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CHAPITRE IV. RESPIRATION

§ 116) ; or, la contraction en vertu de laquelle il efface sa convexité lutte, au contraire, contre l’augmentation en ce sens, laquelle est déterminée et maintenue par d’autres muscles. La contraction du diaphragme ne peut pas amener des effets opposés.

MM. Beau et Maissiat ont cru, il est vrai, le fait démontré, parce qu’en coupant les muscles intercostaux sur l’animal vivant, depuis la colonne vertébrale jusqu’au sternum, ils ont vu persister alors, quoique plus faiblement, le mouvement d’élévation des côtes inférieures. Mais, sur l’animal dont les muscles intercostaux sont coupés, les côtes inférieures font toujours corps avec le sternum, et les côtes supérieures les entraînent nécessairement dans leurs mouvements. Les expériences de M. Debrou ont démontré, d’autre part, que la section du diaphragme n’empêche pas le mouvement d’élévation des côtes inférieures.

De même que MM. Beau et Maissiat, M. Duchenne (de Boulogne) croit avoir démontré, à l’aide de l’électrisation des nerfs phréniques, sur l’animal vivant, que la contraction du diaphragme a non seulement pour effet d’augmenter le diamètre vertical de la poitrine, mais encore de porter les côtes inférieures en haut et en dehors, c’est-à-dire de les soulever, et d’augmenter ainsi les diamètres transverse et antéro-postérieur de la partie inférieure de la poitrine. Il nous est absolument impossible de partager cette manière de voir. Lorsque, sur l’animal vivant, les excitateurs de l’appareil d’induction sont appliqués sur les côtés du cou, le passage du courant n’a aucune tendance à se localiser sur les nerfs phréniques (les nerfs ne sont pas meilleurs conducteurs du courant que les autres parties animales, ainsi que nous le démontrerons plus tard) ; les muscles inspirateurs autres que le diaphragme agissent en même temps ; les côtes sont soulevées par leurs muscles élévateurs, et c’est seulement dans ces conditions, que le diaphragme peut trouver les points fixes dont il a besoin pour diminuer sa convexité et pour remplir ainsi son rôle physiologique.

Quand, sur l’animal qu’on vient de mettre à mort, on excite isolément les nerfs phréniques séparés des parties voisines, les côtes n’étant plus soulevées et maintenues fixes par leurs élévateurs, la base du thorax rentre en dedans. Si cet effet est peu marqué tant que l’abdomen de l’animal mort est intact, cela tient à ce que les organes abdominaux s’opposent plus ou moins complètement au mouvement de retrait des côtes. Mais quand on a supprimé le paquet abdominal, l’excitation des nerfs phréniques sur l’animal mort fait manifestement rentrer les côtes inférieures.

La contraction du diaphragme au moment de l’inspiration est simultanée, ou isochrone, avec la contraction des muscles élévateurs des côtes, et c’est de l’association ou de la synergie de ces contractions que résulte son action inspiratoire. Je répète que le diaphragme n’est véritablement le muscle inspirateur par excellence qu’à cette condition : il ne peut remplir son office respiratoire en diminuant sa voussure, que parce que les divers points de la circonférence (et notamment les points de la circonférence opposés à l’insertion des piliers) sont maintenus fixes , à tous les moments de sa contraction.

Le refoulement des organes contenus dans l’abdomen qui est la conséquence de la diminution de voussure du diaphragme, refoulement qui a lieu précisément dans le même moment que la base de la poitrine s’élargit par le

soulèvement et par le mouvement de rotation des côtes inférieures sous l’influence de leurs muscles, a fait supposer que la contraction du diaphragme était pour quelque chose dans cet élargissement. Mais, indépendamment des preuves précédentes, qui nous paraissent suffisamment démonstratives, en voici une autre qui nous paraît non moins péremptoire. Si le diaphragme en se contractant avait pour effet de soulever les côtes inférieures et d’agrandir la base de la poitrine, il est une contraction exagérée du diaphragme pendant laquelle on devrait observer au maximum cet effet d’élargissement de la base de la poi trine, je veux parler de la contraction violente du diaphragme au moment du vomissement. Or cet effet ne s’observe nullement; tout au contraire, les côtes inférieures sont entraînées en dedans, précisément parce que le diaphragme n’agissant pas, alors, comme muscle de respiration, ne rencontre pas en ce moment dans l’action des muscles élévateurs des côtes (action qui fait en ce moment défaut) les points fixes nécessaires à son action inspiratrice. Ajoutons que, pendant les efforts du vomissement, les muscles abdominaux (droits, obliques et transverses) agissent avec non moins d’énergie que le diaphragme. Or, les organes abdominaux refoulés en arrière et en haut, par la contraction de la paroi abdominale, devraient en ce moment (si la contraction du diaphragme avait le pouvoir qu’on lui attribue) fournir un point d’appui bien autrement fixe à l’action du diaphragme et porter la dilatation du thorax à ses limites extrêmes, tandis que c’est précisément un effet opposé qu’on observe.

11 est difficile, il est même impossible de mesurer chez l’homme l’agrandissement du diamètre vertical de la poitrine amené par la contraction du diaphragme. Il est certain néanmoins que cet agrandissement varie beaucoup (de même que celui des autres diamètres) avec l’énergie des mouvements respiratoires. 11 est permis d’affirmer aussi que c’est à l’abaissement du diaphragme que la poitrine doit sa principale augmentation de capacité au moment de l’inspiration. M. Colin, qui a mesuré comparativement les divers diamètres de la poitrine, pendant le mouvement d’inspiration sur le cheval, estime, en moyenne, à 3 ou 4 centimètres l’agrandissement du diamètre transverse de la cage thoracique, tandis que l’augmentation du diamètre antéropostérieur delà poitrine (correspondant au diamètre vertical chez l’homme) est de 10 à 12 centimètres. En d’autres termes, le diaphragme qui s’abaisse pour effacer sa voussure décrit sur le cheval une course de 10 à 12 centimètres. Une règle graduée, introduite dans l’abdomen d’un cheval, appliquée par l’une de ses extrémités sur la concavité du diaphragme et maintenue mollement avec la main,, s’abaissait, à chaque inspiration, d’une quantité qu’on mesurait à l’aide d’une tige métallique fixe servant de repère. La tige métallique fixe était enfoncée dans la seconde vertèbre lombaire, et tangente à l’appendice xiphoïde.

Divers modes d’inspiration. — Dans les mouvements ordinaires de la respiration, l’agrandissement de la poitrine est dû, en grande partie chez l’homme, au mouvement d’abaissement du diaphragme, associé à un léger mouvement d’élévation de la cage thoracique.

On peut, au reste, faire varier expérimentalement le mode de l’inspiration. Si l’on comprime fortement le thorax à la partie inférieure, l’agrandissement

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