’eau distillée en ébullition , un mélange à parties égales de soussuîfate d’antimoine lavé et de bitartrate de potasse porphyrisé ; on fait bouillir jusqu’à ce que la liqueur marque 22 degrés à l’aréomètre ; on filtre, et on laisse cristalliser. L’eau-mère , soumise à l’évaporation , puis à la filtration pour séparer du sulfate de chaux qui s’est précipité, fournit de nouveaux cristaux : elle peut même en donner une troisième fois, si on la traite encore de la même manière , en ayant soin toutefois de saturer préalablement, en partie, l’excès d’acide quelle contient. On réunit les cristaux, on les lave à l’eau froide et on les fait sécher.

PROTOTARTRATE DE MERCURE.

L’acide tartarique se combine avec le protoxide et avec le deutoxide de mercure ; mais le prototartrate seul est employé en médecine.

Il cristallise en paillettes brillantes, inodores, d’une saveur âpre et métallique. Il esta peine soluble dans l’eau.

Préparation . — Pour l’obtenir, on dissout une partie de protonitrate de mercure dans huit parties d’eau distillée aiguisée d’un peu d’acide nitrique; puis on ajoute un soluté aqueux de tartrate de potasse , par petites por~

dttiMtCOBASliË.— MÉbïdAlttÊrtS CHIMIQUES. zJlO lions, et jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Alors , on sépare ce dernier par le moyen du filtre , on le lave à l’eau froide et on le fait sécher.

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