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CHAPITRE IY. 'RESPIRATION

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Influence du système nerveux sur la respiration. — Par les nerfs qu’il envoie aux muscles de l’inspiration et de l’expiration, et par ceux qu’il fournit au larynx et au poumon lui-même, le système nerveux exerce une influence capitale sur la respiration.

Les muscles inspirateurs et expirateurs reçoivent leurs nerfs de l’axe spinal, à des hauteurs diverses, et plus particulièrement des paires cervicales et des paires dorsales. Ainsi, le diaphragme est animé par le nerf phrénique, branche du plexus cervical. Le plexus cervical fournit aussi des filets aux scalènes, au grand dentelé, au sterno-mastoïdien, au trapèze, au rhomboïde, à l’angulaire de l’omoplate. Le plexus brachial, par ses branches collatérales, fournit à la plupart des muscles précédents, tels que les scalènes, le grand dentelé, le trapèze, le rhomboïde, l’angulaire de l’omoplate; il fournit aussi au sous-clavier, aux grand et petit pectoraux, à la partie supérieure du grand dorsal. Les paires dorsales fournissent aux intercostaux, aux sur- et sous-costaux, au grand dentelé, aux petits dentelés postérieurs, et aussi aux muscles grand oblique, petit oblique et transverse de l’abdomen. Ges derniers muscles, qui agissent surtout dans les mouvements forcés d’expiration, reçoivent encore leurs nerfs du plexus lombaire, ainsi que le carré lombaire. Il suit de là que les puissances musculaires de la respiration tirent leur principe d’action de presque toute l’étendue de la moelle épinière. Mais il est vrai de dire que les nerfs des muscles de la respiration proviennent, en majeure partie, de la moelle cervicale et de la partie supérieure de la moelle dorsale.

En coupant la moelle de bas en haut, on paralyse successivement les muscles abdominaux, les intercostaux, les pectoraux, etc. Tant que la moelle cervicale est intacte et fait corps avec le système cérébro-spinal central, les principaux mouvements de la respiration sont encore possibles (alors même que les parties dorsales et lombaires de la moelle ne font plus corps avec la partie supérieure), car c’est la moelle cervicale qui fournit des nerfs à presque tous les muscles respiratoires, et notamment au diaphragme. Les accidents qui surviennent après les lésions de la moelle lombaire et de la moelle dorsale sont plus spé-

cialement en rapport avec d’autres fonctions, telles que la circulation, et, par suite, la calorification.

Le nerf pneumogastrique, par les filets qu’il envoie au larynx (nerfs récurrents), et par ceux qu’il fournit aux poumons, agit directement aussi sur les phénomènes respiratoires. Lorsqu’on coupe, sur les animaux, les deux nerfs pneumogastriques, au-dessus de l’endroit où ils donnent les nerfs du larynx, les animaux peuvent périr en quelques instants. Lorsqu’en effet les nerfs récurrents qui animent les muscles du larynx sont séparés des centres nerveux, les lèvres de la glotte paralysée sont poussées l’une vers l’autre par le courant d’air attiré dans le poumon au moment de l'inspiration. Le conduit aérien se trouve alors obstrué, et l’asphyxie ne tarde pas à survenir, lorsqu’on n’ouvre pas à l’air une voie nouvelle, à l’aide de la trachéotomie.

Alors même qu’une fistule trachéale a été établie, la mort survient cependant d’une manière fatale chez les animaux auxquels les deux pneumogastriques ont été coupés, mais elle se fait attendre des jours et quelquefois des semaines. L’intégrité des pneumogastriques est donc nécessaire à l’accomplissement normal des fonctions du poumon.

La circulation est profondément troublée, en effel, dans le poumon, par la suppression d'influence du pneumogastrique sur les petits vaisseaux. Il en résulte des engouements sanguins et des infiltrations sanguines qui apportent peu à peu un obslaele, déplus en plus insurmontable, aux échanges gazeux, et, en définitive, une asphyxie lente s'établit. D’ailleurs, la suppression du pneumogastrique retentit aussi sur les contractions du cœur, et indirectement sur la circulation pulmonaire (Voy. § 112).

Tant qu’une partie des muscles de la respiration est en communication avec le centre nerveux céphalo-rachidien, la respiration, quoique affaiblie, peut continuer pendant un temps plus ou moins long. On peut, par exemple, conserver vivants assez longtemps des animaux auxquels on a coupé la moelle cervicale vers sa partie moyenne, c’est-à-dire au-dessous du point qui correspond à l’origine des nerfs phréniques (qui se distribuent au diaphragme, le principal agent de l’inspiration). Mais lorsque la section de la moelle est faite plus haut, lorsqu’on la pratique sur le bulbe rachidien, soit au-dessous de l’origine des nerfs pneumogastriques, soit à quelques millimètres au-dessus, toutes les puissances musculaires de la respiration sont anéanties en même temps; l’immobilité absolue du diaphragme et de la poitrine entraîne une mort presque instantanée, à moins toutefois qu’on ne supplée au jeu des puissances musculaires qui font défaut, en pratiquant une respiration artificielle (Voy. § 112).

La respiration est sous la dépendance d’une sensation de besoin analogue au sentiment de la faim et de la soif. C’est en vertu de cette sensation instinctive que s’accomplissent incessamment, pendant la veille et pendant le sommeil, et sans que nous en ayons conscience, les mouvements respiratoires. Cette sensation, dite sensation du besoin de respirer , devient bien évidente lorsqu’on suspend volontairement les phénomènes mécaniques delà respiration : attachée au sentiment instinctif de la conservation, elle devient si impérieuse qu’il arrive un moment où elle est plus forte que la volonté.

Les expériences faites sur les animaux vivants permettent de localiser cette sensation dans le bulbe rachidien. Un animal auquel les lobes cérébraux, le cervelet, les corps striés, les couches optiques, les tubercules quadrijumeaux,

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