CHAPITRE IV. RESPIRATION
tion de ces muscles n’est efficace, d’ailleurs, qu’autant que les côtes inférieures sont fixées par d’autres muscles ; de même que les intercostaux externes n’agissent, pour soulever la cage thoracique, qu’autant que les premières côtes sont simultanément élevées et maintenues. Le muscle carré des lombes (Voy. fig. 74, page 351), qui s’insère, d’une part, à la partie postérieure de la crête iliaque et sur le ligament iléo-lombaire, et, d’autre part, au bord inférieur de la dernière côte, joue, pendant l’expiration, à peu près le même rôle que les scalènes pendant l’inspiration. Les fibres des muscles grand oblique, petit oblique et transverse, qui vont aux dernières côtes, contribuent aussi, en fixant les côte inférieures, à rendre efficace la contraction des intercostaux internes *.
Les muscles sous- costaux, constitués par des languettes musculaires situées vers l’angle postérieur des côtes, insérées, d’une part à la face interne d’une côte, et, d’autre part, à la face interne de la côte voisine, ont la direction oblique des intercostaux internes, dont ils semblent une dépendance.
ment respiratoire, non pas pendant l’expiration mais pendant l'inspiration. M. Cadiat suppose que l’agrandissement du poumon pendant l’inspiration ne s’opère pas avec une égale facilité dans toutes les parties de l’organe ; que notamment les lobules superficiels obéissent plus aisément que les autres au mouvement d’ampliation de la cage thoracique ; que, par conséquent, les fibres musculaires des bronches auraient pour effet, par leurs contractions, de répartir l'air plus uniformément dans les parties profondes du poumon. La contraction musculaire des bronches agirait donc comme une sorte de régulateur à chaque mouvement à' inspiration.
M. Cadiat fait remarquer que quand on pousse une injection de liquide ou une injection d’air dans un poumon, toutes les parties de l’organe ne se remplissent pas avec une égale facilité. D’accord, mais quand on pousse dans un poumon un liquide pour le remplir, ou de l’air pour l'insuffler, comment procède-t-on, nécessairement? par refoulement , c’est-à-dire suivant un procédé qui n'est en rien comparable au mécanisme respiratoire. Chez les animaux pourvus d’une cage pectorale l’air est attiré par un procédé précisément inverse, c’est-à-dire par aspiration. J’ajoute que le principe d’égalité de pression rend assez inutile cette hypothèse, contre laquelle s’élèvent aussi les expériences sur la contractilité des bronches. En effet, quand on reproduit les expériences signalées plus haut, on voit, au moment de l’excitation du poumon, le levier du tambour polygraphe s’élever lentement et d’une manière continue, et employer pour revenir à son point de départ, quand l’excitation galvanique a cessé, une ou deux minutes, c’est-à-dire le temps pondant lequel l’animal (chien) exécuterait de même que l’homme de 18 à 30 mouvements respiratoires complets.
1 M. Marcacci, professeur à l’Université de Pise, et plus tard M. Sibson, ont analysé avec beaucoup de soin le rôle des muscles intercostaux externes et internes. Cos deux observateurs ont reproduit le théorème d’Hamberger; mais, en consultant l’anatomie comparée et en s’aidant des données de la physiologie expérimentale, ils ont montré que, si les intercostaux externes sont inspirateurs et les intercostaux internes expirateurs, cependant une petite portion de l’étendue des intercostaux internes (portion intercartilagineuse) doit être considérée comme inspiratrice.
Chez un certain nombre de mammifères, la portion cartilagineuse des côtes a beaucoup plus d’importance que chez l’homme. Chez les mammifères dont nous parlons, on peut dire qu’il y a en avant une côte cartilagineuse, comme en arrière une côte osseuse, mobiles l une sur l’autre, dans l’articulation chondrocostalo, et chacune douée de mouvements distincts : la colonne sternale est en quelque sorte, en avant, la reproduction de la colonne vertébrale en arrière. Les côtes osseuses et les côtes cartilagineuses possèdent chacune un appareil musculaire composé d’un muscle élévateur et d’un muscle abaisseur. L’intercostal interne n’est pas un seul muscle : sa partie intercartilagineuse représente pour le cartilage le muscle élévateur (inspirateur), le triangulaire du sternum en est l’abaisseur (expirateur). Le muscle intercostal externe représente d’ailleurs, comme chez l’homme, le muscle élévateur de la côte osseuse ; et la portion interosseuse du muscle intercostal interne en est l’abaisseur.
