CHAPITRE IV. RESPIRATION
l’omoplate ; tels sont un grand nombre de muscles de la colonne vertébrale. Ces divers muscles s’associent encore d’une infinité de manières dans les diverses situations du tronc, pour fournir dans toutes ces attitudes des points fixes à l’action des muscles de la respiration L
Ou bruit respiratoire. — Lorsqu’on applique l’oreille, nue ou armée d’un stéthoscope, sur la poitrine d’un homme sain, on entend un léger bruit qui correspond à l’entrée de l’air dans les poumons. Un second bruit, plus faible que le premier et la plupart du temps assez difficile à percevoir, correspond à la sortie de l’air ou à l’expiration.
On a donné le nom de murmure respiratoire ou vésiculaire au bruit produit par l’entrée de l’air dans les poumons et par la sortie de l’air de cet organe. Ce murmure est caractérisé, pendant l’inspiration, par une espèce de souffle léger, qui donne à l’oreille la sensation d’un mouvement d’expansion ou de dilatation, doux et moelleux. Le bruit produit par la sortie de l’air est à peine perceptible dans l’état normal, et il faut une oreille exercée pour le saisir.
Le murmure respiratoire est dû au frottement de l’air contre les parois des conduits aériens. On a cherché à localiser l’origine de ce murmure. M. Spittal et M. Beau placent cette origine aux lèvres de la glotte. Il est certain que l’air qui entre dans le poumon, ou qui sort de cet organe, rencontre dans le larynx les cordes vocales, contre lesquelles il frotte. Une partie du bruit doit donc se produire en ce point. Mais la persistance du murmure respiratoire chez les individus et les animaux auxquels la trachée est largement ouverte audessous des cordes vocales, et les changements que l’état de dilatation ou de rétrécissement des bronches apporte à l’étendue et au timbre de ces bruits, démontrent que le murmure respiratoire n’est pas localisé en ce seul point. Ce bruit a plus d’intensité en certains endroits ; comme, par exemple, aux cordes vocales, aux éperons des divisions bronchiques, et au point où les dernières bronches se terminent dans les alvéoles pulmonaires. M. Bergeon, qui a fait une analyse très-minutieuse des bruits respiratoires, estime que le bruit de l 'inspiration a un double siège, aux lèvres de la glotte d’une part, dans le poumon d’autre part (divisions bronchiques, terminaisons alvéolaires des bronches) ; après la trachéotomie le bruit pulmonaire persisterait seul au moment de Yinspiralion. Quant au bruit de l’expiration, il aurait, dans l’état normal, un siège unique, les lèvres de la glotte.
On conçoit que le frottement de l’air est plus grand pendant l’inspiration que pendant l’expiration. La durée de l’inspiration étant moindre que la durée de l’expiration (Voy. § 115), la vitesse du courant d’air est plus grande dans le
1 M. Stone a cherché à mesurer la grandeur de l’effort que l’homme peut produire à l’aide des puissances musculaires de l’expiration. Lorsqu’on s’est beaucoup exercé, on arrive, à l’aide d’un tube recourbé (ou manomètre) fortement serré entre les lèvres, à soulever et à soutenir en équilibre, pendant quelques instants, une colonne d’eau de 2 mètres de hauteur. Au début de ces expériences il est rare qu’on puisse soulever une colonne d’eau de plus de 1 mètre à lm,50.
Dans le jeu des instruments à vent, l’effort expiratoire est généralement beaucoup moindre : il oscille ordinairement entre la force nécessaire pour soulever une colonne d’eau de ïO à 40 centimètres. Ce n’est que dans les fortissima que l’effort expiratoire répond à une colonne d’eau d'un mètre.
premier temps que dans le second, et, par conséquent aussi, le frottement. Cette différence dans l’intensité des deux bruits est encore une conséquence de l’énergie plus grande des agents de l’inspiration (Yoy. § 119).
Le murmure inspiratoire se prolonge pendant toute la durée de l’inspiration, tandis que le murmure expiratoire, à peine sensible, ne se fait sentir qu’au commencement de l’expiration. La plus grande partie de l’expiration est silencieuse, le courant d’air ayant peu de vitesse, surtout à la fin. On estime généralement que le bruil de l’inspiration est triple en durée environ du bruit de l’expiration.
La durée du bruit de l’expiration est quelquefois anormalement augmentée dans certains points du poumon. Elle peut égaler la durée du bruit de l’inspiration, elle peut même la surpasser et s’étendre à tout le temps de l’expiration. Cette prolongation anormale du bruit expiratoire, désignée assez improprement sous le nom d 'expiration prolongée , indique, en général, un obstacle local à la sortie de l’air, situé profondément sur le trajet des conduits aériens, ou un rétrécissement de ces conduits, et elle a en pathologie une importance d’autant plus grande que, précédant parfois toute autre manifestation morbide, elle présage souvent une affection grave (tubercules pulmonaires).
Lorsqu’on applique l’oreille ou le stéthoscope dans les points voisins de la racine des poumons, on entend un bruit qui diffère un peu du murmure respiratoire ou vésiculaire. Ce bruit, déterminé en ces points par le frottement de l’air sur les parois des gros tuyaux bronchiques, a reçu, en pathologie, le nom de souffle bronchique. Dans l’état normal, ce souffle se confond plus ou moins avec le murmure respiratoire général. Lorsque le poumon acquiert une densité anormale, par cause pathologique, ce souffle prend un certain développement, et, comme le murmure vésiculaire est souvent amoindri ou suspendu, il devient prédominant et se transmet par résonnance dans des points même éloignés du siège de l’induration.
En appliquant le stéthoscope sur le trajet cervical de la trachée-artère, on perçoit directement le bruit déterminé par le frottement de l’air contre cette partie des voies aériennes, et aussi le retentissement du bruit produit au-dessus (à l’ouverture glottique) et au-dessous (dans les bronches). Le murmure respiratoire a été désigné en ce point sous le nom de souffle trachéal.
Aux bruits respiratoires dont nous venons de parler viennent s’en joindre d’autres, dont le siège n’est plus dans les poumons ni dans les bronches, mais dans les fosses nasales. Chez une personne bien conformée, qui respire doucement et la bouche fermée, l’air entre et sort par les fosses nasales et produit un léger bruit, qui a principalement son siège à l’ouverture antérieure de ces cavités. Ce léger bruit s’entend surtout dans le silence de la nuit; il se complique souvent du mouvement oscillatoire des mucosités nasales agitées par le courant d’air. Quand la bouche est en même temps grande ouverte, le passage de l’air se trouve considérablement agrandi, et le bruit devient à peu près nul, à moins toutefois que n’interviennent les oscillations vibratoires du voile du palais. Dans ce dernier cas, le bruit augmente d’intensité et prend un autre caractère, le caractère du ronflement.
Les bruits respiratoires éprouvent, dans les maladies de l’appareil (le la respiration, des altérations nombreuses. La dilatation ou le resserrement des canaux par lesquels entre et sort l’air atmosphérique; l’état de la membrane