CHAPITRE IV. RESPIRATION
raie, mais en dehors des diaphragmes. 11 remplit la partie antérieure de la poitrine, derrière le sternum. Les autres sacs aériens sont situés hors de la cavité thoracique : tels sont les deux sacs cervicaux ou interclaviculaires et les deux sacs abdominaux.
Ces divers sacs aériens ne communiquent point entre eux, mais directement avec les bronches; ils sont, en quelque sorte, des diverticules du poumon.
Les bronches qui établissent la communication entre les sacs aériens et les poumons de l’oiseau sont des bronches d’un assez gros calibre. Les principales divisions de la trachée, loin de s’enfoncer dans l’épaisseur du poumon et de s’y ramifier avant de s’ouvrir dans les sacs aériens, cheminent à la surface même du poumon, et viennent communiquer directement avec ces sacs. Ajoutons encore que, dans le poumon de l’oiseau, les cerceaux cartilagineux des bronches sont la plupart incomplets, tandis que les cerceaux de la trachée forment des anneaux fermés, ce qui est généralement le contraire chez les mammifères. La structure du poumon des oiseaux ikest pas non plus semblable à celle du poumon des mammifères. Au lieu de se diviser isolément et de former, en définitive, comme chez l’homme, des vésicules terminales, les bronches du poumon de l’oiseau s’anastomosent entre elles, et forment dans l’épaisseur du poumon un réseau de canaux parcourus par l’air, et qui a une certaine analogie avec les réseaux anastomosés des vaisseaux sanguins.
L’air qui a traversé le réseau bronchique et qui est parvenu dans les sacs aériens va plus loin encore. En effet, quelques-uns des sacs aériens dont nous avons parlé communiquent chez beaucoup d’oiseaux avec la cavité des os. Ainsi, l’air des sacs cervicaux pénètre dans le corps des vertèbres cervicales et dorsales et dans les côtes vertébrales ; l’air du sac thoracique s’introduit dans la clavicule, dans le sternum, dans l’omoplate, les côtes sternales et l’humérus; l’air des sacs abdominaux communique avec le sacrum, les vertèbres coccygiennes, les os iliaques et les fémurs. Les sacs diaphragmatiques contenus avec les poumons, entre les deux diaphragmes, ne communiquent point avec les os.
Les communications des sacs aériens avec les os n’ont pas lieu chez tous les oiseaux; on les observe particulièrement chez les oiseaux de haut vol. Beaucoup de gallinacés, de palmipèdes et d’autres oiseaux mauvais voiliers ne présentent point de communications de ce genre, ou seulement des communications partielles.
Les mouvements de l’inspiration s’opèrent chez les oiseaux par l’élévation des côtes et du sternum, et par la contraction des diaphragmes. Le diaphragme supérieur, en effaçant sa concavité, attire le poumon en avant, et le développe suivant le diamètre antéro-postérieur; le diaphragme thoraco-abdominal, en s’abaissant, développe le poumon suivant le diamètre vertical. Les sacs diaphragmatiques compris entre les deux diaphragmes contribuent (plus énergiquement que le poumon lui-même) à attirer l’air dans leur intérieur : leur capacité se trouve, en effet, augmentée, au moment de l’inspiration, par l’écartement des deux diaphragmes. Les sacs aériens, situés en dehors des diaphragmes (par conséquent en dehors des puissances expansives), n’agissent point comme aspirateurs, au moment de la contraction des diaphragmes. Les sacs aériens interdiaphragmatiques, dilatés au moment de l’inspiration, attirent non seulement l’air du dehors par la trachée, mais encore l’air des autres sacs aériens en coin-
munication avec eux par l’intermédiaire du poumon. Il résulte de là que les mouvements d’inspiration de l’oiseau ont non seulement pour effet de faire pénétrer l’air extérieur dans les poumons et les sacs pulmonaires interdiaphragmatiques, mais encore d’opérer une expiration partielle .dans les autres cellules aériennes de l’oiseau.
Au moment de l’expiration, l’air contenu dans les sacs aériens interdiaphragmatiques, pressé à la fois et par la réaction élastique du poumon, et par le retour des deux plans charnus diaphragmatiques, ne s’échappe pas entièrement par la trachée, mais passe en partie dans les autres cellules. De cette manière, et par ce double jeu, se trouve agité et renouvelé l’air qui circule dans les parties les plus éloignées de l’organe respiratoire.
La partie la plus vasculaire de l’appareil respiratoire de l’oiseau est le poumon, et c’est là surtout que s’opèrent les échanges gazeux de la respiration. Les sacs aériens et les canaux des os, beaucoup moins vasculaires que le poumon, sont surtout en rapport avec le mode de locomotion de l’oiseau, et destinés principalement à diminuer sa pesanteur spécifique; mais il s’opère aussi, dans leur intérieur, une respiration rudimentaire.
Reptiles. — Les reptiles, ainsi d’ailleurs que les animaux dont il nous reste à parler, sont des animaux à sang froid. Leur respiration est beaucoup moins active que celle des mammifères et des oiseaux, et ils peuvent être privés, plus ou moins longtemps, d’air ou d’oxygène avant de succomber.
La plupart des reptiles ont une respiration aérienne, et respirent par des poumons. Parmi les reptiles à poumon, quelques-uns ont des branchies dans les premiers temps de leur vie (têtards de grenouille, par exemple), et respirent comme des poissons, jusqu’au moment de leur métamorphose. Beaucoup de reptiles vivent à la fois dans l’air et dans l’eau, mais ils respirent par des poumons, et viennent à la surface respirer l’air atmosphérique. Il en est cependant quelques-uns qui sont bien réellement amphibies, et qui conservent toute leur vie des branchies et des poumons (protées, axolotls, sirènes).
Chez les reptiles à poumons dont la peau est nue (les grenouilles, par exemple), la peau est aussi un organe important de respiration. La peau, envisagée comme organe de respiration, tient à la fois des poumons et des branchies : les échanges gazeux de la respiration cutanée peuvent s’opérer, non seulement aux dépens de l’air atmosphérique, mais encore aux dépens de l’air contenu dans l’eau, ainsi que les expériences l’ont depuis longtemps prouvé. Il est probable que, chez quelques reptiles, larespirationcutanée est, dans l’air, aussi active que la respiration pulmonaire. Dans quelques-unes de leurs expériences, MM. Régnault et Reiset ont observé que des grenouilles privées de poumons avaient consommé, dans le même temps, environ les deux tiers delà proportion d’oxygène absorbée par des grenouilles intactes. Les expériences de Spallanzani ont depuis longtemps appris que des grenouilles submergées peuvent vivre quelque temps dans l’eau renouvelée, tandis que dans l’eau bouillie (par conséquent privée d’air) elles meurent promptement. Nous avons déjà signalé, à cet égard, les expériences d’Edwards (§ 155).
Les poumons des reptiles sont constitués par des sacs plus ou moins complètement cloisonnés, figurant parfois une sorte de tissu aréolaire à cellules communiquantes. Quoique le poumon des reptiles soit généralement volumineux, la surface de cet organe développé offre bien moins d’étendue que celle