CHAPITRE
La critique historique
Le témoignage des hommes est la base de l'histoire; et la méthode qui consiste à apprécier la valeur des témoignages en histoire s'appelle la critique historique.
436. iticthode hîslorîqnc. — La méthode en histoire est-elle une méthode essentiellement différente de celles que nous avons exposées précédemment, ou bien rentre -t- elle dans l'une d'entre elles? Peut-elle se rame^ier à la méthode déductive et démonstrative, ou à la méthode expérimentale et inductive? — Et d'abord, il ne peut être qi^astion de la confondre avec la déduction et la démonstration. L'histoire ne part pas de définitions et d'axiomes : elle n'emploie pas le syllogisme ; le raisonnement n'en est pas absent : mais il n'y entre que comme auxiliaire, il n'en est pas l'essence. La méthode historique, au contraire, peut se ramener à la méthode inductive ; mais elle en est une forme particulière, une application originale. En général, la méthode inductive part des faits pour s'élever aux lois, c'est-à-dire à ces mêmes faits généralisés. En histoire, au contraire, on part de certains faits pour conduire non pas à des lois générales, mais à d'autres faits différents des premiers. Par exemple, d'un fait qui tombe sous nos yeux, une inscription ou la devise d'une médaille, on conclut que tel empereur régnait en telle année. Ainsi, les témoignages sont une première classe de faits que l'on traverse pour arriver à d'autres faits qui sont les événements. Néanmoins, c'est toujours là une induction qui repose sur ce pi-iricipe : que tout fait attesté par un témoin compétent et d(''siniércssé est vrai. Il suffit donc de rassembler et d'interroger les témoignages pour être assuré de la vérité des faits. Au reste, l'hisiuire n'est pas la seule science où l'on conclue de certains faits à d'autres faits dont les premiers sont Icb signes. Kn