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CHAPITRE IV. RESPIRATION

les poumons en un temps donné est accompagnée de variations correspondantes dans la quantité d’oxygène absorbé. Nous voyons, dans les expériences de M. Valentin, que la quantité d’oxygène absorbé qui était, pour la respiration normale, de 4,87 pour 100 pour chaque respiration, peut s’élever à 7,50 quand la respiration est très ralentie.

Absorption d’oxygène, exhalation d’acide carbonique, constituent, au point de vue chimique de la respiration, deux termes liés l’un à l’autre. Leur rapport reste toujours sensiblement le même. Ceci est vrai non seulement dans les conditions exceptionnelles dans lesquelles se sont placés les observateurs qui ont expérimenté sur l’homme ou sur eux-mêmes, mais encore le même résultat s’est produit dans les diverses recherches tentées sur la respiration des animaux. Cette constance dans le rapport entre la quantité d’oxygène absorbé et la quantité d’acide carbonique exhalé tient, en effet, à l’essence même des phénomènes de la respiration.

Relativement au sexe et à l'âge MM. Andral et Gavarret ont fait des expériences nombreuses, qui établissent que l’homme exhale une quantité d’acide carbonique plus considérable que la femme, et cette différence est surtout marquée entre trente et quarante ans. Chez l’homme, la quantité d’acide carbonique exhalé va croissant de huit à trente ans. A partir de trente ans, l’exhalation d’acide carbonique commence à décroître. A l’époque de l’extrême vieillesse, l’exhalation d’acide carbonique est à peu près ce qu’elle était vers l’âge de dix ans.

Chez la femme, l’exhalation de l’acide carbonique croît aussi jusqu’à la puberté. Quand la menstruation apparaît, elle reste stationnaire (l’économie se débarrassant périodiquement, par les règles, d’une partie du sang non comburé). Elle augmente à l’époque de l’âge de retour, puis elle décroît, comme chez l’homme, à mesure que la femme approche de la vieillesse. Lorsque les règles de la femme sont suspendues, accidentellement ou pendant la durée de la grossesse, le chiffre de l’acide carbonique exhalé par le poumon s’élève momentanément. Enfin, dans les deux sexes et à tous les âges, la quantité d’acide carbonique exhalé par le poumon est d’autant plus élevée que la constitution est plus forte.

On doit conclure des expériences précédentes que l’énergie des combustions qui s’exécutent dans l’organisme sous l’influence de l’oxygène absorbé par la respiration diminue avec les progrès de l’âge depuis l’état adulte jusqu’à l’extrême vieillesse. Mais il n’en faudrait pas conclure que cette énergie est moindre chez les jeunes enfants que chez les adultes. Chez les adultes, il est vrai, la proportion d’acide carbonique exhalé est plus forte, en un temps donné, que chez les enfants ; mais il faut remarquer que le poids des uns est beaucoup plus grand que celui des autres. Dans les expériences de MM. Andral et Gavarret, un enfant de huit ans exhale, en une heure, une quantité d’acide carbonique qui représente 5 grammes de carbone brûlé; entre seize et quarante ans, la quantité d’acide carbonique exhalé dans le même temps est à peu près du double ; elle représente environ 10 grammes de carbone brûlé. Mais un enfant de huit ans ne pèse pas la moitié d’un adulte (en moyenne, il ne pèse pas même le tiers, d’après les tables de M. Quételet). Or, si nous rapportons à 1 kilogramme d3 poids du corps la quantité d’acide carbonique produite en un temps donné, il est facile de voir, d’après les résultats de MM. Andral et Gavarret, que dans

l’enfance cette quantité est plus élevée que dans l’âge adulte, et, à fortiori , que dans la vieillesse. Cela est, du reste, parfaitement en rapport avec l’activité des fonctions nutritives chez l’enfant, avec sa petite masse qui l’expose plus que l’adulte aux causes de refroidissement, et avec la quantité, proportionnellement plus grande, de son alimentation.

Cette évaluation de la quantité d’acide carbonique produit en un temps donné, rapportée à 1 kilogramme du poids de l’animal, sera plus d’une fois employée dans le cours de ce chapitre et des suivants, et elle est véritablement la manière la plus exacte de se rendre compte des phénomènes de combustion qui s’accomplissent dans l’économie.

La figure 80 représente l’appareil employé par MM. Andral et Gavarret dans leurs expériences. Cet appareil se compose de trois grands ballons de verre D, D', D", reliés entre eux par un tube qui leur est commun et par des manchons de caoutchouc. Avant de procéder à l’expérience, on détache le masque ABC et on fait le vide dans les ballons, en. mettant le robinet E en communication

avec une machine pneumatique ou avec une pompe aspirante. Le vide étant poussé aussi loin que possible, on ferme le robinet E pour maintenir le vide, et on fixe à l’appareil le masque ABC, à l’aide d’un tube flexible terminé par un manchon en caoutchouc.

Le sujet en expérience place alors son visage dans l’ouverture du masque. Cette ouverture est garnie, sur ses contours, d’un bourrelet de caoutchouc destiné à établir un contact hermétique avec le visage. Cela fait, on ouvre le robinet E. Le vide des ballons force l’air extérieur à entrer dans l’appareil parle tube B, qui fait partie du masque. Le sujet en expérience respire dans le courant d’air; ce courant entraîne avec lui dans les ballons les produits de l’expiration. On gradue le courant d’air par le degré d’ouverture du robinet E, de manière que les produits de l’expiration soient en totalité entraînés vers les ballons.

L’aspiration exercée par les ballons pendant l’expérience tend à appliquer le visage, à le coller en quelque sorte, contre le contour du masque, de manière que les produits de l’expiration n’ont aucune tendance à s’échapper au dehors, entre le visage et le masque. Les produits de l’expiration ne peuvent pas non plus sortir par le tube B, qui termine le masque, attendu la direction du courant d’air; cependant, pour plus de sûreté et pour s’opposer à tout courant rétro-

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