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DE LA RESPIRATION

Les agents mécaniques de la respiration entrent en jeu dans une foule d’actes physiologiques. — Déjà, à propos du vomissement, de la défécation, de la préhension des liquides et du cours du sang veineux, nous avons insisté sur le rôle des agents musculaires de l’inspiration et de l’expiration. Nous verrons plus tard ces agents intervenir aussi d’une manière spéciale dans la phonation, dans la locomotion, dans la miction, dans l’expulsion du produit de la conception, etc. Nous signalerons seulement ici quelques actes qui se rangent plus naturellement dans les fonctions de respiration que dans les autres : tels sont le bâillement, le sanglot, le hoquet, le rire, le ronflement, la toux, l’expectoration, le crachement, l’éternument. La plupart de ces actes ont leur point de départ dans un état particulier du système nerveux, et l’excitant en vertu duquel le système nerveux met les puissances musculaires en jeu, pour les produire, est, pour quelques-uns d’entre eux, à peu près inconnu,

Bâillement. — Le bâillement survient dans des conditions diverses : tantôt il est le signe du désœuvrement et de l’ennui, tantôt il annonce le besoin du sommeil ; d’autres fois il est l’expression d'un sentiment de malaise et de faiblesse, et il précède la syncope. Il consiste en une inspiration lente et profonde, la bouche étant grande ouverte. A l’inspiration succède une expiration lente aussi, et graduée. Pendant le bâillement, les voies nasales sont fermées à la sortie de l’air par l’application du bord libre du voile du palais contre la paroi postérieure du pharynx. La tension du voile du palais a lieu au commencement du bâillement et au moment où la bouche s’ouvre largement, et elle dure jusqu’au moment où le bâillement se termine par la fermeture de la bouche. On sent très-bien sur soi-même ce mouvement, en quelque sorte convulsif, du voile du palais, et il est facile de le constater directement en bâillant devant un miroir, tandis qu’on déprime légèrement la langue.

■loquet. — Le hoquet est déterminé par une sorte de convulsion du diaphragme. Il consiste en une inspiration brusque. Le diaphragme, en se contractant, s’abaisse rapidement. L’air se précipite alors dans la poitrine et fait entrer en vibration les lèvres de la glotte. La vibration des lèvres de la glotte est la cause déterminante du bruit particulier auquel on reconnaît de loin le hoquet. Il est probable que, dans ce moment, la contraction des muscles dilatateurs de la glotte ne se trouve plus harmonisée avec l’action inspiratrice du diaphragme convulsivement et anormalement contracté. Les cordes vocales relâchées, cédant sous la pression de l’air qui se précipite dans la poitrine, résonnent tout en diminuant l’ouverture par laquelle pénètre l’air, et cette inspiration spasmodique devient bruyante et anxieuse. Le hoquet se montre, la plupart du temps, chez les individus nerveux et chez les jeunes enfants dont l’estomac est rempli outre mesure. Il survient aussi aux approches de la mort, et il est alors d’un fâcheux présage.

Sanglot. — Le sanglot a une grande analogie avec le hoquet. 11 est également déterminé par la contraction convulsive du diaphragme et par la résonnance des lèvres de la glotte. Il en diffère en ce que la contraction du diaphragme est saccadée, de manière que le bruit produit pendant l’inspiration aux lèvres de la glotte présente un caractère d’intermittence. De plus, la sortie de l’air pendant l’expiration qui suit présente aussi les mêmes caractères, c’est-à-dire que la glotte résonne de la même manière et suivant le mode intermittent. Le sanglot est souvent accpmpagné de pleurs, et il persiste quelquefois assez longtemps chez les enfants, quand les pleurs ont cessé. Il survient dans les émotions vives et annonce un profond ébranlement du système nerveux.

Kire. — Le rire est caractérisé par des respirations résonnantes et saccadées, qui se succèdent avec rapidité. La résonnance ou le bruit du rire est déterminée, et par les vibrations des cordes vocales et aussi par celles du voile du palais. Dans le rire, le bruit produit aux lèvres de la glotte ne l’est plus par le même mécanisme que dans le hoquet et le sanglot. Les lèvres de la glotte, convenablement disposées par leurs muscles tenseurs, rendent un son analogue à celui de la phonation : le rire est dit alors bruyant. Dans le rire modéré, les cordes vocales ne prennent plus part à la résonnance, et les vibrations du voile du palais subsistent seules. Au reste, on peut rire la bouche ouverte ou fermée.

Le sourire n’est qu’une expression particulière des muscles du visage, à laquelle les phénomènes de la respiration restent à peu près ou tout à fait étrangers.

Ronflement. — Le ronflement est caractérisé par la résonnance anormale

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