CHAPITRE III. CIRCULATION
Au lieu d’une feuille de papier blanc, en peut entourer le cylindre d’une feuille recouverte de noir de fumée, et remplacer le crayon e par une pointe métallique, ou par une lamelle très mince de baleine taillée en pointe ; on obtient ainsi un dessin plus net et plus fin.
La figure 51 représente un appareil du même genre qu’a fait construire M. Valentin, et qu’on peut d’ailleurs utiliser à d’autres recherches de physiologie.
La figure 52 représente le cylindre enregistreur de M. Marey. C’est celui qui est en usage aujourd’hui dans la plupart des laboratoires de physiologie. Le cylindre est mû non par des poids, mais par un ressort <le pendule et son mouvemeht circulaire est rendu uniforme à l’aide d’un régulateur. Ce cylindre est placé sur un support à plateau mobile ; il peut être élevé ou abaissé à volonté à l’aide d’une manivelle , de manière à être mis en rapport avec le style enregistreur partout où les nécessités de.
l'expérience l’exigent.
Le kymographe ou hémomanomètre enregistreur de M. Fick représenté figure 53, est tout à fait différent des appareils qui précèdent. Il est basé sur le principe sur lequel repose , le baromètre anéroïde. La canule qui termine le tube flexible de l’appareil est introduite, comme la canule de l’hémomanomètre à mercure, dans le vaisseau artériel dont on veut mesurer la tension. Le liquide sanguin pénètre par le tube flexible dans un ressort creux circulaire aplati et fermé à son extrémité.
Fig. 52.
Cylindre enregistreur de M. Marey.
fl, cylindre métallique sur lequel on enroule une feuille de papier recouverte de noir de fumée.
b , boîte renfermant le mouvement d’horlogerie qui communique au cylindre un mouvement circulaire uniforme.
c, régulateur du mouvement.
d, support à crémaillère permettant, à l’aide d’une manivelle, d’élever ou d’abaisser l’appareil et de mettre en rapport le style enregistreur avec la surface du cylindre tournant.
Il rencontre dans ce ressort creux une dissolution de sulfate de soude qui y a été introduite d’avance et qui est destinée à retarder la coagulation.
La tension du liquide sanguin s’exerce sur les parois intérieures de ce ressort
creux, et il en résulte un mouvement d’expansion qui tend à augmenter son rayon de courbure. A l’extrémité libre du ressort est annexé un système de leviers qui se termine par un style. Le degré de locomotion de la partie libre du ressort est la mesure de la tension sanguine. On peut inscrire sur un cylindre enregistreur, mis au contact du style écrivant, et les oscillations dues à la systole ventriculaire, et les oscillations respiratoires. Cet instrument, d’un maniement difficile, est peu en usage.
Des causes très nombreuses peuvent modifier la tension du sang dans les vaisseaux artériels. Lorsqu’on diminue brusquement la quantité de sang contenue dans l’intérieur du système circulatoire, comme il faut un certain temps pour qu’il se régénère, les parois vasculaires reviennent par élasticité sur le liquide restant, et l’effort excentrique du sang diminue ; c’est ce qui arrive dans toutes les saignées un peu abondantes. On tire à un chien 500 grammes de sang: la tension sanguine, qui équilibrait 13 centimètres de mercure , descend immédiatement à 11 centimètres. Si, au contraire, on augmente brusquement la quantité de sang qui circule dans les artères, la tension du sang augmente. Sur un chien dont la tension du sang était de 11 centimètres de mercure, si on fait la ligature des artères crurales et des carotides, la quantité de liquide qui circule dans les parties restées libres du réservoir artériel augmente, car l’animal n'a point perdu de sang: la tension du sang s’élève à 12 centimètres de mercure. Un chien de moyenne taille chez lequel le sang de la carotide faisait équilibre à 15 centimètres de mercure reçoit, par injection, dans ses vaisseaux 500 grammes de sang défibriné ; la tension du sang de la carotide s’élève immédiatement à 22 centimètres. On tire 600 grammes de sang à un chien, la tension, qui était de 15 centimètres, descend à 12,5, etc.
Les parois élastiques des vaisseaux pressent d’une manière continue sur le liquide qu’ils renferment comme un ressort toujours bandé et le poussent dans la seule voie ouverte, celle des capillaires. M. Marey fait observer que pour l’interprétation des mesures manométriques de la tension artérielle on oublie trop souvent que cette tension est soumise à deux influences antagonistes : 1° d’une part, l’action impulsive du cœur qui pousse le sang avec plus ou moins de force ; 2° l’action des petits vaisseaux qui suivant leur état de resserrement ou de relâchement le laissent plus ou moins facilement passer dans les veines. Il en résulte que latension artérielle peut s’élever dans deux circonstances déterminées : d’une part, lorsqu’il y a accroissement de la force du cœur ; d’autre part, lorsqu’il y a augmentation de résistance des petits vaisseaux. De même, elle peut dimi-
Fig. 53. .
Kymographe de Fick (hémodynamomètre basé sur un principe analogue à celui sur lequel repose le baromètre anéroïde).