‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 61 sur 313 · I. De Oflte.. I · texte numérisé non relu

I. De Oflte.. I

184 PSYCHOIOGIE.

Homo autem, quod rationis est particeps , per quam consequenlias cernit, causas rerum videt, earumque progressus et quasi antecessiones non ignorât, similitudines comparât, ei rébus prœsentibus adjungit atqne ^nnectit futuras, facile lotius vitae cursum videt, ad eamque degendam praeparat res necessarias.

D'après ce passage, on voit que le caractère propre de la raison est de saisir les causes et les effetSy de prévoir les conséquences et V enchaînement des choses, enfin de lier V avenir au présent et au passé. Sans doute l'animal ne manque pas complètement , d'une faculté semblable, puisque autrement il ne pourrait pas j même vivre; mais chez lui la prévision ne va guère au delà de 1 l'habitude et d'une expérience très restreinte. L'homme, au con- > traire, est capable de s'élever à des lois très générales et de prévoir des effets très éloignés. Descartes etBossuet ont parfaitement si- ' gnalé le caractère propre de la raison en montrant qu'elle est apte à trouver des moyens nouveaux et différents pour toutes les circonstances particulières qui peuvent se présenter, tandis que l'animal est limité la plupart du temps dans la sphère étroite du mécanisme et de la routine : « La raison, dit Descartes, est un instrument universel qui peut servir en toutes sortes de rencontres*. » — « Apprendre, dit Bossuet, suppose qu'on puisse savoir; et savoir suppose qu'on puisse avoir des idées universelles et des principes universels qui, une fois pénétrés, nous fassent toujours tirer de semblables conséquences ^. »

Ainsi, dire que l'homme est un animal raisonnable, opposer la raison de l'homme à l'instinct de l'animal, c'est dire que l'homme â la faculté de l'universel, qu'il peut générahser, et de plus qu'il peut prévoir les effets dans les causes et préparer les causes pour produire les effets; et le caractère essentiel de la r;iison ainsi entendue est d'être prête pour toutes les circonstances nouvelles, et capable de soumettre la nature à ses propres idées et par conséquent à nos besoins.

175. La raison et la folie. — C'est à peu près dans le même sens qu'on oppose la raison de l'homme sain au délire du fou. Il n'y a de différence ici que dans le terme qui lui est opposé.

En effet la folie de l'homme ne ressemble en rien à l'état

mental des animaux. L'animal est seulement non raisonnable^

\ tandis que le fou est déraisonnable. L'animal est enfermé dans

^ un champ très étroit ; mais, dans ce champ, l'instinct et l'habitude

le guident d'une manière rationnelle, sinon raisonnable, en un

mot d'une manière conforme à la nature; tandis que le fou,

f. De»cart«», Dite, de la méthode, 5* parti*. S. Bossuet, Conn. de Dieu, v S.

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