CHAPITRE IV. RESPIRATION
grade, on place à l’ouverture du tube B une petite sphère de liège, qui, formant soupape, permet l’entrée de l’air et s’oppose à sa sortie. Il y a en G, sur le masque, un cadre supportant une lame de verre qui permet d’examiner le visage du sujet et de voir si tout marche bien. On arrête l’expérience, avant que le vide des ballons soit complètement comblé, en fermant le robinet E. On laisse ensuite refroidir l’appareil, et, après les corrections de pression et de température, on pratique l’analyse du mélange gazeux contenu dans les ballons, d’après les procédés indiqués précédemment (Yoy. § 136).
M. Moleschott a fait sur les batraciens des expériences qui sont tout à fait concordantes avec celles de MM. Andral et Gavarret. La quantité d’acide carbonique produit dans le même temps par le buffo cinereus mâle et par la femelle sont : : 1 ,43 : 1 ; par la rana esculenta mâle et femelle : : 1 ,28 : 1 ; par le buffo calainita et sa femelle :: 1,12 : 1 ; par la rana temporaria et sa femelle :: 1,28 : 1.
La quantité d’acide carbonique exhalé par un même individu varie avec la température. Cette quantité est moindre par une température élevée; elle est plus grande par une basse température. Dans les expériences de M. Valentin, elle a été de 4,37 pour 100 pour une température moyenne de 0° (centigrade) ; et de 3,36 pour 100 pour une température de -f- 21°. Dans celles de M. Vierordt, elle était de 3 pour 100 pour une température de -}- 3° (centigrades) ; elle s’est abaissée à 4,2 pour une température de -f- 24° (centigrades). M. Smith a également remarqué, dans ses recherches, que durant l’été la quantité d’acide carbonique exhalé en un temps donné était généralement de 20 p. 100 moindre . que dans l’hiver. Remarquons que l’homme qui doit lutter contre le froid par sa chaleur propre a une température sensiblement constante. Il doit donc produire plus de chaleur quand il fait froid que quand il fait chaud. Les oxydations de nutrition, et, en particulier, la production de l’acide carbonique, se trouvent donc dans une relation intime avec la température ambiante. Ajoutons encore que la quantité de matériaux de combustion ingérés (aliments) augmente aussi d’une manière générale avec l’abaissement de la température.
Les expériences de M. Letellier ont fourni chez les animaux des résultats analogues. Chez les petits mammifères, la souris, par exemple, la quantité d’acide carbonique exhalé, dans des temps égaux, par le même animal, est deux fois plus grande A la température de 0 que dans l’air à 30 ou 40 degrés centigrades. Chez les oiseaux, la tourterelle et le serin, la quantité d’acide carbonique exhalé, dans les mêmes conditions, a été trois fois plus grande dans la température basse que dans la température élevée 1.
Dans des recherches récentes, M. Eler a obtenu des résultats semblables sur les lapins. Il a remarqué, en outre, que l’immobilisation de l’animal sur la gouttière d’expérience est promptement suivie d’un refroidissement de l’animal et de la diminution de l’acide carbonique exhalé par la respiration. Lorsque l’animal est placé dans un milieu très refroidi (dans une enceinte entourée de glace par exemple) la quantité d’acide carbonique augmente rapidement, mais à la condition que l’expérience n’ait pas une trop longue durée. Plus tard, en effet, et dans la période pendant laquelle l’animal se refroidit, l’acide carboni-
1 II n’est question ici que des animaux à température constante ou animaux à sang chaud. Chez les animaux à sang froid qui n’ont pas à maintenir une température constante, la proportion de l’acide cai’bonique suit les variations de la température ; elle est moins élevée en hiver qu’au printemps et en été ; elle ne donne chez eux que la mesure de l’activité organique beaucoup plus faible dans la saison de Y engourdi* sement que dans la belle saison.
que de la respiration diminue. Ajoutons encore que la section de la moelle épinière, qui a pour conséquence la paralysie des muscles, entraîne également et l’abaissement de température de l’animal, et la diminution de l’acide carbonique expiré en un temps donné.
Pendant le sommeil, la quantité d’acide carbonique produit s’abaisse. Notons que le sommeil est caractérisé par le repos, le ralentissement de la circulation et le calme des mouvements respiratoires. Des expériences directes ont été faites sur ce point par M. Boussingault sur les tourterelles, et par M. Lehmann sur des pigeons : on sait que les oiseaux placés dans l’obscurité dorment plus surement que les mammifères. M. Smith est arrivé aux mêmes résultats chez l’homme.
Voici sous forme de tableau le résultat de deux expériences faites par MM. Pettenkofer et Voit sur l’homme.
Respiration de l’homme pendant le jour et pendant la nuit.