MODES D’ADMINISTRATION DES MÉDICAMENS
férentes circonstances, on est forcé de recourir à l’emploi d’une sonde en caoutchouc que l’on dirige, par une narine, jusques dans l’oesophage, et à l’orifice libre de laquelle on adopte une seringue qui sert à injecter le composé pharmaceutique.
g. Membrane muqueuse recto-colique.
Les médicamens introduits par cette voie, peuvent être sous formes solide , molle , liquide ou de vapeurs.
Les premiers sont les suppositoires dont nous avons parlé dans la pharmacotechnie.
Les seconds sont portés dans le rectum au moyen de bourdonnet de charpie.
Les troisièmes , ou ceux de consistance liquide , ont reçu les noms génériques de lavemens ou clysteres. Ces médicamens, que l’on injecte au moyen d’une seringue ou d’un clyssoir, sont introduits ordinairement à la température de 18 à 20 degrés environ , et à la dose de 12 onces à une livre pour un adulte, dose que l’on réduit à moitié ou même au quart suivant que le liquide doit être retenu plus ou moins long- temps, ou que la capacité du gros intestin est moindre, comme chez les enfans. Nous ajouterons ici qu’on doit toujours se servir de la seringue ordinaire lorsqu’il s’agit d’administrer un lavement de petit volume ou tenant en suspension soit des matières solides, soit des corps gras, les clyssoirs ne pouvant point la suppléer dans ces différens cas.
Enfin, les vapeurs médicamenteuses sont portées sur la muqueuse recto-colique à l’aide de soufflets plus ou moins compliqués , parmi lesquels celui de Pia doit être mis en première ligue,
h. Membrane muqueuse urétliro-vésicale.
Les médicamens sont introduits dans l’uréthre à l’état liquide le plus ordinairement , et quelquefois à l’état
^>2 PHARMACODYNAMIE.
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Les seconds sont appliqués ordinairement avec des bourdonnets de charpie , parfois aussi avec «ne seringue «large ouverture : ce dernier mode est mis en usage pour S introduction de cataplasmes mous. r
Enfin , les vapeurs sont portées sur cette membrane de « -neme maniéré que sur la muqueuse du gros intestin.
<> Inti o duction des médicamens par les veines.
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MODES D 5 A DM UN IS T ft AT ION DES MÉDICAMENS. y63 les médicamens donnés par cette voie , soit par la production d’une phlébite, par l'action chimique de certaines substances sur le sang, ou par l’accès de l’air dans le vaisseau ouvert, doivent nécessairement en restreindre beaucoup l’application.
4° Introduction des médicamens dans V épaisseur des
organes.
Ce nouveau mode d’administration , que l’on doit à M. le docteur Fabré Palaprat, le seul qui jusqu’ici l’ait employé à notre connaissance, consiste à introduire les substances médicamenteuses à l’aide d’une aiguille implantée dans les divers tissus mous ou parenchymateux de l’économie et communiquant avec un des pôles d’une pile galvanique en activité. Cet observateur a pu faire parvenir ainsi, dans l’épaisseur des organes, de la quinine et de la morphine , en mettant un sel de ces bases dans 1 eau acidulé qui chargeait la pile, et l’action dû médicament a été rendue évidente par la guérison d’une fièvre intermittente dans le premier cas , par celle d’un tic douloureux de la face dans le second.
Il est à desirer que cette méthode d’application soit soumise à de nouveaux essais, afin qu’on puisse apprécier d’une manière exacte ce qu’elle offre d’avantageux à la pratique de Fart de guérir.
B. DOSES DES MEDICAMENS.
On a cherché à indiquer d’une manière générale les doses auxquelles les divers médicamens doivent être administrés; mais on conçoit qu’il est impossible d’arriver , sous ce rapport , à quelque chose de satisfesant. En effet, non-seulement ces doses diffèrent suivant la nature et le degré d’activité des substances et de leurs coin-
/ ■* PHARMACODYNAMIE.
posés pharmaceutiques, mais elles doivent encore varier suivant les effets que l’on a en vue de produire, suivant
âge, la force, l’idiosyncrasie des sujets , et enfin en raison de l’habitude qui peut avoir été contractée de faire «sage d’un agent médicamenteux. L’expérience est 1 unique guide que le médecin puisse prendre à cetégard.
On est réduit, dans les traités de pharmacologie, à présenter seulement quelques données approximatives sur les doses appropriées aux différens âges ; encore cette espèce de régulateur ne doit-il être considéré que comme applicable au plus grand nombre des cas, car des circonstances particulières forcent souvent de s’en écarter. On est redevable à Gaubius delà table suivante, dans laquelle il a précisé, autant que possible, les différences qui doivent
etre observées dans les doses prescrites selon l’âge des individus.
En prenant pour terme de comparaison la dose qui convient à un adulte, on devra la réduire
Pour les sujets de 21 à 14 ans , aux deux tiers :
Pour les sujets de 14 à 7 ans , à la moitié ;
Pour les sujets de 7 à 4 ans , au tiers ;
Pour les sujets de 4 à 5 ans , au quart ;
Pour les sujets de 5 à 2 ans , au sixième ;
Pour les sujets de 2 à 1 ans, au huitième ;
Pour les sujets au-dessous d’un an, au douzième ou meme au seizième.
Pour les sujets au-dessus de soixante ans, il convient * de suivre la même proportion décroissante.
iv. ART DE FORMULER.
Ou donne le nom d s formule à l’indication méthodique et par écrit que fait le médecin d’une ou de plusieurs substances médicamenteuses , de leur dose, de leur préparation et de leur mode d'administration. Des règles particulières doivent guider le praticien dans cette indication; c’est leur connaissance approfondie et leur ap plication raisonnée qui constituent Y art de formuler.
Les formules sont simples ou composées suivant le nombre de leurs ingrédiens. Les premières doivent être préférées pour l’usage, toutes les fois qu’elles suffisent pour remplir l’indication qui se présente ; mais, dans un grand nombre de cas, il est indispensable de recourir aux secondes, c est-à-dire à l’association de plusieurs mé~ dicamens. Le tableau synoptique suivant, dont nous empruntons le fond au docteur anglais J. A. Paris, Fun des pharmacologues les plus distingués de notre époque, fait connaître à la fois les divers buts que l’on se propose dans le mélange des substances médicamenteuses et les différentes manières d’y arriver.