TANNIN
Le tannin existe , probablement avec des différences de composition qui n’ont pas encore été bien étudiées , dans les racines de quelques plantes herbacées vivaces , dans l’écorce de la plupart des arbres et les jeunes rameaux des arbrisseaux et des arbustes , dans les feuilles de quelques végétaux herbacés et sur-tout d’un grand nombre d’arbres et d’arbrisseaux, dans les péricarpes et les cloisons d’un assez grand nombre de fruits , et enfin dans ces derniers avant l’époque de leur maturité. Il ne se rencontre que bien rarement dans les pétales , dans la partie charnue des fruits mûrs ou de leurs semences, dans les plantes annuelles , etc.
Ce corps , qui n’avait point été obtenu à l étal de pureté avant les belles et savantes recherches de M. Pelouze, est, ou en masse résinoïde , de consistance sèche et cassante à froid , molle à chaud, de couleur verdâtre, ou en masse volumineuse , feuilletée , très légère , de couleur blanc jaunâtre; dans Lun et dans l’autre cas, sa texture est homogène, et il est très facile a réduire en une poudre blanche. Il est inodore , d’une saveur astringente au plus haut degré. Il se dissout dans l’eau en quantité considérable ; le soluté rougit la couleur de tournesol, et précipite abondamment et colore en bleu ioncé verdâtre (ou en vert , suivant son origine ) les persels de fer ; s il est très étendu et abandonné à i’inlluence de î air ou de l’oxigène , il perd peu h peu sa transparence, et laisse précipiter de l’acide gai tique en petits cristaux et presque entièrement pur; cette altération n’a pas lieu si le soluté est renfermé dans un vase bien bouché.
Le tannin se dissout aussi dans l’alcool et l’éther, mais beaucoup moins bien que dans l’eau, et en quantité d autant plus faible que ces liquides sc rapprochent davantage de l’état anhydre.
CHIMIC0BAS1E— MÉD1CAMENS CHIMIQUES. 471
Ï1 forme, avec les sels d’émétine, de vératrine,de brucine , de strychnine,, de quinine , de cinchonine , de morphine, de codéine et de narcotine, des précipités blancs peu solubles dans l’eau, mais très solubles dans lacide acétique. Il précipite le soluté de gélatine, et le précipité se redissout sur-tout à chaud s’il contient un excès de gélatine , tandis qu’il est sensiblement insoluble si c’est le tannin qui se trouve en excès. Il est absorbé si complètement par la peau dépilée au moyen de la chaux, que le liquide , dans lequel il était en solutioiî, ne se colore plus par les sels de fer au maximum d’oxidation et ne laisse aucun résidu par l’évaporation; toutefois, pour que cette absorption soit entière, il est indispensable que le tannin ne contienne pas d’acide gallique , car la présence de ce dernier, môme en quantité très minime (quatre à cinq millièmes du poids du tannin) , suffit pour que la liqueur se colore très sensiblement.
Enfin , il résulte des expériences de M. Pelouze que le tannin se comporte dans beaucoup de circonstances, et particulièrement dans son contact avec les bases, comme les acides les mieux définis , et suit les mêmes lois de saturation.
Préparation. — M. Pelouze a fait connaître un procédé simple et facile pour obtenir ce corps à l’état de pureté. Il consiste à remplir de poudre de noix de galle légèrement tassée, et jusqu’à la moitié de sa hauteur seulement, le cylindre, convenablement disposé, de l’appareil que nous avons fait connaître en traitant de la filtration par pression ( Y. page 166 ) , et à verser par-dessus , de manière à remplir en entier toute la portion du vase restée vide , de l’éther hydratique étendu d’un dixième d’eau ( la noix de galle sèche ne fournit pas de tannin quand on la traite par l’éther anhydre). Peu à peu le liquide pénètre la poudre et s’écoule dans le récipient placé inférieurement. jj
Cette liqueur , que i on peut faire passer à plusieurs
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reprises sur la noix de galle , est d’une couleur verdâtre ; par le repos, elle laisse déposer une couche de consistance sirupeuse, de teinte brunâtre, qui, recueillie par décantation ménagée dans un entonnoir, lavée avec de l’éther sulfurique et décantée de nouveau , tient en solution le tanninpur.il suffit alors d’évaporer ce soluté jusqu’à siccité complette , soit au bain-marie , soit mieux encore dans le vide : dans le premier cas, le produit est sous forme de masse résinoïde; dans le second , il est sous celle de masse feuilletée.