‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 187 sur 313 · Impératif hyjpoîliéliqne et impératif cafégo · texte numérisé non relu

Impératif hyjpoîliéliqne et impératif cafégo

riqne. — C'est ce caractère du devoir d'être obligatoire par

lai-même et non par ses conséquences, que Kanta voulu exprimer par sa distinction de Vimpératif catégorique et de Vimpératif hypothétique. Toute règle, tout ce qui commande quelque action, est pour lui un impératif : ou bien la règle nous commande sans condition, et c'est ce que Kant appelle l'impératif catégorique; ou la règle ne nous commande une action que pour atteindre quelque autre but que l'action elle-même : c'est alors l'impératif hypothétique ou conditionnel, dans lequel le commandement est subordonné à une condition.

C'est ainsi que les ordres du devoir se distinguent des règles ou des conseils de la prudence intéressée. Dans ce dernier cas, la règle n'est jamais qu'un moyen d'atteindre un but différent ; dans le premier cas, au contraire, la loi n'a d'autre but qu'ellemême; elle n'est plus un moyen, elle est un but; elle doit être obéie par respect pour la loi, et non pour aucune autre raison.

- Les règles de Tintérêt oa maximes de la pnidence représentent la nécessité pratique d'une ceraine action comme moyen pour quelque autre chose qu'on désire. Les règles de la loi morale, au contraire, représentent une action comme étant par elle-même et indépendamtnôiil de tout autre but absolument nécessaire. Dan» le premier cas, l'action n'est que relativement bonne, bonne eu égard à Tobjet désiré. Dans le second cas, l'action est absolument bonne, bonne en soi.

Dans les règles de la première espèce, il n'y a pas à se demander si le bot que l'on se propose est bon ou mauvais; il ne s'agit que de ce qu'il faut faire pour l'atteindre. Les préceptes que suit le médecin qui veut guérir radicalement son malade et ceux que suit rempoisonneur qui veut tuer un homme à coup sûr, ont pour tous deux une égale valeur en ce sens qu'ils leur servent également à atteindre ieur but. Dans la jeunesse, comme on ne sait jamais quel but on aura à poursuivre dans le cours de la vie, les parents cherchent à faire apprendre beaucoup de choses à leurs enfants ; ils veulent leur donner de l'habileté pour toutes sortes de fins; et ce soin même est si grand chez eux, qu'ils négligent d'ordinaire do former et de rectifier le jugement de leurs enfants sur la valeur même des choses qu'ils pourront avoir à se proposer pour 0ns. En général, la formule par laquelle on peut représenter ces sortes de préceptes subordonnés ainsi à une certaine con'dition, c'est-à-dire à l'hypothèse d'un certain objet désiré, c'est ce proverbe po-> pnlaire : • Qui vei^ la fin veut les moyens >. •

Les préceptes du devoir se distinguent essentiellement des préceptes précédents, en ce qu'ils commandent immédiatement une certaine conduite, sans avoir eux-mêmes une condition relativement à laquelle cette conduite ne serait qu'un moyen. Par exemple, si je dis : « Tu ne dois pas faire de promesse trompeuse, » je n'ajoute rien autre chose à ce précepte, et il est par

I. V07, Kant, Fondemcnti de la métaphytique de» mcair», trad. fran;., n. 47 et luiv.

lui-même une règle absolue, sans qu'il soit nécessaire d'indiquer une fin pour laquelle il ne serait qu'un moyen. Au contraire, si j'ajoutais telle lu telle condition , comme par exemple : « Ne trompe pas — de peur de nuire à ton crédit, » cet ordre cesserait d'être immédiatement une règle morale : ce ne serait plus qu'une maxime de prudence ; ce ne serait plus un principe de moralité. Le principe moral a donc pour caractère essentiel de commander sans condition, sans égard à une fin ou à un but déterminé, mais par lui-même : ce qu'on exprime en langage populaire par ce proverbe : « Fais ce que dois, advienne que pourra. »

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