‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 149 sur 313 · De l'autorité en matière de philosophie · texte numérisé non relu

De l'autorité en matière de philosophie

3. On appelle iuccédané un médicament qu'on peut substituer à U Ult/V*

forces. Le maître Va dit ^ : c'était le préjugé du moyen-âge. trest contre ce préjugé que s'est élevé tout le xvii* siècle : et c'est contre lui qu'est dirigé le petit écrit de Pascal, dont nous venons de parler plus haut.

4.35. le traditioniialismc. — Si c'est une erreur de méconnaître la certitude positive du témoignage humain, c'en est une autre non moins grave de considérer le témoignage comme la source unique de lacertitude. C'est un système que l'on a vu naître de nos jours. Il est trop évident que l'individu ne peut être un témoin suffisant de la vérité, si l'on ne suppose d'abord qu'il est capable de connaître et de comprendre la vérité. Le témoignage est un fait composé qui implique l'action de la plupart de nos facultés intellectuelles. Supprimez l'autorité de la conscience, des sens, du jugement, du raisonnement, nous ne voyons pas par quel moyen un homme pourra connaître un fait, le comprendre et l'attester. Gela est bien plus évident encore s'il s'agit d'une vérité ; car ici une simple attestation ne suffit plus, la démonstration est nécessaire; c'est-à-dire qu'il faut que l'intelligence parle à l'intelligence. On doit laisser au témoignage son domaine, si on n'en veut pas compromettre l'autorité en l'exagérant. Son domaine propre est celui des faits ; mais, même dans cet empire, il ne taut point lui ôter son soutien naturel, l'intelligence ; il n'est que la déposition de l'esprit, il n'en est pas la lumière : la lumière vient des facultés premières et nécessaires de notre intelligence. C'est là qu'il faut pénétrer pour trouver l'autorité de la parole humaine. La parole est un signe qu'il ne faut pas confondre avec la chose qu'elle signifie. Telle est la confusion, telle est l'erreur d'une école qui, voulant arracher l'homme à lui-même et à sa raison pour le livrer tout entier à l'autorité, s'est plu àcombattre la certitude de nos faculti^s intellectuelles, à les rendre esclaves du témoignage et de la pai-ole. C'est la doctrine du traditionnalisme, doctrine qui n'est qu'un sensuahsme d'un autre ordre, d'accord avec celui de (^ondillac pour faire venir nos idées du dehors et méconnaître dans l'homme la faculté naturelle de penser*. La vraie pliil(»sophie fait une place au témoignage dans l'intelligence humaine, mais elle ne la lui soumet pas tout entière.

1 . Magister iixil, ou Ipse dixit : il s'agissait 2. Pour la réfutation du traditionnaiigree, voy.

d'Aristoio, au moins au moyen âge : car la de l'Origine des connaissances humaines

formule est plus ancienne et nous vient des d'après l'Ecriture sainte, par le R. P. CUastel

pythagoriciens : aijTÔi; ï^fo., disaient-ils dans de la compagnie de Jésus (Pans, 185i). le dialecte doricn.

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