NOTIONS D'ONTOLOGIE
son, comme semblable, égal, plus grand, plus petit, etc. (104-).
5° et 6* Vactionel la passion. L'action a lieu quand Je sujet est cause de ses modes ; la passion, lorsqu'il les reçoit d'ailleurs. — L'action est immanente, quand on agit en soi-même (penser), ou transitive, lorsqu'elle passe à un autre sujet (battre, éclairer, chauffer).
7° et 8" Le lieu et le temps, notions indéfinissables, mais qui ii*ont pas befoin d'être définies.
9° et 10' La situation, ou disposition des corps par rapport à l'espace, et la possession, ou l'acte d'avoir quelque chose à soi. Cette dernière catégorie paraît n'avoir été mise là que pour faire nombre : elle n'a d'importance qu'au point de vue de la morale et du droit.
642 . Les propriétés de Tétre t nnité, identité, similitade, etc. — Le contraire du plusieurs ou de la miiltitude (Ta noXlot), c'est Vunité (xb h). L'unité est ou mathématique ou métaphysique. L'unité mathématique est une grandeur prise pour terme de comparaison entre plusieurs grandeurs de même espèce. L'unité métaphysique est l'absence de parties et de composition. Le type de l'unité est dans la conscience du moi. Videntité est la propriété qu'a un être de rester le même à plusieurs moments de la durée. La similitude est la propriété qu'ont plusieurs êtres d'avoir des caractères communs : la différence est ce qui les distingue les uns des autres. On appelle principe d'individuation le principe en vertu duquel un individu est distinct d'un autre. Suivant certains philosophes, pour qu'un individu soit distinct il suffit qu'il soit dans un lieu et <lans un temps différents : par exemple, un atome absolument semblable à un autre par la grandeur et la figure s'en distinguera par le lieu. Suivant Leibniz, au contraire (N. Essais, liv. II, ch. xxvii), il faut un principe interne de distinction. En effet l'espace et le temps étant absolument homogènes, aucune partie n'est distincte d'une autre partie. Deux substances qui ne se distinguent que par le temps ou par l'espace ne se distingueraient donc pas du tout. C'est ce que Leibniz appelait le principe des indiscernables.
64â. les contraires. — La distinction poussée à l'extrême s'appelle contrariété. Ainsi, si on se représente la lumière décroissante par des degrés différents jusqu'à ce qu'elle disparaisse
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786 METAPHYSIQUE ET THÉODICEE.
©nlièrement, on errive à un opposé qui est là nuit: De même, dans la couleur, le blanc est l'opposé du noir. Lorsque l'opposition est telle que l'un des contraires marque la négation expresse de l'autre (le blanc, le non-blanc), c'est ce que l'on appelle le contradictoire. Les anciens ont attaché une grande importance à la théorie des contraires. Les pythagoriciens en avaient dressé une table que nous a conservée Aristote*. Dans les temps modernes, le seul philosophe qui ait insisté sur la théorie des contraires est Hegel (301); mais en niant le principe de contradiction, il a ouvert la porte au scepticisme. Suivant Hegel, le contradictoire, bien loin d'être le signe de l'erreur, est au contraire la condition nécessaire de la vérité. 4 Personne sans doute ne s'avisera de soutenir qu'une chose n'est pas blanche pendant qu'elle est blanche. Mais la question est de savoir si la contradiction n'est pas une loi nécessaire des choses... Car peu importe d-e savoir si l'être vit réellement pendant qu'il est vivant... le point essentiel est de savoir si à côté de la vie il n'y a pas la mort, et si la mort n'est pas, aussi bie^n que la vie, nécessaire et bienfaisante *, > Rien n'est plus vrai; mais la coextS' tence des contraires n'est pas Videntité des contraires, encore moins des contradictoires. Aristote, qui a toujours soutenu contre les sophistes le principe de contradiction, a toujours afiirmé en même temps que la puissance contient à la fois les deux contraires; ils peuvent même se réaliser tous les deux, soit successivement, soit à la fois, mais à des points de vue différents. Lorsqu'un grand physiologiste. Cl. Bernard, dit que 4 la vie, c'est la mort % » il veut dire simplement que l'une des opérations essentielles de la vie, c'est de détruire les organes, mais que cette opération n'est pas la seule, et qu'elle est accompagnée de réparation : donc il y a à la fois deux opérations en sens inverse ; mais chacune de ces opérations est ce qu'elle est, et n'est pas son contraire. Le principe de contradiction reste donc absolument intact.