‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 219 sur 525 · BRUCINE · texte numérisé non relu

BRUCINE

f Pseudangustine.)

La brucine, découverte par MM. Pelletieret Caventou se trouve combinée avec l’acide gallique dans l’écorce et avec l’acide igasurique dans les fruits de différentes espèces du genre sirychnos .

Suivant qu’elle a été obtenue par une évaporation rapide ou lente , elle se présente sous forme d’excroissances en choux-fleurs ou de lames feuilletées , blanches et nacrées, ou elle est cristallisée en prismes à quatre pans obliques , transparens et incolores. Son odeur est nulle, sa saveur très amère, acerbe et persistante. Cristallisée, si onia chauffe un peu au-dessus de 100 degrés centigrades, elle entre en fusion, et, par le refroidissement, elle se fige comme de la cire. Elle est inaltérable par l’air, soluble dans 850 parties d’eau froide et dans 500 parties d eau bouillante , facilement soluble dans l’alcool rectifié et même dans 1 alcool faible , insoluble dans l’éther et les huiles grasses , légèrement soluble dans les huiles volatiles. Elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide , et verdit le sirop de violettes. L’acide ni-

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trique lui communique une couleur rouge nacarat qui passe au jaune si on élève un peu la température , et se change en un beau violet par l’addition du protochlorure d’étain. En se combinant avec les acides , elle forme des

sels neutres ou acides , presque tous cristallisables , et

d’où elle est précipitée non-seulement par les alcalis et les terres alcalines , mais encore parla strychnine et la

Préparation.— On dissout dans l’eau l’extrait alcoolique de fausse angusture , on filtre et on ajoute du sousacétate de plomb liquide jusqu’à ce qu’il ne se fasse plus de précipité; on sépare ce dernier, puis on soumet la liqueur à l’action d’un courant de gaz acide hydrosulfurique pour faire passer l’excès de plomb à l’état de sulfure. On filtre de nouveau , et on fait bouillir avec de la magnésie. La brucine précipitée est lavée avec de 1 eau froide en très petite quantité afin d’en dissoudre le moins possible, puis on la dissout, dans l’alcool pour Sa débarrasser de l’excès de magnésie avec lequel elle est rnelan- <xée et par l’évaporation , on l’obtient sous torme de masse r'ésinoïde. On l’amène à l’état pur en la saturant nar l’acide oxalique, évaporant à siccité , et mettant le résidu en contact avec un mélange d’alcool à 40 degrés et d’éther à 60 degrés , à une température voisine de zéro ; l’oxalate , ainsi débarrassé des matières colorantes qui l’altéraient , est dissous dans l’eau et décomposé par la magnésie, et la brucine, reprise par l’alcool , est enfin obtenue par l’évaporation de ce liquide.

M. Thénard conseille d’épuiser l’écorce de fausse anousture par l’eau , d’ajouter à la liqueur une petite quantité d’acide oxalique, d’évaporer à consistance d’extrait,

puis de traiter le produit , à la température de zéro, par l’alcool anhydre qui le dissout en ne laissant que ! oxalate de brucine. On fait bouillir ce sel avec de la magnésie , dans suffisante quantité d’eau , on reprend par l’alcool bouillant la brucine précipitée, et on fait evaporor convenablement.

CHIMIGGBÀSIE.- — MÉDIC AMENS CHIMIQUES. 4^7

On peut obtenir aussi cet alcaloïde en traitant l’écorce par l’eau aiguisée d’acide sulfurique , et agissant comme pour la préparation du sulfate de quinine (voyez p. 445).

Enfin , on peut le retirer de l’alcool faible qui a servi à laver la strychnine extraite de la noix vomique, ou de celui qui refuse d’en fournir par la cristallisation^ ainsi que M. Corrioi l’a indiqué. Il suffit pour cela d’évaporer ces liquides jusqu’à consistance sirupeuse, de laisser refroidir, et d’ajouter de l’acide sulfurique affaibli de manière à dépasser de très peu le point de saturation. On laisse en repos pendant quelques jours, et, après ce temps, on trouve le tout pris en une masse saline , formée de cristaux empâtés par un liquide brun et très visqueux que l’on en sépare au moyen de la presse. On dissout le sel dans l’eau , on le décolore par le charbon animal et on le fait cristalliser de nouveau , après quoi on le décompose par l’ammoniaque. Labrucine se précipite en flacons résinoides qui deviennent pulvérulens en se desséchant à l’air, ou qui, dissous dans l’alcool, cristallisent par évaporation spontanée.

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