DANS L ECONOMIE
Les ditferenies voies par lesquelles il est possible d-introduire les médicamens dans l’économie animale son! au nombre de douze, et peuvent être rapportées à quatre chefs principaux : la peau , ies membranes muqueuses, ies veines et l’épaisseur des organes charnus ou parenchymateux. Parmi elles, il n’en est que trois qui soient d’un usage fréquent , ce sont la peau , la muqueuse gastro-intestinale et la muqueuse recto-colique. Neanmoins nous les examinerons toutes successivement,
afin d’indiquer les particularités que présente chacune d elles.
I INTRODUCTION DE, S MEDICAMENS PAR Là PEAU
Les agents pharmaceutiques peuvent être appliqués <*u sur 1 épiderme ou sur le derme lui-même. Le pre-
Zld: T deUX d’application c^Prend deux mé-
> ’ enePl e' nn<jue. el t tatraleptique ; le second
« en renferme qu’une seule , Yendermique.
MODES d’administration DES MÉDICAMENS, 755 a. Méthode enépidermique.
Le nom de méthode enépidermique a été proposé par M. le docteur J. Pelletan de Kinkelin, pour désigner toutes les applications de médicaments faites sur la peau recouverte de son épiderme , sans le secours d’aucune action mécanique. C’est à cette méthode que se rapporte l’emploi des cataplasmes et des sparadraps dont nous avons parlé dans la pharmacotechnie : c’est sous le même titre aussi que viennent se placer plusieurs formes médicamenteuses admises généralement par les pharmacologues, mais dans lesquelles nous ne voyons que de simples modes d’application, par exemple les sachets et les différentes espèces de bains.
a. Sachets.
Les sachets sont de petits sacs de toile ou de taffetas dans lesquels on renferme des poudres simples ou composées, et que l’on met en contact avec les parties malades sur lesquelles on veut agir. Quelquefois, au lieu d’une poudre médicamenteuse, on prend pour les remplir du sable ou du son fortement chauffé, et on les applique le long des membres dans lesquels on veut entretenir ou rappeler la chaleur.
h. Bains.
On donne en pharmacologie le nom de bain au milieu dans lequel ou plonge et on l'ait séjourner plus ou moins long-temps le corps d’un malade , en totalité ou seulement en partie.
Nous devons considérer ici les bains sous le quadruple rapport de leur nature , de leur température, du mode et de la durée de leur application, parce que , 48
754 PHARMACODYNAMfS.
nous y trouverons plusieurs prétendues formes médicamenteuses admises par la généralité des auteurs.
oc. Nature des bains.
Sous ce rapport, les bains sont divisés en cinq sections. 1" Les bains liquides , qui sont les plus usités et que l’on compose avec l’eau douce, les eaux minérales, l’eau de mer, ou avec des solutés médicamenteux très variés.
2 Les bains mous , formés de boues d’eaux minéraies , de marc de raisin, de marc d’olives , de fumier de couvain d'abeilles, etc. ?
.V Les bains secs , préparés avec le sable (, arénation 1 la cendie, le son, le plâtre, la terre, etc.
4» Les bains gazeux , qui sont le bain d’air (aération)
avec ou sans exposition à l’action des rayons solaires , le bain d air chaud ( étuve sèche ) , etc.
5o. Les bains de vapeurs , parmi lesquels viennent se grouper l’étuve humide et les différentes fumigations avec les vapeurs produites soit par l’ébullition de certains liquides , soit par la volatilisation ou la combustion de différentes substances solides.
°* Température des bains.
Par rapport à la température , les bains peuvent être distingués en bains à la glace, bains froids, bains frais bains tièdes et bains chauds. Les premiers sont voisins du zéro thermométrique de l’échelle centigrade ; les seconds varient de 15 à 25 degrés ; les troisièmes vont de
25 a 50 degres ; les quatrièmes de 50 à 40, et les derniers enfin de 40 à 50 et au-delà.
MODES D3 ADMINISTRATION DES MÉDÏOÀMENS* 76$ y. Modes d’ application des bains.
Eu égard à la partie immergée , les bains sont gêné» raux, c’est-à-dire entiers, ou partiels; ces derniers ensuite sont sous-divisés en demi-bains , bains de tête ou capitiluves , bains de mains ou manuluves , bains de siège ou de fauteuil , et bains de pieds ou pèdiluves.
Par rapport à la manière dont le milieu doit être mis en contact avec le corps , on divise les bains en bains d’immersion , affusion , aspersion , douche , lotion , fomentation et embrocation.
4° Bains à’ immersion. — Dans ces bains , on plonge le corps ou la partie souffrante dans le liquide dont le bain est formé : mais tantôt on l’y maintient pendant un temps plus ou moins long , comme cela a lieu dans les bains généraux ordinaires, les bains de siège, etc.; tantôt au contraire on ne l’y laisse que pendant quelques instans seulement, et on réitère l’immersion à plusieurs reprises et à de courts intervalles.
2 0 Affusion. — Ce mode d’application consiste à verser, sur tout le corps ou sur l’une de ses parties , un liquide , quelquefois une poudre, d’une température tantôt inférieure , tantôt un peu supérieure à celle du corps.
5° Aspersion. — Elle ne diffère de l’affusion qu’en ce que la substance liquide ou pulvérulente employée est projetée sur la surface du corps sous forme de pluie.
