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CHAPITRE IV. RESPIRATION

de la poitrine s’opère principalement aux dépens des portions supérieures de la poitrine. D’un autre côté, lorsqu’on respire très fortement, tous les diamètres de la poitrine se trouvent augmentés simultanément, et le mouvement des côtes et le mouvement du diaphragme se trouvent portés à leurs dernières limites.

L’agrandissement de la poitrine ne se fait pas toujours de la même façon dans les mouvements de l’inspiration chez les divers animaux. L’abaissement du diaphragme et le soulèvement des côtes en sont bien les agents, mais ils n’y prennent pas toujours une part égale. Quelques animaux ont une respiration abdominale , c’est-à-dire que la poitrine s’agrandit presque uniquement par le jeu du diaphragme. C’est ce qu’on peut observer sur la plupart de nos animaux domestiques, tels que les chiens, les chevaux, les chats.

Chez l’enfant, le diaphragme prend aussi la plus grande part aux mouvements d’inspiration ; et c’est encore le cas de la plupart des hommes adultes. L’homme a donc surtout la respiration dite abdominale. Chez la femme, au contraire, ainsi que l’ont fait remarquer MM. Beau et Maissiat, la respiration est plus pectorale, c’est-à-dire que l’élévation de la cage thoracique y entre pour une plus grande part. Ce mode de respiration est encore exagéré par la pression que le corset exerce sur la base de la poitrine et sur l’abdomen, par la gêne qui en résulte pour le jeu du diaphragme ; cependant il ne paraît pas déterminé par lui. 11 est en rapport, sans doute, avec les fonctions spéciales de la femme : elle trouverait dans ce mode de respiration une sorte de compensation à la difficulté que rencontre le diaphragme à s’abaisser sur l’abdomen, distendu par le produit de la conception L

M. Hutchinson, et plus tard M. Sibson (à l’aide de l’instrument qu’il désigne sous le nom de thoracometre ), ont confirmé par des mesures précises les idées de MM. Beau et Maissiat. M. Sibson a observé de plus que, du côté gauche (côté du cœur), l’ampliation pectorale de l’inspiration est un peu moindre qu’à droite.

Par l’exercice, l’homme peut modifier plus ou moins profondément son type normal d’inspiration, c’est-à-dire, en d’autres termes, qu’il peut faire prédominer tel ou tel diamètre dans l’agrandissement de la cage thoracique. Les professeurs de chant recommandent généralement la respiration ventrale. C’est, en effet, la respiration abdominale (celle dans laquelle l’agrandissement de la poitrine a lieu aux dépens de l’abaissement exagéré du diaphragme) qui emmagasine la plus grande quantité d’air dans la poitrine, celle qui permet de soutenir le plus longtemps l’émission du son, et celle qui recule le plus les interruptions nécessitées par le besoin de l’inspiration.

Des muscles qui agissent dans l’inspiration. — Les CÔtes et le sternum sont les leviers passifs de l’agrandissement de la poitrine ; les muscles qui les meuvent en sont les agents actifs. L’inspiration déploie plus de force que l’expiration. L’inspiration tend, en effet, à opérer le vide dans la poitrine et à ame-

1 MM. Beau et Maissiat ont observé que le mode pectoral de respiration existe sur les femmes lion assujetties à l’usage du corset; et dernièrement M. Helmholtz a fait remarquer que les articulations costo-vertébrales chez la femme sont plus lâches et plus mobiles que chez l’hommo.

ner, par conséquent, une rupture d’équilibre dans les pressions gazeuses intérieures et extérieures. Le nombre des muscles inspirateurs est aussi beaucoup plus grand que celui des muscles expirateurs. Dans les mouvements ordinaires de l’inspiration, l’agrandissement de la poitrine, déterminé chez l’homme, en grande partie, par le jeu du diaphragme, ne nécessite que l’intervention d’un petit nombre de muscles pectoraux ; mais, dans les inspirations forcées, une foule de muscles, non seulement de la poitrine, mais encore des parties voisines, entrent en jeu.

Muscles intercostaux externes et internes. — Les espaces intercostaux sont remplis par deux muscles dont les fibres s’étendent obliquement de la côte qui est au-dessus à la côte qui est au-dessous. Ces muscles ont peu d’épaisseur, mais ils agissent par un très grand nombre de fibres, car les espaces intercostaux ont une assez grande longueur. Ils sont dirigés en sens inverse l’un de l’autre. Tandis que le muscle intercostal externe, envisagé sur un homme placé dans la situation verticale, a une direction oblique de haut en bas et d’arrière en avant, le muscle intercostal interne est dirigé obliquement de haut en bas et d’avant en arrière. De plus, le muscle intercostal externe remplit l’espace intercostal jusqu’à la colonne vertébrale, mais ne vient pas jusqu’au sternum, tandis que le muscle intercostal interne ne va pas jusqu’à la colonne vertébrale, et arrive jusqu’au sternum.

Il y a peu de muscles sur lesquels on ait aussi longuement disserté. Toutes les opinions possibles se sont reproduites relativement à leur action. Les uns ont vu dans ces deux muscles des inspirateurs, les autres les ont considérés tous les deux comme expirateurs. D’autres ont regardé les intercostaux externes comme des inspirateurs , et les intercostaux internes comme des expirateurs. Pour d’autres, les intercostaux externes sont expirateurs, et les internes inspirateurs. Pour d’autres encore, ces deux muscles sont à la fois inspirateurs et expirateurs. Enfin, on a même été jusqu’à supposer qu’ils servaient simplement à établir la continuité des parois thoraciques et qu’ils faisaient simplement office de paroi élastique passive.

Évidemment, cette dernière opinion ne saurait être fondée. Partout où il y a des muscles, ces muscles ont un rôle actif h. remplir. Si ces parties avaient un rôle passif, elles ne seraient point musculaires, mais constituées par un tissu élastique, comme on en trouve en beaucoup de points de l’économie animale.

De ce qu’il y a dans les espaces intercostaux deux muscles dirigés en sens opposé, il est vraisemblable que ces deux muscles n’ont pas à remplir une action identique, qu’un seul et même muscle aurait suffi à exécuter. Il est donc déjà probable qu’ils ne sont ni inspirateurs ni expirateurs tous les deux, mais que l’un est inspirateur et l’autre expirateur.

Hamberger me paraît avoir établi le fait sur des preuves sans réplique, et fixé d’une manière positive le rôle de ces muscles. Les muscles intercostaux externes sont inspirateurs , et les intercostaux internes sont expirateurs *. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter les yeux sur la figure 73.

1 L’ancienne discussion qui s’était élevée autrefois entre Hamberger et Haller, au sujet du mode d’action des muscles intercostaux, s’est réveillée de nos jours. D’un côté sont MM. Helmlioltz, Merkel, Budge, Baumler, Schomaker, Duclienne (de Boulogne), Rutherford, etc.; de l’autre sont MM. Hutchinson, Donders, Sibson, Ludwig, etc. Les premiers soutiennent, avec Haller, que

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