‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 265 sur 313 · VI. LES INCLINATIONS. — LES PASSIONS · texte numérisé non relu

VI. LES INCLINATIONS. — LES PASSIONS

752. luclinations et penchants. — Toute émotion physique ou morale est accompagnée ou suivie d'une tendance à rechercher l'objet agréable ou à fuir l'objet désagréable (54).

Les inclinations qui ont leur siège dans le corps s'appelient appétits (55). Aux appétits se rattachent l'instinct de conservation, l'amour de la propriété, etc. Les autres prennent plus parti'uilièrement le nom d'inclinations, ou, quand ils sont excessifs, dépassions.

Les inclinations sont de trois classes : personnelles, sociales, ow supérieures (216).

JANET. Philosophie, 56

8Si APPENDICE.

Les inclinations personnelles sont : 1° le désir de l'excellence ou amour-propre (217); 2" l'instinct de l'activité, d'où dérive l'ambition ou amour du pouvoir (218).

Les inclinations sociales sont ou domestiques, amour filial, fraternel, nalernel ou maternel, conjugal (224), ou électives, amour ou'amitié (225), ou corporatives, esprit de corps, patriotisme (223), ou philanthropiques , hienveiWance et s'^mpsLthie (222). '

Les inclinations supérieures sont : 1° Vamour du vrai, instinct scientifique; 2° l'amour (i)t beau ou sentiment esthétique; 3" Vamour du bien ou sentiment moral; 4° enfin le sentiment reliiiieux (226).

Lus inclinalions ne se ramènent pas toutes, comme l'a pensé '..a Fiocliefoucauld, à l'amour de soi. Elles sont accompagnées toujours de plaisir; mais lorsqu'elles s'adressent aux autres houimes, elles trouvent le plaisir dans le bonheur d'autrui (-219-220).

753. Les passions. — Les passions peuvent être entendues daiis deux sens diiï'érents : au sens psychologique et au sens pathologique.

Le premier sens est celui que les Cartésiens ont donné au mol de passion. Le second est le sens de la littérature et de l'usage ordinaire.

P.^ycliulogiquement les passions sont des phénomènes normaux, réguliers el inévitables. Ce sont les modes différents par lesquels passent nos inclinations, suivant que l'objet est bon ou ^.mauvais, présent ou absent, et que l'inclination est satisfaite ou contrariée (58).

Ce sonl par exemple, l'amour, la crainte, le désir, l'aversion, l'espérance, la colère, etc.

Ail point de vue pathologique, les passions sont les maladies de l'ame. Ce sont les inclinations poussées à l'excès. Ainsi entendues, les passions sont exclusives, violentes elplus ou moins semblables à la folie : transformées en habitudes, elles deviennent des vices (peur, lâcheté, orgueil, égoïsme, avidité, passion du jeu, désir de vengeance, etc.) (550).

?II. INTELLIGENCE. — ACQUISITION, CONSERVATION, ÉLABORATION DE LA CONNAIS^ SANCE. — - LES DONNÉES DE L'EXPÉRIENCE ET L'ACTIVITÉ DE L'ESPRIT.

754. Intelligence. — On appelle intelligence la faculté de connaître. Elle se distingue de la sensibilité en ce que, dans

celle-ci, le moi ne sort pas de lui-même, tandis que rintelli^jence et la connaissance supposent la distinction du sujet connamant et de yobjet connu. Les phénomènes de l'un sont subjectifs; ceux de l'autre sont objectifs.

La connaissance suppose trois degrés : 1° des idées acquises, 2° des idées conservées et capables de se reproduire, 3° des idées élaborées, transformées, combinées de manière à former des connaissances.

Delà trois moments : acquisition, conservation, élaboration.

7)5. DoMMécs ûe rex:péricnce et activité de l'esprit.

— Il résulte de ce qui précède que la connaissance peut se ramener k deux élém mts : 1» à certaines données acquises ou conservées par l'expérience; 2° à la Iranstormation de ces données par V activité de l'esprit. Cette transformation peut être entendue de deux manières : ou bien l'esprit se contente de travadler sur les données qui lui sont fournies en les divisant, les simpliliant ou les combinant sans y rien ajouter (Locke) ; ou bien l'esprit apporte lui-même certaines notions ou principes servant de règles à l'expérience (Kant).

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