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CHAPITRE III. CIRCULATION

nuer dans deux circonstances distinctes : d’une part, quand il y a affaiblissement de l’action du cœur; d’autre part, lorsqu’il y a relâchement des petits vaisseaux.

Les variations de calibre des vaisseaux sont sous l’influence de la tunique musculaire qui entre dans leur constitution ; or la contraction ou le relâchement de ces tuniques musculaires tout aussi bien que les variations dans l’énergie des mouvements du cœur sont sous la dépendance du système nerveux L

Force de contraction du cœur. — Le cœur est composé par des plans charnus épais : c’est un muscle puissant. Il suffit de saisir entre ses mains les ventricules du cœur d’un animal dont on vient d'ouvrir la poitrine pour constater, par la rigidité et la dureté des parois, au moment de la systole, qu’ils exercent sur le sang une pression énergique; on peut aussi introduire le doigt dans l’intérieur des ventricules, et on sent en ce moment une compression assez vive. On peut encore placer des poids sur la partie moyenne du cœur d’un animal vivant, et remarquer qu’à chaque systole ventriculaire, la fibre musculaire, en se raccourcissant et en se tuméfiant, les soulève.

Nous avons dit, il y a un instant, que la tension ou pression exercée parle sang dans les vaisseaux artériels de la grande circulation pouvait être évaluée, en moyenne, à 215 grammes par centimètre carré de surface. Or, lorsque la systole ventriculaire fait pénétrer le sang dans l’aorte, en refoulant les valvules sigmoïdes du côté de l’artère, la cavité du cœur communique en ce moment avec la cavité artérielle : il y a une continuité momentanée entre le ventricule et l’aorte. La pression statique qui existait dans l’aorte, existe alors aussi dans le cœur; elle est représentée pareillement ici par une pression de 215 grammes par centimètre carré de surface. Pour une surface égale prise à l’intérieur des artères ou à l’intérieur du cœur, cette pression statique est égale ; elle est répartie sur chaque unité de surface du cœur de la même manière que sur chaque unité de surface artérielle.

La surface interne du ventricule gauche du cheval ayant, d’après M. Colin, 565 centimètres carrés de surface, prise dans son ensemble, supporte, au moment de la systole ventriculaire, une pression de (565 x215) 121 kilogrammes. Ajoutons qn’une surface de la même étendue prise à l'intérieur des artères supporte une égale pression.

Quelques physiologistes semblent croire que la force dépensée par les ventricules pour faire passer l’ondée sanguine dans l’arbre artériel et pour lui imprimer le mouvement, est équivalente à la pression qui s’exerce, à la surface interne du cœur, au moment de la systole, et que la valeur de cette force peut être représentée par cette pression : c’est là une erreur. Le calcul précédent ne donne que la mesure de pression que le ventricule a à supporter comme dépendance du système vasculaire, et cela en dehors de tout travail effectué. Or, non seulement le cœur supporte le poids d’une masse de sang représentée par une colonne d’une certaine élévation, mais encore il lui imprime en même temps le

1 Toutes ccs questions complexes seront examinées avec le développement qu’elles méritent au chapitre do l’innervation.

mouvement , et ce mouvement a une certaine vitesse. Ce qu’on doit entendre par la force du cœur, ce n’est donc pas seulement la résistance à la tension sanguine, c’est l’ensemble du travail mécanique produit par la contraction ventriculaire.

L’évaluation de la force du cœur suppose, par conséquent, la connaissance de deux autres éléments dont il sera question plus loin, à savoir, la quantité de sang mise en mouvement à chaque contraction ventriculaire et poussée dans l’aorte, et, d’un autre côté, la vitesse avec laquelle le sang se meut au commencement de sa course. Admettons, avec M. Volkmann, que la quantité de sang introduit dans l’aorte, à chaque contraction ventriculaire, soit équivalente à 17o grammes 1 (sur un adulte pesant 70 kilogrammes) ; admettons, avec le même expérimentateur, que la vitesse du cours du sang dans l’aorte soit de 4 décimètres par seconde ; admettons, enfin, que la tension moyenne du sang de l’aorte soit équivalente à une colonne de 2m,02de sang 2, nous arrivons ainsi à un chiffre de 0 kilogrammètre 400, représentant la force du cœur , c’est-à-dire, en d’autres termes, qu’à chaque pulsation du cœur, le ventricule gauche effectue un travail équivalant à un poids de 400 grammes qui serait élevé à un mètre de hauteur.

Nous verrons, plus tard, que la force musculaire est relative au nombre des fibres musculaires (chacune d’elles ayant sa force propre, qui est une partie de la force totale), et qu’on peut évaluer la force comparée des muscles en établissant un rapport entre le nombre de leurs fibres élémentaires. Mais, comme les fibres musculaires sont des objets microscopiques et qu’il est impossible de les dénombrer, le poids des muscles est, de toutes les qualités accessibles à nos sens et à nos moyens de mensuration, celle qui nous permet le mieux d’arriver à une évaluation approximative de la force dont ils sont doués. Or, en comparant le poids du ventricule droit au poids du ventricule gauche, on constate qu’en moyenne, le ventricule gauche est au ventricule droit comme 2 est à 1. Cette proportion est sensiblement la même chez l’homme, chez le cheval, le mouton, le chien, le chat, le lapin, le cochon. Cette différence de poids implique une différence d’énergie dans la puissance contractile du ventricule droit et du ventricule gauche. Elle est en rapport avec l’étendue différente des deux cercles circulatoires ; le cœur gauche, en effet, préside à la grande circulation, et le cœur droit à la petite. On peut inférer de cette différence de poids que la force de contraction du ventricule droit est moindre que celle du ventricule gauche, ce que prouve d’ailleurs l’expérience (Yoy. § 94).

Contractilité des artères. — L’élasticité des artères, nous venons de le voir, réagit sur la colonne sanguine (introduite dans le système par la force active des ventricules) et tend à régulariser le cours du sang. Mais les artères ne sont pas seulement élastiques, elles sont aussi contractiles. La contractilité des artères est une force active par elle-même.

La circulation du sang s'opérant dans des canaux élastiques et contractiles

1 Ce chiffre est, identique avec 1'cvaluation de M. Vicrordt (115 à 180 gr.).

2 La pression d’une colonne de sang de 2[n>02 est égale à celle d’une colonne de mercure de 15 centimètres.

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