‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 255 sur 313 · NOTIONS DE COSMOLOGIE RATIONNELLE · texte numérisé non relu

NOTIONS DE COSMOLOGIE RATIONNELLE

raient bien se rapporter à une cause unique. En effet : l'on trouve qu'ils se pro(iuisent suivani des lois semblables, et quelquelois identiques (notamment, I électi-icilé et le magnétisme d'une part; la luinièce et la chaleur de l'autre) ; 2° Ces phénomènes sont convertibles les uns dans les autres, oi s'échangen» emri*. eux dans des proportions déterminées; S" La même explication tend à s'appli(pier succ('ssiv(,'nient à tous ces f)hénom:;nes, à savoir l'hypollièse des vibrations ou des ondiilatinn<. l-^n un mol, ils tendent à se traduire de plus en plus en pliénom'Mies méianiques ; et on i-onjonctiirc (pi'ils poiirriiient bien n'être autre chose que les modes divers du mouvement. Cependant, ces explicfitions ne doivent être considérées enrore que comme hypothétiques; ri il y a i;ncore bien drs aLtmiis pliysi<pies, fiui résisient à la rédiirtion : alliniti'î (chimique, loi ce do coliT-'ion, gravilation univi^rselle. Disons sculemenl. (pi'il y a une tendance actuelle de la science vers la doctrine de l'unité de iorcc.

70i. ConsecTatiôn de la matière et de la force. —

Ce qui n'est pas hypothétique et ce qui paraît la loi suprême de toutes les sciences physiques, chimiques et mécaniques : Jest le principe que les anciens ex[)rimaient a priori, sous cette loime : Ex nihilo nihil; « rien ne vient de rien » Ce principe a cessé * d'èire un axiome métaphysique, et est devenu une vérité expérimentale. D'une part, depuis Lavoisier, et depuis la théorie de la combustion qui a été la base de la chimie moderne, il est établi que « la quantité de matière dans tous les changements des corps, reste toujours la même; » rien ne se perd; et Ip;s balances, dans toutes les compositions et décompositions des corps, nous font toujours retrouver à la fin de l'opération le même poids qu'au commencement ; or, nous n'avons pas d'autre mi^sure de la quantité de matière que le poids. Il en est de mènie de la force. La mécani(jue enseigne que la quantité de force vive, ou de travail, ou d'énergie est toujours la même ; et î'expérience a démontré que, lorsqu'une certaine quantité de mouvement paraît perdue, elle se retrouve sous forme de chaleur, et réciproquement. C'est ce qu'on appelle Véquivalent mécanique delà chaleur. C'est la justificaLion ex[)ériraentale du p! irt./ipe de la ronservation de la force. C'est le nihil ex nihilo appliqué à la lorce coujme à îa matière.

Ce serait se méprendre sur le sens de cet axiome que de lui donner un sens métaphysique, tandis qu'il n'a, en réalité, qu'un

8W MÉTAPHISIQUE ET THÊODICÉE.

sens purement physique. Il signifie simplement que la nature étant donnée, rien ne s'y crée, rien ne s'y perd (sauf par miracle); mais "il ne signifie nullement que la nature existe par elle-même, et qu'elle n'est pas l'œuvre d'un créateur. La question de l'origine de la nature est d'un tout autre ordre.

704. La Vie. — Parmi les êtres de la nature, il en est qui sont, doués de caractères assez particuliers pour qu'on les ait séparés des autres comme l'objet d'un centre de sciences tout particulier : ce sont les êtres vivants, dont le caractère principal ou apparent est le mouvement spontané. D'où viennent les caractères spécifiques qui distinguent ces êtres? qu'est-ce qu3 là vie?

705. Systèmes sur la >îe. — Nous avons déjà dit plus haut qu'il y a trois systèmes principaux sur la nature et l'origine de la vie : c'est Vorganicisme, le vitalisme et V animisme (360).

706. Organicisme. — On appelle organicisme le système qui fait dériver la vie de l'organisation, c'est-à-dire d'une certaine structure ou composition des matériaux organiques. La raison principale donnée par les organicistes est que toute altération de l'organisme modifie ou altère la vie, que la destruction de structure entraîne la mort. La vie ne serait donc qu'une résultante, une conséquence, l'effet d'une certaine combinaison particulière de la matière.

707. Vitalisme. — Suivant le vitalisme, \i vie n'est pas un effet, mais une cause. Ce n'est pas parce qu'un être est organisé qu'il est vivant, c'est parce qu'il est vivant qu 'il est organisé. Les preuves se tirent : 1° de la génération : auc\ ine combinaison de matière n'a jamais produit un être vivant, sai is la supposition antérieure de quelque autre être vivant : omm vivum ex vivo (voir plus haut les expériences de Pasteur sur les générations spontanées, 416); 2° de Wmité de l'être vivant. Le corps vivant, dit Cuvier, a forme un ensemble, un système clos dont toutes les parties se correspondent mutuellement, et concourent à la même action définitive. « Kant a exprimé la même idée on disant que, € dans l'être organisé, tout est réciproquement fin et moyen. » 3" Le double mouvement alternatif de destruction et de réparation qui constitue la nutrition : les corps inorganiques ne réparent pas spontanément les pertes qu'ils peuvent faire.

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