‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 55 sur 525 · IMMERSION · texte numérisé non relu

IMMERSION

L’immersion est une opération au moyen de laquelle on divise un corps, en le plongeant dans l’eau froide, après l’avoir préalablement soumis à l’action d’une température très élevée. Elle comprend elle-même deux opérations , savoir : Y extinction et la granulation.

Si le corps à diviser est rouge de chaleur au moment de l’immersion, l’opération est appelée extinction. On s’en sert pour les corps d’une excessive dureté et qui resteraient réfractaires aux moyens ordinaires de, division, comme les pierres quartzeuses. Les molécules de ces corps , en raison du changement de température brusque et considérable auquel elles sont exposées en passant du feu dans le liquide froid, se désunissent et cèdent ensuite plus aisément aux autres procédés de pulvérisation. Cependant , une seule extinction suffit rarement pour atteindre le but désiré, et il est presque toujours indispensable de la répéter plusieurs fois.

Lorsque le corps a été chauffé au point d’entrer en fusion , l’immersion prend le nom de granulation. On l’emploie pour certains métaux, comme le zinc, l’étain, le plomb, qui, versés dans l’eau tandis qu’ils sont fondus, se divisent en grenailles plus ou moins fines , suivant la manière dont ils ont été jetés dans le liquide. On les fait passer à travers un vase perforé, et on les reçoit dans un autre vase rempli d’eau : quelquefois on se contente de les verser directement, sans l’intermédiaire du

MODES DE PRÉPARATION. ï^3

premier vase. De quelque manière que la granulation soit pratiquée, elle est toujours accompagnée de dangers, et le manipulateur doit prendre des précautions pour s en garantir. Ainsi , le métal ne doit être projeté que sous la forme d’un filet que l’on promène à la surface du liquide, et l’opérateur doit placer, entre lui et le vase où l’eau est contenue, une planche assez élevée pour qu’elle puisse le mettre à l’abri de la proj ection du liquide bouillant et des globules métalliques.

Dans les arts, où une grande quantité de métal doit être réduite en grenailles, on opère dans un baquet fermé d’un couvercle , sur lequel est pratiquée une seule ouverture. C’est par cette dernière que le métal en fusion est introduit, et un axe, qui tourne au milieu, met le liquide en mouvement.

2° RASION.

La rasion consiste à diviser certains corps en parties plus ou moins ténues , en les frottant avec la lime ou la râpe. On emploie la lime pour le fer, l’acier et quelques autres métaux ; on se sert de la râpe pour la corne de cerf, la noix vomique, lessantaux, les racines de bryone la pomme de terre, etc. Pour faciliter cette opération' on fixe dans un étau les corps que l’on veut diviser ou bien on les serre fortement avec des pinces , et on les frotte sur des tables dont la surface est garnie de râpes. La limaille ou la râpure obtenue par cette opération sont ensuite , s’il est nécessaire , réduites en poudre plus fine à 1 aide d autres moyens. La rasion offre sur-tout de l’avantage pour la division de certaines substances qui doivent être soumises à l’action dissolvante d’un liquideles fragments qu’elle fournit sont plus spongieux que ceux qui sont le résultat de la quassation, et, par conséquent, ils cèdent mieux leurs principes solubles aux menstrues avec lesquels on les met en contact.

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