CHAPITRE IV. RESPIRATION
entrer dans les poumons et sortir de cet organe de 3 à 4 litres d’air (de 3000 à 4000 centimètres cubes).
M. Hutcliinson a construit, le premier, un appareil spécial pour ce genre d’expériences, et donné à cet appareil le nom de spiromètre. Depuis, un grand nombre d’appareils de ce genre ont été proposés parMM.Vogel, Wintrich, Simon, Pbœbus, Küchenmeister, Fabius, etc. Tous ces instruments ne sont, en réalité, que des réservoirs renversés sur l'eau, dans lesquels la pression est maintenue la même pendant toute la durée de l’expérience. Pour se servir de ces appareils, on fait faire à un individu une inspiration forcée et on lui fait expirer l’air (jusqu’aux dernières limites de l’expiration) dans un tube qui communique avec le gazomètre. Les figures 82 et 83 représentent le spiromètre de M. Hutchinson. La légende explicative indique suffisamment le jeu de l’appareil.
Des spiromètres plus parfaits ont été récemment construits, par M. Bonnet, ainsi que par M. Guillet. L’appareil de M. Bonnet n’est autre qu’un compteur à gaz , d’une forme portative et capable de mesurer à un centilitre près (c’est-àdire à dix centimètres cubes près). Le gazomètre de M. Guillet ressemble beaucoup à celui de M. Hutchinson, mais il jouit d’une grande sensibilité : un demimillimètre d’eau de pression suffit pour le mettre en marche.
Un spiromètre plus simple encore, d'une moins grande précision, il est vrai, mais très suffisant pour les recherches courantes, consiste en une vessie de caoutchouc fixée sur un plateau et surmontée d’une règle graduée qui se meut le long d’un anneau-guide. Cette vessie est d’abord comprimée pour chasser l’air qu’elle contient, puis après une inspiration maximum on expire dans son intérieur à l’aide d’un embout placé dans la bouche. La règle graduée s’élève avec la vessie et indique, sur l’anneau-guide qui sert d’index, la quantité d’air expirée.
En opérant avec le spiromètre, on constate que le volume d’air, qu’une inspiration maximum et une expiration maximum peuvent mettre en circulation dans les poumons, est variable suivant les individus. C’est à ce volume variable que M. Hutchinson donne le nom de capacité vitale des poumons. M. Hutchinson a cherché à établir qu’il y a entre la capacité des poumons, le poids et la taille des individus (surtout la longueur des membres inférieurs), un rapport sensiblement constant ; d’où il conclut que, connaissant les derniers facteurs du problème, on en peut induire le premier. M. Arnold, et plus récemment M. Bonnet (qui propose de remplacer l’expression de sqnrométrie par celle de pneumatométrie ), sont arrivés à des résultats analogues à ceux de M. Hutchinson, c’est-àdire qu’ils ont constaté que la capacité vitale des poumons varie principalement avec la taille des individus. Voici les moyennes des résultats de M. Arnold, lesquelles reposent sur un nombre considérable d’observations.