Cla»«ificatioi| de» fait» psychologiques. — Nous
ggQ APPENDICE.
avons, dans notre traité, divisé les opérations de l'âme en deux grandes classes : les opérations sensitives et les opérations intellectuelles. Les premières sont celles qui se rattachent immédiatement à la vie physiologique (sentir et se mouvoir); les autres, qui ne se rattachent pas directement et par ellesmêmes à la vie du corps, ou qui n'en dépendent que par leurs rapports avec les premières (penser, aimer, vouloir). Les premières constituent la vie animale; les secondes la vie humaine (33-34).
747. Sensibilité. Intelligence. Volonté. — Une division plus communément reçue est celle qui divise les phénomènes de l'âme en trois groupes et les ramène à trois facultés : l'intellio^ence, la sensibilité et la volonté. '
^'a la sensibilité se ramènent tous les phénomènes qui ont pour caractère propre d'être accompagnés de plaisir et de douleur : c'est-à-dire toutes les passions (amour, désir, crainte, espérance, colère, etc.), toutes les inclinations ou affections (amitié, amour filial, patriotisme, amour-propre, ambition).
A l'intelligence se rapportent tous les phénomènes qui sont accompagnés de quelque connaissance : par exemple souveiiirs, prévisions, conceptions, jugements, abstractions, etc.
Enfin à la volonté, tous les phénomènes qui dérivent de l'activité libre du moi : par exemple résolution, ititention, préméditation, action, etc.
Au lieu de la volonté, on admet quelquefois comme troisième faculté, ce que l'on appelle Vactivité; et elle comprend alors, outre les faits volontaires que nous venons d'énumérer, les faits d'instinct et àliabitude. Mais l'activité est mêlée à toutes nos facultés; et l'instinct et l'habitude sont plutôt des modes qui se rencontrent dans toute faculté, qne des phénomènes à part.
V. SENSIBILITÉ. — ÉMOTIONS (PLAISIR ET DOULEUR). — SENSATIONS ET SENTIMENTS.
748. La sensibilité. — On appelle sensibilité la faculté d'éprouver du plaisir ou de la douleur.
749. Émotions. Plaisir et douleur. — Les émotions sont les phénomènes de plaisir et de douleur qui se produisent dans l'âme, lorsque son état est modifié; on les appelle aussi phénomènes affectifs (49).
On ne peut définir le plaisir et la douleur : chacun sait assez ce que l'on entend par là; mais on peut en signaler les principaux caractères.
Le plaisir n'est pas seulement un phénomène négatif, à savoir une cessation de douleur. C'est un phénomène positif: c'est un acte, selon l'expression d'Arisloie G'esi., comme l'a dit Descartes, la conscience de quelque perfection, l^a douleur est au contraire la conscience d'une imperfection (50).
11 y a cependant deux espèces de plaisirs : les plaisirs stables et les plaisirs en mouvement (51;.
7,50. i§ensations et scutBiucnts. — On nomme sensations ùi? phénomènes qui ont leur sièi^e dans le corps et leur cause dans les ohjets extérieurs. Ou nomme sentiments les phénomènes, accompagnés de plaisirs et de douleur, qui n'ont pas de siège corporel et ont pour cause une idée (214).
Les sensations peuvent être tantôt purement affectives, et exprimer des émotions; tantôt représentai ives, et se rappor er aux qualités extérieures du corps (son, couleur, chaleur) (4-9).
Les sentiments sont toujours et exclusivement des émotions.
Les sensations sont externes ou internes : internes, elles expriment Tétat de nos organes; externes, elles expriment les propriétés des corps (7).
Il y a cinq sens, et par conséquent cinq espèces de sensations. Ce sont : Vodorat (odeur); le goût (saveur; ; la vue (couleur et figure); Vouïe (son); le tact (chaud et froid, résistance et forme, etc.) (65-70).
751. Lois de la sensation . — 1° Une même cause peut produire selon les dillerents sens des sensations dilTérentes; 2" toutes les sensations sont susceptibles de degrés; 3° toutes les sensations sont relatives; A° toute sensation est localisée (75).
La sensation unie à l'intelligence donne naissance à la perception que nous étudierons plus loin (757).