‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 254 sur 313 · ROTIONS DE COSMOLOGIE RATIONNELLE · texte numérisé non relu

ROTIONS DE COSMOLOGIE RATIONNELLE

696. I^a dÎTisibilUé à Finfini. —La seconde autin«« mie de Kant. — Ici encore, comme tout à l'heure ; il y aurait,

£elon Kant, deux propositions contradictoires. Tlièse : Le composé suppose le simple. (Lejbniz.) Antithèse : Toute substance étendue, étant divisible, se compose de parties divisibles, et cela à l'infini. (Pascal, Réflexions sur la géométrie).

Il est certain que si l'on considère l'étendue comme une qualité réelle des corps, on est entraîné à la divisibilité à l'infini, quelque incompréhensible qu'elle soit. Aussi est-ce là une des raisons que l'on fait valoir contre la réalité objective de l'étendue.

£197. Be l'essence de l.i matière. — On appelle essence^ nous l'avons vu (638), l'idée première et précise d'une chose, et, par conséquent, la propriété fondamentale inséparable de la chose et dont toutes les autres découlent. D'après cette définition, l'essence de la matière sera l'idée propre et fondamentale de la matière, telle que, si elle est posée, le corps est possible et s'explique avec toutes ses propriétés, ou que si elle est absente, le corps cesse d'existei

698. Wécanisme et dynamisme. — Deux conceptions fondamentales ont été proposées pour rendre compte de l'essence de la matière : 1° le mécanisme, qui ramène toutos les propriétés des corps aux lois de la géométrie et de la mécanique, c'està-dire à l'étendue, à la figure, à la situation et au mouvement ; 2° le dynamisme, qui ajoute ou substitue à l'étendue inerte un principe d'activité appelé force, plus ou moins semblable à ce mode d'activité interne que nous appelons effort.

699. Mécanisme pBiysiqne ou atomisme. — Mécanisme géométrique, conception de Descartes. — Cependant il y a deux sortes de mécanisme : 4° le mécaiimne physique, qui réduit les corps à de petits corps, ou corpuscules, qui sont à la fois étendus et indivisi^Hes, mais en même temps durs et pesants et qui se meuvent dans le vide : c'est ce qu'on appelle des atomes : c'est la conception de Démocrite el d'Epicure ; 2" le méco.n\smc géométrique, pour lequel la substance de tous les corps c'est Vecpace infini, les corps n'étant autre chose que les division? de l'espace, et, en quelque sorte ses modalités ;

c'est le mécanisme de Descartes e! de Spmosa, lequel exclut le vide et les atomes, et soutient le plem c* la divisibilité à l'infini. Le mécanisme géométrique est la seul rigoureusement logique : car par cela seul que Tatomisme admet ociinme essentielles la pesanteur et la dureté, il admet quelque force dans l'atome, l'étendue n'étant par elle-même ni dure ni pesante. Il y a cependant un atomisme géométrique : c'est celui de P. Boscovich, qui compose les corps de points mathématiques.

700. H^^lozoïsme et monadisme. — Le dynamisme, ou doctrine de la force, peut également prendre deux formes : ou bien on considère la nature comme un seul tout, comme un corps animé, et une sorte d'être vivant, dont l'âme est Dieu, et dont le monde est le corps, c'«5St ce qu'on appelle ïhylozoîsme, dont on trouve un exemple dans la physique stoïcienne; — ou bien on considère la nature comme composée de monades^ c'est-àdire de substances simples douées d'activité : c'est la conception de Leibniz. Les monades sont indivisibles comme les atomes d'Epicure ; mais elles sont inétendues ; ce sont, dit Leibniz, des atomes de substance; elles sont des points, comme les points mathématiques du P. Boscovich ; mais des points actifs, des points vivants, en quelque sorte.

Dans la conception dynamique, l'étendue n'est plus qu'un phénomène , une apparence : car comment .faire coexister ensemble la force et l'étendue? (Voy. Magy, la Science et la nature).

701 . Idéalisme. — Quant à la doctrine qui réduit la madère à n'être qu'un phénomène de la pensée, une idée ou un composé à'idéeSy nous l'avons exposée et discutée plus haut (629-680).

702. Corrélation des forces. Unité de force. — Nous venons de \oir que si la théorie conçoit la possibilité de l'unité de matière, c'est-à-dire d'une matière primitivement homogène, l'expérience n'a encore rien découvert dans cette voie : cette doctrine reste donc à l'état d'hypothèse spéculative. Il n'en est pas de même pour ce qui concerne les forces, c'est-à-dire les diverses causes de phénomènes qui se produisent dans la nature, et notamment des phénomènes physiques : éle.ctricité, magnétisme, lumière, chaleur, etc. L'expérience a .nontré entre tous ces laits de telles analogies, que l'on incline à penser qu'ils pour-

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