‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 124 sur 429 · CIRCULATION CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULATION CAPILLAIRE

Des vaisseaux capillaires. — Interposés entre les artères et les veines, les vaisseaux capillaires tiennent à la fois de ces deux ordres de vaisseaux. Les vaisseaux capillaires constituent cependant une division assez tranchée dans le système vasculaire. Les réseaux qui les forment sont constitués par des canaux qui ont sensiblement les mêmes dimensions pour un même organe : c’est-à-dire qu’arrivés à un certain volume, ils ne diminuent plus, et présentent des vaisseaux anastomosés, ayant les mêmes dimensions dans une étendue assez grande.

Il n’est plus nécessaire de réfuter des idées que l’emploi du microscope a depuis longtemps reléguées au nombre des erreurs. Chez les animaux supérieurs pourvus d’un système artériel et d’un système veineux, il est bien démontré aujourd’hui que le passage des artères aux veines se fait par un ensemble de canaux à fines dimensions, continus d’un côté avec les artères, et de l’autre avec les veines. A l’épaque où l’on n’avait pas les divers moyens d’étude dont l’anatomiste dispose aujourd’hui, on conçoit qu’on pût soutenir que les phénomènes de la nutrition ne s’accomplissaient qu’au contact immédiat du sang, que ce liquide s’épanchait dans l’épaisseur des parties, qu’il se transformait en organes, et que les veines se chargeaient, en sens opposé, du produit liquéfié des tissus. On pouvait encore invoquer, comme argument de Y in filtration générale du sang au sein des parties, qu’une piqûre d’aiguille, quelque fine qu’elle soit et en quelque point de la peau qu’on l’introduise, est toujours accompagnée d’une légère hémorrhagie.

Mais ne sait-on pas aujourd’hui que quand, par accident, les vaisseaux rompus ont laissé échapper dans les tissus la totalité des éléments du sang (c’est-àdire le plasma et les globules ), le sang, bien loin de nourrir les parties, n’est plus alors qu’un corps étranger qui doit disparaître par un travail de résorption, en donnant naissance aux phénomènes de l’ecchymose ?

Quant à l’aiguille enfoncée dans la peau, ne sait-on pas que, relativement

Page 1