La portion cartilagineuse du thorax a peu d étendue chez l’homme. Les muscles qui lui sont annexés (portion intercartilagineuse du muscle intercostal interne, muscle triangulaire du sternum) sont moins développés que chez les animaux; mais il est probable que les choses se passent chez l’homme comme dans les animaux, quoiqu’à un degré beaucoup moins marqué. M. Marcacci, qui a surtout insisté sur ces particularités et qui a cherché à les démontrer par expérience, rappelle un conseil déjà donné par Haller. Il n’est pas aisé d’étudier la mécanique respiratoire sur un animal vivant dont la respiration est calme et paisible ; pour rendre ces mouvements plus énergiques et pour mettre en évidence les phénomènes signalés plus haut, il faut ouvrir largement la poitrine de l'animal du côté opposé à celui qu’on examine. Alors le poumon de ce côté s’affaissera et les mouvements respiratoires du côté en expérience seront singulièrement exagérés.
Le muscle triangulaire du stet'num s’insère, (Lune part, sur les parties latérales à la face postérieure du sternum, et, d’autre part, sur la face postérieure des troisième, quatrième, cinquième et sixième cartilages costaux. La direction des languettes de ce muscle est la même que celle des intercostaux internes. Il doit être pareillement envisagé comme un muscle expirateur.
L e, petit dentelé postérieur et inférieur, qui s’insère, d’une part, aux apophyses épineuses des onzième et douzième vertèbres dorsales, et aux apophyses épineuses des première et deuxième vertèbres lombaires, et, d’autre part, au bord inférieur des neuvième, dixième, onzième et douzième côtes, est également un muscle expirateur (Voy. fig. 74).
La portion supérieure du grand dentelé , celle qui va se fixer aux deuxième et troisième côtes, peut concourir aussi aux fortes expirations (Voy. fig. 75). Gomme ce muscle s’insère sur un os mobile (l’omoplate), il ne peut exercer cette action qu’autant que l’épaule est fixée. M. Sibson a établi expérimentalement le rôle expirateur de ce muscle sur les animaux quadrupèdes dont les membres antérieurs sont naturellement fixés pendant la station.
Les muscles de l'abdomen : grand oblique , petit oblique , transverse, grand droit (Voy. fig. 75 et 76), agissent, dans les phénomènes de l’expiration, à des degrés très-divers. Dans les mouvements de la respiration modérée, ils réagissent surtout par leur élasticité. En effet, au moment de l’inspiration, le diaphragme a refoulé la masse intestinale en bas et en avant, et celle-ci a légèrement distendu les parois abdominales ; ces parois reviennent sur elles-mêmes, par élasticité, au moment de l’expiration. Ces muscles concourent aussi à fournir un point d’appui fixe à la contraction des intercostaux internes. Dans les expirations forcées, ils tirent les côtes par en bas, et agissent d’autant plus efficacement qu’ils s’insèrent à une grande étendue de la partie antérieure des côtes. Ils peuvent encore, quand les côtes ont été abaissées autant que possible, s’aplatir activement sur les organes contenus dans le ventre, repousser ceux-ci du côté du diaphragme, exagérer ainsi la convexité de ce muscle alors relâché, et diminuer la cavité pectorale jusqu’à ses dernières limites. Le grand oblique s’insère, d’une part, à la crête de l’os iliaque et à l’arcade crurale, et, d’autre part, à la face interne des cinquième, sixième, septième, huitième, neuvième, dixième, onzième et douzième côtes. Le petit oblique s’insère, d’une part, à la crête de l’os iliaque et à la partie externe de l’arcade crurale, et, d’autre part, au bord inférieur des cartilages des neuvième, dixième, onzième et douzième côtes. Le transverse s’insère, d'une part, à la crête iliaque et à la partie externe de l’arcade crurale, et, d’autre part, à la face interne des septième, huitième, neuvième, dixième, onzième et douzième côtes, en entre-croisant ses insertions avec celles du diaphragme. Le grand droit s’insère, d’une part, au bord supérieur du pubis, entre l’épine et la symphyse, et, d’autre part, aux cartilages des cinquième, sixième et septième côtes, et à la partie inférieure du sternum.
Les muscles long dorsal et transversaire épineux , par les faisceaux qui se dirigent obliquement de bas en haut, des vertèbres à l’angle des côtes ou à l’espace compris entre cet angle et l’articulation costo- transversaire, sont aussi des muscles expirateurs.
Dans les mouvements violents d’expiration, beaucoup d’autres muscles encore peuvent entrer en action : tels sont, entre autres, ceux qui se 'rendent à