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CHAPITRE IV. RESPIRATION

de l’air dans les fosses nasales et le pharynx, les autres conditions de la respiration restant les mêmes. La résonnance du ronflement est généralement déterminée par les vibrations du voile du palais. Ces vibrations peuvent avoir lieu et pendant l’inspiration et pendant l’expiration. Le ronflement se produit à volonté. Il suffit de respirer par la bouche, de porter la langue en arrière et en haut, et d’inspirer et d’expirer avec une certaine énergie. En se plaçant alors devant un miroir, on constate aisément les vibrations du voile du palais. Le ronflement causé par les vibrations du voile du palais pendant l’expiration a lieu très facilement, quand la bouche est ouverte ; quand la bouche est fermée, il a lieu encore, mais moins fréquemment; la colonne d'air de l’expiration qui sort par le nez, quand la bouche est fermée, rencontrant le voile du palais suivant le plan incliné de sa face postérieure, n’a pas la même tendance à le faire osciller que la colonne d’air qui, sortant par la bouche, le soulève par sa face inférieure.

Le ronflement peut encore être produit par les liquides qui obstruent les cavités nasales et buccales. En général même, cette résonnance vient se joindre aux vibrations du voile du palais, et contribue à en modifier l’intensité et le timbre d’une infinité de manières.

Toux. — La toux est caractérisée par une expiration brusque et sonore, précédée d’une inspiration profonde. La toux survient généralement à l’occasion d’un sentiment d’irritation ou de gêne sur un point de l’appareil respiratoire. L’homme qui va tousser inspire profondément et prend une sorte d’élan, afin de chasser ou de balayer par le courant rapide de l’expiration les mucosités des bronches. Au reste, la toux peut avoir lieu volontairement par action directe et volontaire du système nerveux sur les muscles de la respiration, et sans intermédiaire d’une irritation locale de la muqueuse pulmonaire.

Le bruit de la toux est déterminé par les lèvres de la glotte, mises en vibration par le courant presque instantané de l’expiration.

L’expiration, au moment de la toux , est une expiration forcée. Dans les efforts de toux un peu énergiques, tous les muscles expirateurs entrent en contraction violente. Il y a deux temps dans le son de la toux. Le premier correspond au moment où l’air est expulsé ; il est produit par les vibrations de la glotte ; le second a lieu à l’instant même où cesse l’effort brusque de l’expiration. Le timbre du bruit change alors de nature, et le son est produit par la rentrée brusque de l’air par la bouche et les fosses nasales, les parois thoraciques, qui avaient été violemment attirées en dedans par la contraction forcée des expirateurs, se restituant tout à coup, par leur élasticité, à leur position moyenne d’équilibre. M. Bérard compare ingénieusement le son produit en ce moment dans la poitrine à celui qui a pour cause le choc en retour produit par l’air dans une bouteille qu’on débouche vivement. Les deux bruits dont nous parlons se succèdent d’ailleurs avec une assez grande rapidité, et il faut une certaine attention pour les distinguer.

Expectoration et crachement. — L’expectoration qui accompagne souvent la toux est déterminée par le passage brusque de l’air au travers des canaux

Bëclard, 7e édition.

bronchiques. Le courant d’air ascendant balaye, en quelque sorte, les voies aériennes, entraînant avec lui les mucosités qui les obstruent. Lorsque ces mucosités sont épaisses et adhérentes aux parois muqueuses, la toux prend une énergie proportionnée à la puissance nécessaire pour les détacher; quelquefois ces efforts ne sont pas toujours suffisants, et il faut plusieurs quintes de toux pour faire successivement cheminer les mucosités jusque dans l’arrière-bouche.

L’expectoration n’est pas toujours accompagnée de toux. Lorsque les mucosités ou les crachats occupent la trachée, le larynx ou le pharynx, une expiration forcée suffit généralement pour les faire parvenir dans la bouche. Cette expiration est bruyante, accompagnée des vibrations du voile du palais, et parfois aussi de celles de la glotte. Le bruit produit a la plus grande analogie avec celui du rondement pendant l’expiration.

Arrivées dans la bouche, les mucosités sont expulsées au dehors. Cet acte porte plus particulièrement le nom de crachement. A cet effet, la bouche se dispose d'une manière particulière. Le voile du palais s’applique à la partie postérieure du pharynx, de manière à interrompre la communication de la bouche avec les fosses nasales. La langue rassemble les mucosités à la partie antérieure de la bouche, puis elle se retire brusquement en arrière au moment où l’air, vivement chassé par un brusque mouvement d’expiration, chasse au dehors les mucosités rassemblées à l’ouverture de la bouche, restée demi-close pour augmenter la vitesse du courant d’air.

É ter miment. — L’éternument est un acte généralement involontaire, déterminé par une irritation vague du voile du palais. A cette sensation vague succède bientôt une inspiration profonde qui prépare le phénomène. Cette inspiration est suivie par une expiration brusque et sonore, qui est l’éternument proprement dit, mais qui n’en constitue cependant que la dernière phase.

L’expiration brusque de l’éternument se fait à la fois par la bouche et par les fosses nasales, et le courant d’air entraîne souvent au dehors, dans toutes les directions, les liquides buccaux et nasaux.

Le bruit de l’éternument, comme celui de la toux, est produit par la vibration des cordes vocales, et il est renforcé par les parties supérieures des voies respiratoires, en particulier par la résonnance de l’air dans les fosses nasales.

L’éternument est souvent précédé par une contraction, en quelque sorte spasmodique, des muscles de la face, qui donne au visage un caractère particulier. Cet acte est parfois accompagné d’un effort violent des puissances respiratoires ; et, comme il est involontaire, on ne peut pas toujours en graduer la puissance. Aussi est-il quelquefois suivi d’ébranlements dans la tête, de douleurs violentes dans la poitrine, et même quelquefois de ruptures vasculaires.

La cause de l’éternument est dans le système nerveux ; mais l’excitation primitive a généralement son point de départ dans une irritation des membranes muqueuses. Dans le coryza, les muqueuses nasales irritées le déterminent, et il est facile de le provoquer artificiellement, en chatouillant le voile du palais ou l’intérieur des fosses nasales, à l’aide du doigt ou d’une barbe de plume.

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