SUCCIN
' (Karabé, Ambre jaune.)
Le succin se trouve dans le Groënland, en France, en Suisse , et dans d’autres pays. Mais la plus grande partie de celui qu’on met en œuvre vient du rivage de la mer Baltique , en Prusse , spécialement entre Kœnigsberg et Memel.
il est en morceaux , tantôt translucides et colorés en jaune clair ou en roux brunâtre plus ou moins foncé, tantôt opaques et d’une couleur blanc de lait ;• d’une texture compacte , résistante et susceptible de recevoir le poli ; fragile et à cassure vitreuse ; inodore et insipide; d’une pesanteur spécifique de 1,065 à 1,070; devenant fortement électrique par le frottement. Il se fond à 287 degrés , mais en commençant à s’altérer , puis il s’enflamme en répandant une flamme claire , et en exhalant une odeur qui n’a rien de désagréable. Insoluble dans l’eau , il cède à l’alcool anhydre et à l’éther quelquesunes des substances qui entrent dans sa composition, mais seulement lorsqu’il a été préalablement réduit en poudre d’une excessive ténuité; car, les particules pulvérulentes ne se ramollissant pas par le contact du dissolvant, ce dernier ne peut pénétrer dans l’intérieur de celles dont l’œil peut distinguer le diamètre.
2° Produits obtenus par l’art.
CltÉOSOTE.
Cette nouvelle substance, découverte par M. Ileichem^ bach, a été trouvée d abord dans 1 acide pyroligneux, puis dans tous les goudrons.
488 PH A K Mi.COT E C H N I E «
Elle se présente sons la forme d’un liquide huileux, incolore, transparent et d'une grande réfrangibilité à bine et jaune; d’une odeur pénétrante, tout-à-fait spéciale, et rappelant à la fois celles de la chair fumée et du castoréum ; d’une saveur brûlante et très caustique ; d’une pesanteur spécifique de 1,057, à la température de-[~20° centigrades et sous une pression atmosphérique de 0,722m. Elle ne se congèle pas par un froid de— 27°, entre en ébullition à 205°, et brûle avec une flamme fortement fuligineuse. Peu soluble dans l’eau, elle se dissout en toutes proportions dans l’alcool, l’éther hydratique, l’éther acétique, le carbure de soufre, le naphte.
Préparation. — C’estsur-tout du goudron qu’on retire la créosote, parce qu’elle y est contenue en plus grande quantité que dans l’acide pyroîigneux, et que l’extraction en est plus facile. M. Reichembach l’obtient par six distillations successives, en la dissolvant trois fois dans un soluté de potasse caustique, et la mettant, après chaque dissolution, en liberté au moyen de l’acide sulfurique ; mais ce procédé, très long, a été modifié par M. Buchner, qui a réussi à l’abréger un peu.
On distille du goudron dans un alambic; l’on a soin d’enlever plusieurs fois le produit, en changeant les récipiens, et l’on continue l’opération jusqu’à ce que le résidu ait acquis la consistance de la poix noire. D’abord,
Il ne passe que de l’eupione qui surnage l’eau ; mais, aussitôt qu’un peu de l'huile versée dans l’eau se précipite, elle est formée en grande partie de créosote.
On agile cette huile pesante avec une petite quantité d acide sulfurique concentré pour enlever l’ammoniaque et favoriser la décoloration ; puis, on la mêle par agitation avec son volume d’eau, et on la rectifie dans de petites cornues.
l e produit qui gagne le fond de l’eau est presque entièrement composé de créosote ; on le fait dissoudre dans un soluté chaud de potasse caustique, d’une pesanteur
CHIMICOBASIE.— — MÉDICÀMENS CHIMIQUES. 4 §9 Spécifique de 4,120, et on laisse déposer pendant quelque temps à une douce chaleur. L’eupione, s’il en reste encore, vient nager à la surface du liquide : il est nécessaire de l’enlever soigneusement.
Après le refroidissement, on met la créosote en liberté par l’addition d’un léger excès d’acide sulfurique, on la sépare du soluté de sulfate de potasse, et on la distille de nouveau dans de petites cornues, en prenant la précaution, comme il a été recommandé pour la première distillation, de fractionner le produit. L’opération marche difficilement en commençant et est tumulteuse à cause de la présence de l’eau ; aussi, le liquide qui passe d’abord n’est-il que de l’eau surnagée encore par une petite quantité d’eupione que l’on rejette. Le résidu est formé d’une masse brune. Il ne reste plus qu’à soumettre la créosote ainsi obtenue à deux ou trois rectifications , mais sans aucune addition.
C’est immédiatement après la créosote que nous devons mentionner Veau empyreumatique , que l’on prépare en ajoutant, à chaud, de la craie à l’acide pyroligneux ordinaire, jusqu’à cessation de l’effervescence, et en retirant par la distillation un peu plus de la moitié du liquide.
C’est aussi le lieu de parler du produit que M. le Br. Ranque a signalé à l’attention des praticiens sous le nom de Pyrothonide , et que l’on obtient de la manière suivante. On met, dans une bassine peu concave, du linge, vieux ou neuf, de chanvre, de lin ou de coton, et on l’enflamme, en ayant soin d’agiter pour empêcher que la bassine ne s’échauffe trop. Lorsque la combustion est terminée, on jette le résidu charbonneux et l’on trouve au fond du vase un produit semi-aqueux, semihuileux, d’une teinte brune rougeâtre, d’une odeur pénétrante. On le dissout dans suffisante quantité d’eau froide, on filtre le soluté et on l’évapore au bain-marie en consistance d’extrait.
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