‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 232 sur 313 · DE L'A HT · texte numérisé non relu

DE L'A HT

Son enfantement s'achève, elle achève la création du temple. En reproiluisarrt la forme extérieure des êtres, elle reproduit ce qu'il y a de plus intime en eux, l'esprit qui les anime... 11 n'est rien en effet qu'elle ne représente à la vue... la terre et ses innombrables accidents, le ciel et ses aspects variés, en un mot, la nature entière, la nature morte et animée, passionnée et intelligente. Elle continua en quelque sorte l'œuvre de la sculpture. (Ibtd., ch. v.)

629. Dan»e. — Jusqu'ici tout est immobile : la danse, à l'origine toujours mêlée à la religion, vient animer le temple en y mêlant le mouvement; ici encore, l'art reproduit l'œuvre de la création.

Dans Tunivers, nul repos; tout y est en mouvement, et ce mouvement, réglé par des lois constantes, manifeste la variété dans l'unité. De même toutes les religions ont eu leurs danses sacrées qui représentaient par des évolutions symboliques les mouvements des corps célestes... Le christianisme a aussi ses chœutf qui expriment le mouvement de la créature vers Dieu. (Ibul., ch. II.)

La création n'est donc pas immobile, elle p'est pas non plus muette et silencieuse : elle a une voix. Nous passons aux arts qui parlent à l'oreille.

630. Musique. — Le premier de ces arts est celui qui se renferme dans le son tout seul, sans aucun rapport précis avec la pensée ; c'est la musique :

La musique est une langue sans consonnes... Elle part de ia sensation pour s'élever à l'idée, qu'elle ne représente qu'indirectement, qu'elle fait ressentir dans un vague lointain... sa puissance est dans l'essenc ' même du son qui, manifestant ce que les êtres ont de plus intime, agit aussi sur ce qu'il y a en nous de plus intime. (Liv. IX, ch. I.)

La musique est toute-puissante sur la sensibilité, mais elle ne parle pas à l'intelligence.

Pla.stique de l'ouïe, si on peut le dire, la musique, elle aussi, revêt d'un corps l'iih^c iiiimatérielle mais d'un corps aérien, qui échappe à l'œil et que saisit seul le si-iis le plus délié, le plus délicat. Mais elle émeut pius qu'elle n'éclaire : elle ne produit pas la v'sion de la réalité spirituelle; elle y prépare. (Liv. Vlll, ch. li.)

631. Poésie. — 11 faut donc une autre voix pour animer le temple et pour l'enrichir, comme la création elle-même, de la pensée et de l'intelligence. Cette voix est celle de la poésie.

La parole est l'instrument de la poésie; la poésie ia façonne à son usage et l'idéalise pour lui faire exprimer la beauté idéale. Elle lui donne le charme et la

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