‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 216 sur 525 · ALCOOL · texte numérisé non relu

ALCOOL

L'alcool est un produit constant de la fermentation vineuse.

C’est un liquide qui , à l’état de pureté , est transparent, incolore ; d’une odeur forte , agréable , que l’on a l'habitude de désigner par l’épithète de spiniueuse ; d une saveur piquante et chaude; d’une pesanteur spécifique moindre que celle de l’eau. IS est volatil, très combustible, et facilement inflammable par l’approche d’un corps eu igpilion; i! n’a pu être congelé, chez nous, à la plus basse

CHIMICOBASIE. MÉDICAMENS CHIMIQUES. 4iq

température que l’on ait produite et à laquelle on l ait soumis. Il est miscible à l’eau en toutes proportions dou résultent les divers degrés de densité que I on apprécie au moyen de l’aréomètre ; et ici nous croyons devoir faire observer que, dans celui de Baumé, un des plus ordinairement mis en usage , le dixième degré correspond à l’eau distillée; le quarantième, à l’alcool le plus rectifié. Tous les mélanges d’eau et d’alcool sont exprimés par les degrés intermédiaires.

L alcool a la propriété de dissoudre un grand nombre de corps, et, pour cette raison , il est fréquemment employé, tant pour la préparation de certains médicamens, que pour l’extraction de plusieurs corps et pour l’analyse des matières organiques.

Préparation. — Elle consiste à soumettre à la distillation un liquide qui a subi la fermentation vineuse ; l’alcool obtenu a un goût particulier, dépendant de l’espèce de liquide fermenté d’où il a été retiré.

Cette opération se fait ordinairement en grand, dans les pays vignobles dont les vins, quoique très généreux, sont, parleur saveur et leur dureté, d’une qualité qui ne permet pas de les réserver pour l’usage de la table. Dans les contrées non vignobles , on prépare l’alcool par la fermentation des farines saccharifiées , soit à l’aide de l’orge germé , soit au moyen de l’acide sulfurique.

L’alcool étant livré au commerce dans des vaisseaux en bois, se charge des principes extractifs, résineux et colorans ; en outre , il contient toujours une quantité d’eau plus ou moins considérable ; et , pour les besoins de la pharmacie , on est très souvent forcé de le débarrasser de ces corps étrangers : on y parvient par la rectification. Pour cela, on le distille au bain-marie ou à la vapeur, en ayant soin de mettre à part le premier produit obtenu, parce qu’il entraîne avec lui presque tout le bouquet ou parfum étranger à l’alcool.

Cette opération, bien conduite, donne l’alcool à

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trente-six degrés. Pour Pobtenir à un degré plus élevé, il s est nécessaire de recourir à remploi d'un corps très avide d’eau , par exemple le sulfate de soude effieuri , l’acé tate de potasse, et sur-tout le chlorure de calcium. La chaux , le carbonate de potasse, le carbonate de soude, qui ont été successivement proposés pour cet objet, ne: doivent jamais être usités , parce qu’ils réagissent suri

P alcool et altèrent sa composition.

Le procédé consiste à introduire dans le bain-marie: d’un alambic, huit litres d’alcool à trente-trois degrés,.

et dix livres de chlorure de calcium bien sec et divisé. Après douze heures de contact , on chauffe , et 1 on obtient ainsi de l’alcool à quarante-deux degrés. Lorsque lei produit cesse de passer , on verse dans le bain-marie: deux litres et demi d’eau, et l’on pousse le feu de nouveau; on obtient ainsi une seconde quantité d’alcool, mais à trente-huit degrés seulement, qui , réuni avec le« premier, donne pour résultat six litres d’alcool a qua-

rante degrés.

Si l’on opérait sur de Falcool de mauvais goût, il conviendrait de le traiter préalablement par le charbon végétal grossièrement pulvérisé , dans la proportion de* un huitième de ce dernier, et de le filtrer avant de le rec-

tifier.

L’alcool porte dans le commerce le norn d ’ eau-de-vie , lorsqu’il marque de dix-huit h vingt-deux degrés , et qu’il a été retiré du vin. On lui donne en outre des noms particuliers, suivant les liquides d’où on 1 extrait ; ainsi, f on appelle wis\i ou eau-de-vie de grains , celui préparé avec les céréales; rhum , tafia , celui provenant de la fermentation du suc de la canne; kirsch™ as ser , kirsch , celui quel’on retire des cerises noires, ou merises, pilées avec leurs noyaux; rack , celui préparé avec le riz et les fruits de Y areca cathecu , etc.

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GHIMICOBASIB. — MÉDICAIÆEJXS CHIMIQUES. l\2 I

ETHERS.

Les éthers sont des produits résultant de l’action des acides sur l’alcool. En raison des différences que présente leur composition, on les a divisés en trois genres.

Le premier genre ne comprend qu’une seule espèce , formée d’hydrogène , de carbone et d’oxigène, dans les proportions nécessaires pour donner naissance à deux volumes d’hydrogène perearboné et à un volume de vapeur d’eau. Cet éther peut être préparé avec les acides sulfurique, phosphorique , et arsénique. Aussi , suivant l’emploi de l’un ou ! autre de ces trois acides , le désignait-on autrefois par leurs noms respectifs ; mais , dans ces derniers temps , M. Chevréul a proposé avec raison de lui donner le nom d 'éther hydratique .

Le second genre renferme les éthers formés de volumes égaux d’hydrogène perearboné et de l’acide employé; iis proviennent de la réaction des hydracides sur l’alcool: ce sont les éthers hydriodique , hydrobromique et Jiy drochlorique .

Le troisième genre enfin comprend des éthers composés d’un acide oxigéné et d’éther hydratique ; par exemple • l’éther nitreux, l’éther acétique, l’éther formique, l’éther benzoïque , etc.

Nous ne parlerons ici que de ceux de ces produits qui sont employés comme médicamens.

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