La raison snfGsante. — Principe de Leibniz
Leibniz a cru devoir substituer à la notion de cause la notion de raison, et au lieu de dire ; rien n'arrive sans cause, il a dit : rien n'arrive sans raison; et il ajoutait : sans une raison suffisante ou déterminante. Mais le terme de raison ne signifie rien de plus que le terme de cause pris dans sa généralité; et lorsque l'on donne la raison d'une chose, on verra que cette raison ne peut, être autre chose que la cause efficiente, ou la cause finale, ou la cause matérielle, etc. Cependant il peut y avoir avantage à ne pas employer le terme de cause dans tous ces cas différents, et à le réserver pour la cause efficiente proprement dite, c'est-àdire pour le pouvoir d'action *.
641. Les catégories d'Aristote. — Aristote a réduit à dix les notions fondamentales de l'esprit humain, qui sont :
i" La substance, dont nous venons de parler (638).
2° La quantité, c'est-à-dire tout ce qui est susceptible de plus ou de ynoins, ou, dans un sens plus précis et rigoureusement mathématique, tout ce qui est susceptible de mesure. La quantité est de deux espèces : ou discrète quand les parties ne sont pas liées (le nombre); ou continue quand elles sont liées; et alors elle est ou successive {\t temps), ou permanente (l'espace).
3° La qualité: c'est toute disposition ou manière d'être d'une chose, à l'exception de la quantité. Les qualités peuvent être inséparables de l'être, et alors elles en constituent V essence; ou bien elles peuvent lui appartenir passagèrement, et elles ne «ont plus que V accident^.
4° La relation, ou rapport d'une chose à une autre, comme père, fils, maître, valet, etc., ou tout ce qui marque comparai-
1. Schopenliauer a considëré éjalemenl le • principe de l'asrir, principium agendi. (Ubev
principe de raison {der Satz von Gi-unde) die vierfache Wurzel des Saties vom iurei-
coronie le principe fondamental de l'inlellitrence chenden Grunde, Leipzig', 1864.)
humaine; et il lui attribue quatre formes diffé- 2. A la différonce de la quantité et de la
rentes : 1» le principe du devenir ou du chan- qualité se ratiacive la différence de Vexlensif
gemenl, principium fiendi; 2° le principe du et de l'intensif. Le premier représente la gran-
connaîire, principium cognoscendi ; 3° le deur en ctenduo ou eu nombre; la seconde, U
principe àt i'êlre, principium essendi; 4° le grandeur en force et en puissaoce