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RESUME ANALYTIQUE DU TRAITÉ DE PHILOSOPHIE

I. LA SCIENCE. — LES SCIENCES. — LA PHILOSOPHIE. — OBJET ET DIVISION DE LA PHILOSOPHIE.

734. La scîeocc, — La science a pour objet la connaissance des causes et des lois, et en général du pourquoi et du. comment,

xo §!OTt, To nô)ç, comme dit Aristote (3).

735. Les sciences. — La science se divise en un grand nombre de sciences distinctes, d'après la nature de leur objet : par exemple, arithmétique, physique, économie politique, etc.

736. Classification des sciences. — On peut les diviser en deux grands groupes : sciences des corps et sciences de l'esprit, ou, selon l'expression d'Ampère, en sciences cosmologiques ^t sciences noologiques.

I. La science des corps se divise en : i" science des corps organisés; 2° science des corps inorganiques (5).

La science des corps organisés ou biologie se divise en botanique et en zoologie.

La science des corps inorganiques se divise en science des phénomènes {physique proprement dite) et science des ehnses (astronomie, géologie, minéralogie ei chimie) (6).

La science des corps considérée d'une manière absticite et

1. Ce résumé est conforme »u dernier I 1885, et en reproduit le* articles dan» 1m programme du baccalauréat es lettres de [ litres de chapitres

au point de vue d'une seule des propriétés de la matière, la quantité, donne naissance aux sciences mathématiques {arithmétique, géométrie, mécanique, algèbre).

Les mathématiques sont la science de la quantité en tant que la quantité est susceptible de mesure; elles sont donc la science àv \;\ quantité mesurable. '

11. Les sciences qui traitent de l'esprit sont les sciences mo- ' raies. Lllesont pour objet l'humanité.

L'Iiomine peut être consiiiéré à plusieurs points de vue : 1° i'oitiMie changeant dans l'espace et dans le temps {sciences historiques) ; 2" comme doué de la parole {sciences philologiques); S° comme vivant en société {sciences sociales et politiques).

Les sciences historiques comprennent : Vhisloire proprement dite, Varcheologie (science des antiquités), Vépigraphie (dos inscriptions), la numismatique (des médailles) et enfin, sur les confins des sciences physiques, la géographie.

Les sciences pliilolo^iques comprennent la philologie propremenl diti', Vetyniologie, la paléographie, etc.

Les sciences sociales sont : la politique, la jurisprudence , Yéconumie politique (9).

Reste à savoir s'il y a un ordre de sciences distinct, qu'on soit auloiisé à appeler sciences philosophiques.

Considérons d'abord la pliilosophie dans son sens le plus laroe selon lequel elle résume les principes généraux de toutes les sciences; nous fixerons ensuite le sens plus circonscrit, selon lequel elle est elle-même une science ayant son objet propre et particulier.

787. La philojsaphie en générale — Dans son sens primitif le plus ancien, la philosophie signifiait la totalité des sciences, ou la science en général. Peu à peu la science universelle s'est morcelée en sciences distinctes; mais il est toujours resté quelque chose du sens primitif, et on a l'habitude d'appeler philosophie les plus hautes généralités de chaque science. Par exemple la philosophie de Vhisloire est la science qui traite des lois du développement de l'humanité; la philosophie du droit est celle qui traite des principes des lois positives; la philosophie des sciences, des principes généraux des diverses sciences, de leurs méthodes, et des théories les plus générales, telles que la constitution de la matière, la nature de la vie, l'origine des espèces, etc.

738. Objet propre de la philosophie. — La philosophie entendue dans le sens large {lato sensu) est ce que nous venons

de dire; elle ne se distingue pas, à proprement parler, des autres sciences : elle n'en est que la plus haute partie.

La philosophie dans le sens strict {sensu stricto) a un objet propre et spécial qui la distingue des autres sciences.

Cet objet est double : i° L'esprit humain, en tant qu'il se connaît lui-même et qu'il se considère non dans ses manilestalions extérieures (histoire, langues, sociétés), mais intéiieiirement et en lui-même, par le moyen d'un sens intérieur appilé conscience. Ainsi considéré, et en tant qu'il est l'objet de sa propre élude, l'esprit humain est appelé le moi; de là un pr»-mier groupe de sciences philosophiques : les sciences psycludo' gigues (10).

"l'Les, premiers principes et les premières causes, c'est-à-dire non eulement les principes les plus élevés et les plus géni'raux de chaque science, mais les principes premiers supérieurs à toutes les sciences (sciences métaphysiques) et le principe le plus élevé ou \p principe suprême, c'est-à-dire Dieu {théologie naturelle ou Ihéodicee) (11).

Il s'ensuit que la [ilnlo-ophie a un double objet : l'homme et Dieu, et que la [)liilosupliie peut èUe délinie comme elle la été par Bossuet, la connaissance Mo Di ii el de nous-mêmes (li).

' 739. Division de la philosophie. — Il y aura donc au moins deux parties dans la pliilosopliie : 1° la science de 1 e-prit humain; 2" la science des premiers |»rincipes.

Maintenant la science de l'esprii humain peut se diviser à son tour : 1° la science de l'esprit humain tel qu'il est, ou psychologie; T la science de l'esprit humain, tel qu'il doit être, laquelle se divise en trois sciences : la logique, Veslhetique et la morale.

La logique est la science idéale de l'entendement; l'esthétique est la science idéale de l'imagination; la morale est la science idéale de la volonté.

A ces quatre sciences vient enfin s'ajouter la métaphysique ou science des premiers principes; laquelle comprend la Iheodicée ou science de Dieu.

Or, c'est du plus connu que l'on doit s'élever au moins connu, de l'état réel à l'élat idéal, du relatif à l'absolu. On s'élèvera donc de la psychologie proprement dite à la logique elà la morale; et on passera des sciences psychologiques aux sciences métaphysiques et à la théodicée.

II. OBJET DE LA PSYCHOLOGIE : CARACTÈRE PROPRE DES FAITS QU'ELLE ÉTCDfE; LES FAITS PSYCHOLOGIQUES ET LES FAITS PHYSIOLOGIQUES.

740. Objet de la psychologie. — La psychologie est la partie de la philosophie qui traite de l'étude de l'esprit humain et de ses facultés. Elle se distingue de la physiologie qui a pour objet le corps humain et ses fonctions (10).

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