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CHAPITRE IV. RESPIRATION

niers recueillaient les produits de l’expiration dans un gazomètre et en faisaient ensuite l’analyse. Les expériences plus récentes de MM. Brunner et Valentin, celles de M. Vierordt, celles de MM. Andral et Gavarret, celles de M. Smith, celles de MM. Pettenkofer et Voit, offrent, à cet égard, des garanties plus sérieuses d’exactitude.

L’appareil employé par MM. Brunner et Valentin est représenté figure 84. Il consiste dans un vase à trois tubulures A, d’une contenance de I litre environ. Sur la tubulure du milieu est fixé un entonnoir à robinet D, rempli de mercure. Sur l’une des deux autres tubulures est fixé un tube recourbé et à renflements C, terminé à son extrémité par un embout B, destiné à s’appliquer hermétiquement sur la bouche. Ce tube recourbé contient, dans sa partie déclive, en C, et dans ses parties renflées, de l’amiante imbibée d'acide sulfurique. La troisième tubulure du flacon A donne passage à un tube recourbé, qui plonge

librement dans un verre E contenant du mercure. L’expérimentateur applique hermétiquement l’embout B sur sa bouche, inspire par le nez et expire par là bouche. L’air contenu dans le flacon A est déplacé par l’air expiré, et sort en E, annonçant sa sortie par des bulles qui éclatent à la surface du liquide. Au bout d’un quart d’heure, on peut être certain que tout l’air atmosphérique a été chassé par déplacement, et que le mélange gazeux contenu dans le flacon A représente exactement les gaz de l’expiration l. On laisse alors refroidir l’appareil. Le contenu gazeux du flacon A ne renferme point de vapeur d’eau, car l’air expiré s’en est dépouillé pendant l’expérience, en traversant le tube G : il renferme donc l’oxygène, l’azote et l’acide carbonique expirés.

1 Au bout de ce temps, en effet, il a passé environ 135 litres de gaz dans l’appareil (un demilitre par expiration, et 15 expirations par minute).

Pour doser la quantité d’oxygène contenu dans ce mélange gazeux on adapte à la tubulure moyenne du flacon A un tube à renflements GH. Le tube G contient des fragments de chlorure de calcium ou de la pierre ponce imbibée d’acide sulfurique; il est destiné à arrêter les traces d’humidité qui auraient pu échapper au tube G. Le tube H contient des fragments de phosphore. A la suite de H est un tube à ampoules rempli de coton. On chauffe alors le tube à phosphore, et on ouvre légèrement l’entonnoir à mercure qui surmonte l’appareil. Le mercure qui tombe dans le flacon A déplace le mélange gazeux et le force à passer par le tube à phosphore, où il se dépouille de son oxygène. L’oxygène se fixe sur le phosphore, et forme de l’acide phosphorique, de l’acide phosphoreux et de l’oxyde de phosphore. Ces produits se subliment sur les parois du tube H, ou sont arrêtés par le tube à coton qui lui fait suite.

Le volume du mélange gazeux qui a traversé le tube à phosphore est indiqué parle volume du mercure qui l’a déplacé dans le flacon A. En comparant la quantité dont le tube à phosphore et le tube à coton ont augmenté de poids, au volume du mélange gazeux qui a traversé le tube à phosphore, on obtient le poids d’oxygène contenu dans un volume déterminé du mélange gazeux. Le poids d’oxvgène obtenu est réduit en volume par un simple calcul.

En opérant ainsi MM. Brunner et Valentin ont trouvé (moyenne de 34 expériences) que l’air expiré ne contient plus que 16,03 pour 100 en volume d’oxygène. Or l’air atmosphérique en contient 20,9 pour 100; il a donc disparu, par absorption, 4,87 d’oxygène pendant la respiration.

En d’autres termes, quand l’homme a respiré 100 litres d’air (en 200 mouvements respiratoires) contenant en chiffres ronds 21 litres d’oxygène, 5 litres, en chiffres ronds, ont été absorbés parle poumon. A chaque mouvement respiratoire l’homme consomme donc le quart de l’oxygène contenu dans l’air qu’il respire.

L’appareil employé par MM. Brunner et Valentin pour mesurer la quantité d’acide carbonique contenu dans l’air expiré par l’homme est le même que celui de la figure 84, avec cette différence que l’on adapte, outre le tube GH, lorsque l’appareil est rempli par les gaz de l’expiration, un autre tube à renflement K renfermant des fragments de pierre ponce imbibés d’une dissolution saturée de potasse caustique.

Lorsque le vase A est rempli par les produits gazeux de l’expiration, on ouvre l’entonnoir à mercure qui surmonte ce vase, et on détermine ainsi le passage du gaz au travers des tubes à analyse. Les produits gazeux s’échappent non seulement au travers du tube à phosphore, mais encore au travers des tubes renfermant la potasse caustique. Ces derniers tubes fixent l’acide carbonique, et des pesées comparatives, faites avant et après l’expérience, indiquent ces proportions.

Il résulte de 103 observations, faites par MM. Brunner et Valentin, que la quantité d’acide carbonique contenue dans l’air expiré est de 4,267 (minimum 2,361, maximum 5,495) pour 100 en volume (l’air inspiré n’en contenait que 0,0004 ou 0,0006 de son volume). M. Vierordt, qui a tenté à cet égard près de 600 expériences, est arrivé, à peu de chose près, aux mêmes résultats. L’air expiré contient, suivant lui, en moyenne, 4,336 (minimum 3,358, maximum 6,220) pour 100, en volume, d'acide carbonique.

Si maintenant, prenant les chiffres de MM. Brunner et Valentin, nous addi-

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