DE LART
et de la nature. C'est l'inverse des produits de la nature. Celle-ci commence par l'inconscience dans la pierre, elle s'élève jusqu'à la conscience dans l'homme. Le génie au contraire commence avec conscience et finit avec inconscience. 11 veut produire, il veut réaliser telle idée ; et c'est là un produit de la conscience; mais les moyens qu'il emploie pour cela lui échappent, il produit sans savoir ce qu'il fait.
L'intelligeDce étonnée se sent heureuse de sa production et Ja considère comme une faveur volontaire d'une nature sui-érieure qui, par elle, a rendu possible l'impossible.
Cet inconnu n'est autre chose que l'absolu, l'infini, apparaissant à l'intelligence comme quelque chose qui la ilomine. Dans le domaine de l'action c'est ce qu'on appelle destin; dans le domaine de la production, c'est ce qu'on appelle génie. L-'artiste parait être >oijs l'influence d'une force qui le sépare des autres hommes, le pousse malgré lui à produire {pati Deiimt et qui, après avoir soulevé en lui mexo abl ment cette lutte intime, le délivre ensuite avec une égale générosité de la souffrance qu'il éprouve.
Cette nécessité irrésistible qui domine fe génie et l'emporte comme par une force divine, comme s'il était possédé par un dieu, c'est ce que dans loules les hmgues on appelle Vinspiration^ ïenthmisicnmc, qu'un gr;md poète a peint en ces tenues, qui sont comme la traduction de la pensée de Sche'iling :
Ainsi quand lu fonds sur mon âjia Enthousiasme: aigle viiinqncur, Au bruit de tes ailes de llamme.
Je frémis d'une sainte horreur.
... Sous le dieu mon âme oppressée Bondit, s'élance et bal mon sein.
La foudre en mes veines circule.
Étonné du feu qui me brûle Je l'irrite eu le coniballanl <.