XXV. LA RESPONSABILITÉ ET LA SANCTION
933. Imputabilité et responsabilité (539). — Tout agent libre est responsable, c'est-à-dire qu'il doit répondre de ses
actions et en rendre compte L'imputabilité a le même sens; seulement elle s'applique à l'action au lieu de s'appliquer à l'agent. Une action est imputable; un agent est responsable.
Les deux conditions principales de la responsabilité étant le discememenL du bien et du mal et la liberté, la responsabilité variera suivant ces deux éléments.
Cil constances qui diminuant ou supprimant le discernement et la liberté font varier la responsabilité: 1° la folie; 2" l'ivresse; 3° la force majeure; ¥ qualités et défauts naturels; 5° causes extérieures; 6° contrainte; 7° responsabilité des actions d'autrui.
934. La sauction morale. — On appelle sanction d'une loi l'ensemble des peines ou des récompenses attachées à l'exécutiou ou à la violation de la loi (540).
935. Récompenses et punitions. — La récompense est le plaisirobtenu à la suite d'une action bonne et vertueuse par cetle seule raison qu'elle est vertueuse. Réciproquement, la peine est infligée à une mauvaise action par cette seule raison qu'elle est mauvaise. 11 faut distinguer la récompense de \a. faveur et du salaire; la punition se distingue également des dommages ou des coups (541).
936. La sanction et la loi. — Il est juste que la loi ait une
sanction; mais elle ne doit pas être confondue avec la sanction (542).
937. Diverses espèces de sanctions. — 1° La sanction naturelle {conséquence naturelle de nos actions); 2° la sanction légale (punitions et récompenses de l'état) ; 3"* la sanction de l opinion; 4" la sanction morale ou intérieure (satisfaction morale, remords) (543). — Insuflisance de ces diverses sanctions (544).
XXVI. LES DEVOIRS ENVERS SOI-MÊME. — MORALE PERSONNELLE, COURAGE^ TEMPÉRANCE, SAGESSE.
938. Y a t-il des devoirs envers soi-même ? — L'homme n'est pas seulement sacré pour les autres hommes; il l'est pour iui-niéme.
Quand l'individu cesserait d'être en rapport avec d'autres hommes (par exemple dans une île déserte), il aurait encore des devoirs.
039, Du devoir de conservation. — le suicide {^1^). — •
Le suicide peut être condamné : 1" soit comme contraire aux devoirs envers les hommes; 2° ou aux devoirs envers Dieu; 3° ou enfin, aux devoirs envers nous-mêmes.
Argument fondamental contre le suicide donné par Kant: « L'homme ne peu abdiquer sa personnalité tant qu'il a des devoirs, c'est-à-dire tant qu'il vit. »
Cas de conscience : Ne pas confondre le suicide avec le dévouement.
Des mutilations volontaires, et du devoir de ne pas nuire à sa santé. Ce devoir doit être entendu dans le sens large, et non pas comme une invitation à se préoccuper sans cesse de l'état de son corps (-475).
940. Autres devoirs à l'égard da corps. — La tempérance (^Tô). — La tempérance recommandée par deux raisons : i*" comme nécessaire à la santé, et par conséquent comme corollaire du devoir de se conserver soi-même; 2** comme nécessaire à la dignité humaine, qui, par l'intempérance, est avilie au niveau des brutes.
Usage modéré des plaisirs des sens : les relever en y attachant des idées et des sentiments.
Autres vertus : décence, pudeur, convenance, etc.
941. IVécessité des biens extérieurs. — Deux sortes de devoirs. — 1° Relativement à Y usage ; relativement à V acquisition.
942. Usage des Mens extérieurs. — Ce sont des moyens, €t non pas àtsfins : avarice, cupidité, prodigalité.
Ce n'est pas le degré de la richesse, c'est V esprit dans lequel on la recherche ou on la possède, qui est l'objet d'une règle morale. Economie, milieu entre la prodigalité et l'avarice.
L'économie et l'épargne ne sont pas seulement des devoirs de conservation, mais de dignité. Maximes de Franklin (477).
943. Acquisition des choses extérieures. — Loi uniververselle du travail. — Travail servile et travail libre. Noblesse du travail. Le travail est un plaisir, une nécessité, un devoir (478).
944. Devoirs relatifs à la recherclie de la vérité (479). —r Des vertus intellectuelles : qu'il y en a de telles *.