4° Douche. — Elle consiste dans le jet d’un liquide ou d’un gaz qui va frapper, avec une certaine force et d’une manière continue, une surface plus ou moins circonscrite du corps. Suivant la direction du jet, la douche est dite descendante , ascendante ou latérale .
5° Lotion. — Elle consiste à imbiber d’un liquide des compresses que l’on passe ensuite très légèrement sur la peau pour la laver.
(P Fomentation . — Dans ce mode d application , on
?^> PHARMACODYNAMIE.
on imbibe d’un liquide quelconque ( les liquides gras exceptés ) et ordinairement chaud , des compresses, des morceaux de flanelle, des éponges ou toute autre matière susceptible de s’en imprégner, et on les met en contact pendant un temps plus ou moins long avec une région extérieure et circonscrite du corps.
7 Jémbrocation. - — Elle ne diffère de la fomentation que par la nature du liquide qui est toujours huileux.
Dwàz (V application des bains.
Sous ce rapport , les bains sont divisés en bains de courte durée ( de quelques secondes à quelques minutes seulement], bains de moy emie durée ( une heure environ ) et bains prolongés { plusieurs heures).
b. Méthode iatraleptique.
Cette méthode, connue encore sous les noms d’anatripsologie , de médecine espnoique , etc., consiste à administrer les médicamens par frictions à la surface de la peau préalablement lavée avec soin et même frictionnée à sec. Les substances que l’on emploie de cette manière doivent être amenées au plus grand état de division possible et dissoutes ou suspendues dans un liquide approprié. Pendant quelque temps, on a pensé que la nature de ce liquide exerçait une influence marquée sur la facilité et la promptitude de l’absorption par la peau, et on a cité comme devant être préférés pour cet usage certains fluides animaux, tels que le salive, le suc gastrique, la bile; mais aujourd’hui on se sert plus particulièrement d’huile , dégraissé, d’eau ou d’alcool, et, comme l’a judicieusement fait observer M. le professeur Alibert, il ne parait pas que la faculté absorbante de la peau s’en trouve diminuée.
L est à cette méthode que doit se rapporter l’emploi
MODES d’aDMENISTR A^TION DES MÉDICÂMENS. 707 des liniments. On donne ce nom à tous les mélanges médicamenteux liquides ou seulement diffluents , quelle que soit du reste leur composition , qui sont destinés à être appliqués en frictions sur une surface plus ou moins étendue du corps.
c. Méthode endermiquc.
Lette méthode, entrevue par les anciens et mise ensuite en pratique par M. le professeur Orfila dans ses nom» breuses expériences toxicologiques, a été appliquée d’une manière spéciale à II thérapeutique par MM. Lesieur et Lembert Elle consiste dans l’application immédiate des agents médicamenteux sur les divers tissus dénudés , le plus ordinairement sur le derme. La dénudation s’opère à l’aide de vésicants; les can tharides, l’eau bouillante et surtout l’ammoniaque sont employées pour cet objet; mais, dans des cas pressants, le moyen le plus court est sans contredit l’incision. On n’administre guère par cette méthode que des médicaments doués d’un énergie telle qu’ils peuvent agir fortement à très petites doses.
2'‘ Introduction des médicamens par les membranes
muqueuses.
a. Membrane muqueuse oculaire, ou conjonctive.
Les médicaments que l’on applique sur la conjonctive ont reçu le nom générique de collyres : ils peuvent être mis en contact avec elle sous forme pulvérulente, molle, liquide, vapororeuse et gazeuse.
Les premiers , ou collyres secs , se composent de poudres fines que l’on insuffle à l’aide d’un petit cornet de carte ou de papier, ou mieux d’un tuyau de plume dont l’intérieur est divisé en deux parties par un diaphragme perpendiculaire à l’axe et formé d’un tissu très
PHARMACODYNAMIE.
iàche à travers les mailles duquel les molécules pulvérulentes sont forcées de passer.
Les seconds, ou collyres mous, sont formés de poudres mises en pâte à l’aide d’un excipient approprié de consistance liquide ou molle. On les applique, soit en les étendant avec le doigt ou une barbe de plume sur le bord libre des paupières légèrement renversé, soit en les introduisant, au moyen de l’extrémité obtuse d’une sonde, entre l’œil et les paupières, et en fesant mouvoir celles-ci pour que le médicament s’étende en tous sens.
Les collyres liquides , ou collyres proprement dits, sont appliqués en bain, en fomentation, ou enfin en injection au moyen d’un tuyau de plume ou mieux d’une petite seringue.
L application des collyres vaporeux et des collyres gazeux , consiste dans l’exposition des yeux à la vapeur d’un soluté médicamenteux, soit aqueux, alcoolique ou éthéré, soit ammoniacal.
h. Membrane muqueuse auriculaire.
On peut appliquer sur la membrane muqueuse du conduit auditif externe des méd ica mens mous, liquides, vaporeux ou gazeux. Les premiers y sont introduits directement ; les second y sont injectés à l’aide d’une petite seringue , ou portés au moyen d’un bourdonne! de coton ouatté qu’on en imbibe ; les derniers enfin y sont appliqués directement , à l’aide d’un tube ou d’un entonnoir coudé.
c. Membrane muqueuse nasale, ou pituitaire.
Les médicamens que l’on applique sur cette membrane peuvent être pulvérulents, mous, liquides, vaporeux ou gazeux. Les premiers sont portés directement dans les cavités nasales, soit au moyen de !’ insufflation ou d’un