CHAPITRE IV. RESPIRATION
tionnons la quantité d’oxygène absorbé pendant une heure consécutive, nous arrivons en volume et en moyenne au chiffre de 22 litres L
Si nous additionnons de même les quantités d'acide carbonique exhalé, pendant une heure consécutive, nous arrivons, en volume et en moyenne, au chiffre de 19 litres 1 2.
Dix-neuf litres d’acide carbonique seraient donc exhalés par heure par la surface pulmonaire. Or, chaque litre d’acide carbonique pesant 1 gramme 98 centigrammes, il en résulterait que l’homme exhale en moyenne, par heure, 36 grammes d’acide carbonique. J’ai à peine besoin de faire remarquer que c’est là une moyenne qui peut varier en plus ou en moins dans des limites très étendues 3.
Dans leurs recherches chimiques sur la respiration, MM. Régnault et Reiset ont expérimenté, non sur l’homme, mais sur les animaux , ce qui leur a permis de varier beaucoup leurs expériences. MM. Régnault et Reiset n’ont pas procédé comme MM. Brunner et Valentin. Les animaux sont introduits dans un volume d’air limité, dans lequel ils peuvent séjourner plusieurs jours. La composition de l’air emprisonné est sans cesse ramenée à l’état naturel par le jeu des appareils . L’oxygène consommé par les animaux est restitué à l’air à mesure qu’ils le consomment : l’acide carbonique produit est enlevé à mesure qu’ils le dégagent. Quant à l’azote, comme sa quantité varie peu, on ne l’apprécie qu’à la fin de l’expérience.
Dans ce mode d’expérimentation, l’animal se trouvant placé dans un espace limité, clos de manière que rien ne s’en échappe, il s’ensuit qu’on peut modifier à volonté les conditions de l’expérience : on peut varier, par exemple, les proportions du mélange gazeux offert à la respiration. Nous reviendrons plus loin sur les résultats de MM. Régnault et Reiset; nous placerons seulement ici sous les yeux du lecteur l’appareil qui a servi à leurs expériences.
L’appareil employé par MM. Régnault et Reiset est représenté figure 85. Il se compose de trois parties essentielles : 1° de l'enceinte dans laquelle est renfermé l’animal; 2° d’un condenseur de l’acide carbonique formé dans la respiration; 3° d’un appareil qui remplace constamment l’oxygène consommé par l’animal.
1° L 'enceinte qui contient l’animal consiste en une cloche de verre A, de 55 litres de capacité environ. La cloche A présente à sa partie inférieure une
1 15 respirations par minute (chiffre de MM. Brunner et Valentin) à un demi-litre d’air répondent à 71U,5 par minute et à 450 litres par heure.
Par conséquent: 100: 4,87 :: 450: x ;
2 15 respirations par minute répondent (1 demi-litre par minute) à 450 litres par heure. Par conséquent : 100 : 4,26 :: 450 : x-,
3 M. Pettenkofer, dont nous décrivons plus loin l’appareil, estime que la quantité d’air qui circule en moyenne dans les poumons à chaque respiration est inférieure à un demi-litre, et il estime seulement à 14 litres d’acide carbonique la quantité que l’homme exhale, en moyenne, par heure, c’est-à-dire en poids environ 30 grammes d’acide carbonique.
L’appareil employé par M. Pettenkofer est le plus parfait dont on se soit encore servi dans les recherches sur la respiration de l’homme. Nous remarquerons que, dans les miriima des 600 expériences de M. Vierordt, il y en a un certain nombre qui sont identiques avec la moyenne adoptée par M. Pettenkofer.
Béclard, 7e édition.
ouverture destinée au passage de l’animal et fermée par un couvercle hermétiquement assujetti à l’aide d’un système de boulons. La cloche A est, en outre, enveloppée d’un manchon en verre B. Ce manchon est rempli d’eau de manière que l’air de la cloche A peut être maintenu à une température sensiblement constante pendant l’expérience. La partie supérieure de la cloche A présente une tubulure qui donne passage à plusieurs tubes. Par l’un des tubes la cloche communique avec un manomètre à mercure ?n, qui donne à chaque instant la tension du gaz intérieur. Par deux autres tubes, la cloche A communique
avec l’appareil condenseur d’acide carbonique. Le tube Y sert à l’introduction, par le robinet r, de l’oxygène nécessaire au rétablissement de la composition normale de l’air dans lequel respire l’animal.
2° h' appareil condenseur de l’acide carbonique consiste en deux vases ou pipettes C, G', d’une capacité de 3 litres chacun. Ces deux vases contiennent chacun 1 litre et demi d’une dissolution de potasse, dont la composition et le poids sont connus, et communiquent entre eux par leurs tubulures au moyen d’un tube en caoutchouc q. Les tubulures supérieures des vases G et C' communiquent, par l’intermédiaire de longs tubes en caoutchouc /, l, avec la cloche A (avec la partie supérieure de la cloche en A; avec sa partie inférieure en J).
Les vases G et G' sont montés sur des cadres en fer, et ces cadres sont suspendus à un mouvement de va-et-vient annexé à l’appareil, et dont le centre