CHAPITRE IV. RESPIRATION
du poumon des mammifères et des oiseaux. Les reptiles n’ont point de diaphragme : leur thorax communique librement avec l’abdomen. Beaucoup d’entre eux n’ont point de côtes (fig. 92) : tels sont les batraciens. 11 en résulte que, chez les batraciens, les mouvements d’inspiration et d’expiration ne sont point soumis au jeu du thorax, comme chez les mammifères et les oiseaux. Le poumon des batraciens n’attire pas l’air par dilatation, au moment de l’inspiration, comme chez les mammifères et les oiseaux; aussi, l’air n’est que très incomplètement renouvelé dans leurs poumons. Les batraciens inspirent l’air par une sorte de déglutition. Certains muscles dilatent activement la gorge : l’air entre par les narines, remplit la dilatation ouïe gonllement de la gorge ; puis les narines se ferment, la gorge se contracte en vertu de ses muscles propres et chasse l’air, par refoulement, du côté des poumons. Le retrait élastique du poumon et la contraction des muscles de l’abdomen président à l'expiration.
Les reptiles inspirant l’air, non point par dilatation de la cavité pectorale, mais par un refoulement de déglutition, il en résulte qu’ils respirent aussi bien, la poitrine et le ventre ouverts, que lorsqu’ils sont intacts. Il en résulte encore (ce qui paraît assez singulier au premier abord) que l’on peut rendre la respiration pulmonaire impossible, et par conséquent les asphyxier à la longue, en leur maintenant la bouche largement ouverte, c’est-à-dire en portant obstacle à la déglutition.
Poissons. — Les poissons respirent, à l’aide de leurs branchies, l’air contenu dans l’eau. De grands naturalistes ont pensé que les animaux qui vivent dans l’eau avaient le pouvoir de décomposer l’eau pour en extraire l’oxygène; mais l’expérience a prouvé depuis longtemps qu’en plaçant ces animaux dans de l’eau privée d’air, ils ne tardent pas à succomber.
L’air contenu dans l’eau fournit aux poissons l’oxygène dont ils ont besoin, et ils expirent de l’acide carbonique, ainsi qu’il est aisé de s’en assurer, en traitant par l’eau de chaux l’eau dans laquelle des poissons ont vécu pendant quelques jours. L’air contenu dans l’eau est d’ailleurs plus riche en oxygène que Pair atmosphérique, l’oxygène étant plus soluble que l’azote1.
Les branchies des poissons sont des organes disposés en forme de lamelles
1 L’air atmosphérique contient 21 d'oxygène et 79 d’azote; l’air contenu dans l’eau contient 32 d’oxygène et G8 d'azote.
saillantes, très vasculaires, fixées au bord externe des arcs branchiaux. Il y a généralement de chaque côté du cou quatre branchies, composées chacune de deux lamelles. Dans les poissons cartilagineux, il y en a quelquefois davantage (cinq ou sept). Les branchies sont ordinairement libres ou flottantes par un de leurs bords, c’est ce qui a lieu chez les poissons osseux. Chez les poissons cartilagineux, les deux bords des branchies sont fixés, l’un à l’arc branchial, et l’autre à la peau. Les poissons dont les branchies sont libres n’ont qu’une seule ouïe de chaque côté : ceux dont les branchies sont adhérentes ont au cou des ouvertures multiples, et ordinairement en nombre égal aux branchies (les lamproies, qui ont sept branchies adhérentes, ont sept ouvertures de chaque côté, le long du cou).
Lorsqu'on examine un poisson dans l’eau, on le voit alternativement ouvrir la bouche et les opercules des ouïes. En effet, le poisson, pour respirer, avale de l’eau par la bouche: l’eau, arrivée dans la gorge, passe au travers des fentes que laissent entre euxlesarcs branchiaux, et parvientainsi sur les branchies, qu’elle baigne ; l’eau cède au sang, au travers des parois vasculaires, une partie de l'air qu'elle renferme; elle s’échappe ensuite parles ouvertures des ouïes.
La plupart des poissons respirent encore l’air atmosphérique qu’ils viennent avaler à la surface de l’eau. L’air ainsi avalé se trouve en contact avec les branchies, par conséquent avec une membrane vasculaire et humide, et concourt à la respiration. Des poissons placés dans des récipients pleins d’eau, et qu’on empêche de venir respirer à la surface, à l’aide d’un diaphragme de gaze, finissent par succomber au bout d’un temps plus ou moins long.
Lorsque les poissons sont tirés hors de l’eau, ils périssent assez rapidement par asphyxie. Les lamelles branchiales, n’étant plus soutenues par l’eau, s’affaissent promptement, se laissent difficilement traverser par le sang, se dessèchent peu à peu au contact de l’air, et rendent l’osmose gazeuse de plus en plus imparfaite. On peut prolonger leur vie en leur humectant sans cesse les branchies avec de l’eau, ou en les plaçant dans un air saturé d’humidité.
Mollusques. — Les mollusques vivent dans l’air ou dans l’eau ; leur respiration est pulmonaire ou branchiale. Les organes de la respiration présentent ici des formes et des situations très variées.
Chez les mollusques céphalopodes , la respiration est aquatique. Les branchies sont symétriques, constituées par des lamelles divisées et subdivisées sous forme arborescente, et se trouvent cachées par le manteau dans une cavité spéciale. Cette cavité a des parois contractiles. Lorsqu’elle se dilate, l’eau entre dans son intérieur; lorsqu’elle se contracte, l’eau est chassée au dehors. Il y a, d’ailleurs, une fente pour l’entrée de l’eau, et un tube analogue aune sorte d’entonnoir pour la sortie du liquide.
Les mollusques gastéropodes respirent dans l’air ou dans l’eau. Chez ceux qui respirent dans l’air (telle est une partie des gastéropodes à coquille), l’organe respiratoire ou poumon est constitué par une cavité sur les parois de laquelle vient se ramifier l’artère pulmonaire. Cet organe se trouve placé dans le dernier tour de spire. L’air est amené au poumon sans que l’animal sorte de sa coquille, tantôt par un pertuis percé dans la coquille, tantôt par un canal placéentre le corps et la coquille.
Les gastéropodes à coquille qui vivent dans l’eau ont des branchies. Tantôt l’animal est obligé de sortir son corps au dehors pour mettre l’organe branchial