‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 198 sur 429 · CHAPITRE IV. RESPIRATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. RESPIRATION

le musc, l’assa-fœtida, les préparations phosphorées et généralement pour toutes les substances volatiles peu ou point modifiées dans le sang.

Lorsque des gaz sont introduits dans le sang, le sang qui passe dans les poumons laisse également échapper ces gaz. Nysten retrouvait dans les produits de l’expiration l’acide sulfhydrique et l'hydrogène injectés dans le sang ».

On a quelquefois noté l’ammoniaque parmi les produits de l’expiration. Il est vrai que, dans quelques circonstances, ce gaz se rencontre dans l’air expiré. Mais sa source n’est pas dans le poumon. Il provient de plus haut; il est le résultat de la décomposition putride qui s’opère parfois, soit aux dépens des parcelles alimentaires restées entre les dents après le repas, soit dans la carie dentaire, soit aux dépens des enduits morbides dont se couvrent la langue et les gencives. Des soins de propreté ou des lotions convenables de la bouche suffisent pour faire disparaître ce gaz.

MM. Régnault et Reiset et MM. Pettenkofer et Voit ont aussi noté, parmi les produits gazeux recueillis dans leur appareil, de l’hydrogène, de l'hydrogène carboné, de l’hydrogène sulfuré; mais ces gaz ne viennent pas des poumons, ils ont une origine intestinale. L’animal étant en entier renfermé dans l’appareil d’expérience, ces gaz se mêlent au milieu ambiant.

Dans des recherches entreprises tout récemment M. Georges Valentin, en recueillant et en analysant dans ce but les produits de la respiration, n’y a jamais rencontré ni hydrogène, ni hydrogène carboné, ni hydrogène sulfuré.

§ 144 bis.

Résumé. — Consommation moyenne d’oxygène et production d’acide carbonique par la respiration. — En laissant de côté les diverses influences que nous avons passées en revue, on peut admettre, en chiffres ronds, que l’homme adulte et bien portant fait passer, en vingt-quatre heures, dans ses poumons 10,000 litres d’air, c’est-à-dire environ 2,000 litres d’oxygène (le cinquième). Or ces 2,000 litres d’oxygène représentent en poids 2kil,500. D’après les analyses on trouve qu’il ne reste dans l’air expiré des vingt-quatre heures et en poids que lkil,750 d’oxygène, c’est-à-dire que 750 grammes ont été consommés. Ces 750 grammes d’oxygène en poids correspondent à 500 litres d’oxygène en volume. 500 litres représentent le quart des 2,000 litres d’oxygène qui traversent nos poumons en vingt-quatre heures. On peut donc dire que l’homme dont la respiration est normale consomme environ le quart de l’oxygène contenu dans l’air atmosphérique qui l’entoure.

D’un autre côté, les 10,000 litres d’air qui traversent, en vingt-quatre heures, l’appareil pulmonaire de l’homme ne contiennent à leur entrée que 4 à 6 litres d’acide carbonique (il n’y a dans l’air que 4 à 6 dix-millièmes d’acide carbonique), c’est-à-dire une quantité négligeable, tandis qu’ils en contiennent à leur sortie 450 litres (en poids 950 grammes).

Nous ajouterons ici deux tableaux représentant l’ensemble des phénomènes chimiques de la respiration calculés pour une heure de durée, et pour 1 kilo-

1 Lorsque dans un but d’expérience on injecte de l’air dans les vaisseaux d'un animal vivant, nous avons vu (§ 110) qu’on en peut introduire de très grandes quantités, sans dommages sensibles pour l’animal, lorsqu'on opère dans des conditions rigoureusement déterminées. Dans ces conditions cet air incessamment poussé dans les vaisseaux s’échappe incessamment par les poumons.

gramme de poids du corps, d’après les recherches de MM. Régnault et Reiset, et d’après celles de M. Pott. Les rapports sont établis tout naturellement en poids (et non en volume), puisqu’il s’agit d’une comparaison avec un poids toujours le même des animaux mis en expérience.

Recherches de II H. Régnault et Reiset.

Page 1