ÉTHER HYDRA.TIQUE
(Ether sulfurique.)
C’est un liquide très léger , très limpide , incolore ;
d’une odeur forte, suave et pénétrante; d’une saveur
d’abord chaude et brûlante , puis fraîche, Il est très yq~
4^2 PHARMACOTÊCHNIK.
Jatil, et, sous Ja pression barométrique de 76 centimètres, il entre en ébullition à 55,6 degrés centigrades.
U s’enflamme très facilement par l’approche d’un corps en ignition, et brûle avec une flamme d’un blanc jaunâtre* Renfermé dans un flacon qui contient de l’air, il se décompose avec le temps. 11 est soluble dans 10 parties d’eau environ , très soluble dans l’alcool , et il possède lui-même la propriété de dissoudre beaucoup de substances.
Préparation. — Pour l’obtenir , on introduit dans une cornue de verre tubulée six livres d’alcool à 56 degrés ; puis on y verse par portions une égale quantité d’acide sulfurique à 66 degrés , en ayant soin d’agiter la cornue à chaque addition , afin que le mélange des deux liquides s’opère exactement et que la chaleur dégagée se repartisse uniformément. La cornue est ensuite placée sur un bain de sable chauffé à l’avance ; on la fait communiquer, par l’intermédiaire d’une alonge, avec un ballon à deux tubulures , l’une latérale destinée à recevoir l’extrémité de F alonge, l’autre inférieure plongeant dans un flacon bitubulé et muni inférieurement d’un robinet: la seconde tubulure de ce flacon porte un tube droit ou mieux un tube qui se recourbe pour aller plonger dans de F alcool. On lute les jointures de l’appareil , et, pour condenser le produit volatilisé, on enveloppe le ballon d’un linge sur lequel on fait tomber incessamment un filet d’eau froide, en même temps que le flacon plonge dans un bain d’eau. On continue de chauffer jusqu’à ce que le liquide entre en ébullition , et on adapte à la tubulure de la cornue un entonnoir particulier dont l’invention est due à M. BouîJay. Cet entonnoir consiste dans une alonge tronquée, fermée supérieurement et inférieurement à l’aide d’un ajutage en cuivre garni d’un robinet ; le robinet du haut est surmonté d’un entonnoir, celui du bas se termine par un tube qui descend presque au fond de la cornue.
CHIMICOBASIlL — MÉDICAMENS CHFMIQUUS. 4*^3
Un peu au-dessous du robinet supérieur , se trouve une petite ouverture bouchée à l’émeril , destinée à faire sortir l'air pour permettre au liquide de descendre de l’entonnoir dans la partie inférieure de l’instrument. On maintient la température au degré d’ébullition ; et quand on a retiré en éther un cinquième environ de l’alcool employé, on introduit, en plusieurs fois et avqc précaution, dans la cornue, au moyen de l’entonnoir dont nous avons parlé, quatre livres d’alcool à 58 degrés. On doit laisser à peu près un quart d’heure d’intervalle entre ces additions d’alcool.
Lorsque l’on voit l’intérieur de la cornue se remplir de vapeurs blanches qui se condensent en gouttes oléagineuses sur les parois, on arrête le feu et on laisse refroidir.
L’éther ainsi obtenu est toujours plus ou moins impur. Pour le purifier , on le rectifie. Le mode de rectification qui mérite la préférence est celui qui a été indiqué par Henry : ce savant a proposé de faire digérer pendant quelques jours l’éther avec un quinzième de son poids de potasse caustique à la chaux , en agitant de temps en temps le mélange. On décante , on agite avec une très petite proportion d’eau , et , après une nouvelle décantation, on distille sur du chlorure de calcium , au bainmarie. Les deux premiers tiers obtenus à la rectification sont de l’éther à 56 ou 60 degrés de l’aréomètre de Baumé; le dernier tiers ne porte que 46 degrés environ , et peut être employé comme liqueur anodyne d’ Hoffmann.
Pour préparer directement la liqueur d’Hoffmann, qui n’est autre chose que de l’éther sulfurique alcoolisé , le Codex prescrit de mêler ensemble deux parties d’alcool et d’acide sulfurique, et de les distiller jusqu’à ce que le produit passé dans le récipient soit égal à la moitié du liquide sur lequel on agit. Mais la proportion d’éther varie toujours dans la liqueur ainsi obtenue ; aussi , dans le plus grand nombre des officines , on n’a plus recours
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aujourd’hui à ce procédé , et Ton se borne à mélanger parties égales d’alcool à 36 degrés et d’éther bien rectifié*
Éther hydrociiloriqtje.
(Ether muriatique.)
Cet éther est un liquide très mobile, incolore, limpide ; d’une odeur éthérée , forte , pénétrante et légèrement alliacée ; d’une saveur forte , sucrée, alliacée, non désagréable ; d’une pesanteur spécifique qui varie suivant le mode de préparation, de 0,805 à 0,845 (Gehlen). Il est très volatil, et, sous la pression de 76 centimètres, il entre en ébullition à 12 degrés centigrades ; aussi , dans l’été , est-il gazeux à la température ordinaire de l’air. Il est inflammable et brûle avec une flamme d’un beau vert emeraude s’il est en très petite quan tité, et jaune verdâtre fuligineuse si la quantité est plus grande. 11 est très peu soluble dans l’eau , mais il se dissout très bien dans l’alcool.
Préparation . — Il existe plusieurs procédés pour préparer l’éther hydrochlorique ; nous nous bornerons à donner celui qui est indiqué par le Codex. On mélange, dans une cornue de verre , parties égales en volume d’alcool à 40 degrés et d’acide hydrochlorique à 25 degrés, et on ajoute quelques grains de sable un peu gros, afin d’éviter les soubresauts , qui , sans cette précaution , pourraient avoir lieu pendant, l’opération. On place la cornue sur un bain de sable, et on adapte à son col un appareil de Woulf. On met dans le premier flacon de cet appareil une quantité d’eau à 12 ou 15 degrés suffisante pour le remplir à moitié; le second flacon et le suivant, si l’on a jugé convenable d’en ajouter un troisième, doivent être alongés, étroits, vides, bien secs, entourés d’un mélange de sel marin et de neige ou de glace pilée, et l’ouverture du dernier doit n’être pas entièrement fermée parle bouchon qui reçoit le tube de communication.
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On lufee les jointures de l’appareil, et on distille le mélange à un feu doux, en ayant le plus grand soin de maintenir l’ébullition constante et modérée ; car une chaleur trop faible et une température trop élevée empêchent également la production de l’éther. L’eau et l’alcool qui se volatilisent , sont retenus par l’eau du premier flacon , et l’éther seul passe dans les suivans, où il se condense et prend la forme liquide. On verse ce produit dans un flacon sur une petite quantité de magnésie calcinée, on agite de temps en temps, et, après vingt-quatre heures de contact, on décante et l’on rectifie dans une cornue communiquant avec un ballon refroidi convenablement.
L’éther hydrochlorique , ainsi obtenu, est pur et marque 26 degrés à l’aréomètre de Baumé. On le conserve dans un flacon très fort, muni d’un bouchon qui ferme bien et solidement ficelé; et l’on a soin de refroidir ce vase jusqu’à zéro lorsque Ton veut l’ouvrir. Mais, en raison de son expansibiiité , si grande qu’il se volatilise presque entièrement quand on l’introduit dans quelque préparation médicamenteuse, on a soin, dans les officines , de le mélanger avec parties égaies d’alcool à 56 degrés, et il porte alors le nom d 1 éther hydrochloriq ne alcoolisé ou éther muriatique alcoolisé ,