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CHAPITRE IV. RESPIRATION

centimètres cubes) ; pour les grandes tailles, 4 litres (4000 centimètres cubes). M. Bonnet a vérifié aussi cette remarque de M. Arnold, savoir : qu’à partir de trente-cinq ans, la capacité vitale des poumons va sans cesse en diminuant <l’une faible quantité.

La grandeur de la circonférence du thorax influe également sur les résultats, et aussi, ainsi qu’on pouvait le prévoir, les professions, le sexe et le genre de vie, c’est-à-dire les habitudes corporelles.

Le fait, annoncé par M. Hutchinson et étudié depuis quelques années avec beaucoup de persévérance, a pris une certaine importance en pathologie : on conçoit, en effet, que la diminution dans le volume d’air que l'individu peut mettre en circulation dans ses poumons puisse indiquer que les phénomènes de la respiration ne s’accomplissent pas comme ils doivent s’accomplir dans l’état normal, appeler l’attention du médecin ou sur l’état des poumons ou sur l’état de la cage thoracique et servir de mesure à l’état pathologique.

Il ne faut ni s’exagérer la portée des services que la spirométrie ou pneumatométrie peut rendre en pathologie, ni repousser systématiquement ce nouveau mode d’investigation, comme quelques-uns le font. Les recherches expérimentales prouvent, il est vrai, que la capacité vitale des poumons est subordonnée à des conditions individuelles nombreuses, mais il n’en est pas moins certain que toutes les affections pulmonaires diminuent la capacité vitale des poumons. La présence de tubercules dans les poumons, l’emphysème pulmonaire, par exemple, peuvent réduire dans des proportions considérables la quantité d’air que l’homme peut faire circuler dans ses poumons 1.

La spirométrie trouvera tout particulièrement son application dans l'étude de la marche des affections pulmonaires, et pourra servir avec d’autres moyens de recherches pour mesurer le retour à l’état normal ou le degré de la résolution, dans l'hépatisation pulmonaire qui se guérit, dans les épanchements pleurétiques qui se résorbent, etc.

Les appareils de la spirométrie peuvent aussi, on le conçoit, s’appliquer à l’étude de la respiration courante, c’est-à-dire à la détermination de la quantité d’air que l’homme physiologique fait circuler dans ses poumons à chaque mouvement respiratoire normal. Les procédés anciens dont nous avons parlé reposaient d’ailleurs sur les principes sur lesquels ont été construits les appareils perfectionnés de la pneumatométrie. Les uns comme les autres ont fourni les mêmes résultats : c’est-à dire un demi-litre d’air comme volume moyen d’une respiration ordinaire.

A côté des appareils qui servent à recueillir et à doser l’air de la respiration, il en est d’autres à l’aide desquels on arrive sensiblement aux mêmes résultats en mesurant le degré d’ampliation de la poitrine au moment de l’inspiration. A l’aide de ces instruments appliqués à la surface extérieure de la poitrine on mesure l’extension des parois thoraciques et on peut étudier soit l’ampliation de la poitrine dans son ensemble, soit l’ampliation de la poitrine dans ses diverses parties, suivant la circonférence ou suivant les diamètres, etc.

A l’aide des appareils dont nous parlons, et c’est là leur avantage principal,

1 Un homme bien constitué, qui pouvait, comme la plupart dos autres, mettre en circulation dans ses poumons, dans une respiration maximum , environ 3 litres et demi d’air, n’en pouvait plus, malgré les efforts les plus énergiques, inspirer et expirer que G00 à 700 centimètres cubes, c’est-à-dire guère plus de un demi-litre, à la suite d'un emphysème devenu chronique.

on peut chercher non seulement à mesurer une respiration moyenne ou une respiration maximum , mais on peut étudier les mouvements de la respiration d’une manière continue. A l’aide de leviers convenablement disposés et mis en relation avec un cylindre animé d’un mouvement circulaire continu on peut ainsi enregistrer les mouvements respiratoires et représenter graphiquement leur rythme, leur nombre en un temps donné, leur durée réciproque, leur régularité, etc.

Le thoracometre qu’employait autrefois M. Sibson et à l’aide duquel il appréciait les modifications respiratoires du diamètre antéro-postérieur et du diamètre transverse de la poitrine, à diverses hauteurs, peut être considéré comme le premier de ces appareils. 11 est à remarquer que M. Sibson était arrivé à des résultats très analogues à ceux de MM. Hutchinson et Arnold. M. Sibson avait aussi noté qu’à gauche, l’ampliation pectorale est plus faible qu’à droite et que par conséquent la part du poumon gauche n’est pas tout à fait égale à la part du poumon droit dans la respiration, probablement à cause de la présence du cœur.

Le pneumatomètre ou simplement le pneumomèlre en forme de ceinture imaginé par M. Marey, et qui peut s’appliquer à des hauteurs diverses de la poitrine, est basé sur le principe des appareils dont il s’est servi dans ses ingénieuses recherches sur la circulation. La pièce principale de cet appareil est un petit réservoir compressible fermé et rempli d’air et dont les mouvements de la cage thoracique augmentent ou diminuent le ressort élastique. Ce réservoir peut être mis en communication avec un tambour polygraphe (voy. page 222) pourvu d’un levier enregistreur, et le pneumomètre devient un pneumographe *.

Plus récemment, M. Ransome, perfectionnant l’appareil de M. Sibson, a construit un stéthomètre à l’aide duquel on peut mesurer simultanément l’ampliation du thorax dans trois directions. Le stéthographe, ou mieux le double stéthographe de M. Riegel, est un appareil du même genre à l’aide duquel on peut recueillir simultanément, à l’aide d’un cylindre enregistreur, le tracé de deux points différents du thorax 1 2.

Changements dans la constitution de l’air expiré. — Méthodes et appareils de recherches. — L’air que nous expirons est moins riche en oxygène que celui que nous avons inspiré. L’air expiré contenant moins d’oxygène que l’air inspiré, la quantité en moins représente la proportion d’oxygène enlevée à l’air atmosphérique et passée dans le sang, au travers des membranes du poumon. L’air perd donc de l’oxygène pendant son passage dans les poumons. D’un autre côté, il contient une quantité d’acide carbonique beaucoup plus considérable. Quant aux proportions d’azote, tantôt elles sont à peu près les mêmes dans l’air expiré et dans l’air inspiré, tantôt les proportions de ce gaz sont légèrement augmentées dans l’air expiré.

Des recherches assez exactes sur la composition de l’air expiré par l’homme ont été faites autrefois par M. Davy et aussi par MM. Allen et Pepys. Ces der-

1 M. Marey mesure la valeur des mouvements thoraciques de la respiration des petits animaux, d'une autre manière encore. Un lapin, par exemple, est placé dans une enceinte fermée de telle sorte que sa respiration s’effectue librement au dehors à l’aide d’un tube convenablement disposé. L’enceinte fermée communique de son côté avec un tambour polygraphe, en sorte que les changements de volume de l’animal dus à la respiration se traduisent par la compression et la dilatation alternative de l’air de l’enceinte.

2 La Bibliographie de la spirométrie est comprise dans le § 134 bis (voyez plus haut).

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