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LES PRINCIPES DU RAISONNEMENT

Ce principe se formule de cette manière : « Une même chose ne peut pas à la fois être et n'être pas » ou bien « A ne peut pas être à la fois A et non A » ; c'est-à-dire qu'une chose ne peut pas être à la fois elle-même et son contraire*.

Cependant, pour que ce principe soit indubitable, il faut y ajouter plusieurs caractères; car la contradiction ne serait pas une vraie contradiction si dans les deux propositions il ne s'agissait pas du même sujet. Or, un même sujet pris en deux moments différents n'est pas le même sujet et, par conséquent, il peut avoir des attributs opposés; on ajoutera donc au principe la circonstance : en même temps*. Déplus, un sujet complexe peut avoir plusieurs attributs opposés l'un à l'autre : un homme peut être à la fois sage et non sage, suivant la circonstance et le point de vue où l'on se place, sage comme homme public, non sage comme homme privé, etc. ; et il faudra donc ajouter que le sujet soit considéré sous le même point de vue, et le principe complet sera de cette façon : t6 aÛTO i^y. xn^âoyiv* xaî p.ïi 'jTzy.ç.yvv

àSûvarov tw aùTw sat xarà To aùrô : « Le même attribut uc peut pas en même temps convenir et ne pas convenir au même sujet, considéré au même point de vue et sous les mêmes rapports. » (Aristote, Métaphys., IV, 3.)

Hegel a contesté la valeur du principe de contradiction comme loi absolue de la pensée : il n'y voit que la loi toute relative de l'entendement, c'est-à-dire de la pensée discursive et abstraite, qui n'est pas la pensée absolue. Il soutient que cette loi est contraire à l'essence même de la proposition, où l'attribut est nécessairement différent du sujet; toute pensée qui reposerait sur une identité absolue, serait vide; elle ne se remplit, suivant Hegel, qu'en passant du contraire au contraire, par une série de degrés, la pensée absolue étant la conciliation de tous ces contraires.

La discussion de cette doctrine appartient à la métaphysique. Quant à la question actuelle, il suffira de dire que :

1° Hegel confond le contraire et le contradictoire ;

2° Il confond l'opposition réelle avec la contradiction logique.

i. Hamilton a tort de dire qae ce principe saire que parée qu'on formule mal la proposition,

devrait se nommer principe de non contradic- P^r exemple, si on dit : un homme qui est igno •

tion, puisqu'il ordonne de ne pas Si; contredire i rajil n'est pas instruit, il faut ajoiilef tn

mais ca principe n'est pas un précepte, c'est même temps, parce que celui qui est ignorant

une loi. qui sigoiGe que le conlrailictoire esl le aujcurd'liui peut devenir instruit dans un autr»

iigne du faux. temps. Mais si je dis : nul ignorant n'est

2. Kant a fait cependant remarquer avec raison instruit, je a' ai pas besoin du coacspi d*

foe U condition en même tempi ae parait néce»- temps.

On peut encore appliquer le principe de contradiction , soit :

1* A une notion séparée {notio contradictionem involvens);

2° A l'union d'un sujet et d'un attribut {contradictio in ad' jecto)',

3" Au rapport de la conséquence aux prémisses {repugnantia).

Mais dans tous ces cas on peut toujours réduire la contradiction à deux propositions qui s'excluent l'une l'autre.

302. Principe da tiers excln. — Le principe du tiers exclu consiste en ce que deux propositions contradictoires ne peuvent être fausses toutes les deux ; c'est-à-dire que si l'une est fousse, l'autre est vraie: il n'y a pas de milieu.

Mais pour que cette loi soit absolue, il faut bien entendre qu'il s'agit de propositions contradictoires, et non de propositions contraires; c'est-à-dire, qu'il faut que les deux propositions soient opposées à la fois en quantité et en qualité, et non pas seulement en quantité (voy. plus loin ch. iv). En effet, deux propositions qui ne sont que contraires ne peuvent être vraies ensemble, mais elles peuvent être fausses toutes les deux. Par exemple : tout homme est sage, nul n'est sage, sont deux propositions fausses ; car il y en a une troisième possible, à savoir : quelques hommes sont sages (ce qui implique que quelques-uns ne le sont pas).

Si, au contraire, je dis : tout homme est sage, quelques hommes ne sont pas sages, il faut que de ces deux propositions l'une des deux soit vraie, toute troisième est exclue, parce que, évidemment, s'il est faux que tout homme soit sage, cela ne peut être faux que parce qu'on admet que quelques-uns ne le sont pas; et réciproquement, s'il étale faux de soutenir qu'il y a des hommes qui ne sont pas sages, ce serait évidemment parce que l'on admettrait que tous le sont.

Il semble cependant qu'il y ait des propositions vraiment contradictoires et qui cependant ne diffèrent qu'en qualité, et non en quantité; par exemple : le monde est infini^ le monde n'est pas infini. Il n'y a pas de milieu, et cependant le sujet a la même quantité dans les deux propositions.

Al. Bain, après Hamilton, a très bien expliqué dans sa Logique cette apparente contradiction. Il dit que quand le sujet est individuel, les contraires et les contradictoires se confondent ; par xemple : César est mort, César n'est pas mort. Car il ne peux

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