‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 292 sur 429 · EXCÈS · texte numérisé non relu

EXCÈS

DE TEMPÉRATURE de l'animal sur

le milieu ambiant.

Demi veille.

Assoupissement.

Demi-sommeil.

Sommeil profond.

lo,60

Lorsque la température extérieure descend à 0° ou au-dessous de 0°, on voit la température de la marmotte s’abaisser à -f- 5°, -f- 4°, et même à -f- 2°. Dans les conditions ordinaires, la température des animaux se maintient un peu plus élevée, même quand la température extérieure est très basse, parce qu’ils ont soin, avant de s’endormir de leur sommeil d’hiver, de se réfugier dans des espaces limités et de s’y entourer de corps mauvais conducteurs de la chaleur, tels que du foin, de la paille, des feuilles sèches, des plumes, etc.

Pendant le sommeil naturel des animaux, la respiration et la circulation sont beaucoup moins ralenties que pendant le sommeil hibernal. Cependant, pour être moins marquée, l’influence du ralentissement des fonctions de respiration et de circulation se fait néanmoins sentir par un léger abaissement de tempé-

1 Un hérisson qui, à l’état de veille, consommait 1 litre d’oxygène, ne consommait plus, à l’état de sommeil hibernal, que O1, 04 dans le même temps (Saissy). Une marmotte qui consommait, par heure et par kilogramme de poids du corps, 1 gramme d’oxygène, ne consommait plus, quand elle était dans son sommeil d’hiver, que 0sr,04 d’oxygène par heure et par kilogramme de poids du corps (Régnault). Le spermophilus, dont la température de veille est de 36°, produit dans son sommeil léthargique 34 fois moins d’acide carbonique qu'à l’état de veille (Horvath).

2 L’engourdissement hibernal des mammifères représente en quelque sorte l’état normal et physiologique de la plupart des animaux à sang froid (ou animaux à température variable).

Béclard, 7e édition. 36

rature. Cet abaissement est d’un peu moins de 1 degré chez l’homme. A cet abaissement de température correspond une diminution dans la quantité d’acide carbonique produit. M. Boussingault a vérifié le fait sur des oiseaux (tourterelles); M. Scharling, MM. Pettenkofer et Toit sur l’homme (voy. page 396). Il est certain, et beaucoup de faits le démontrent, qu’un homme qui dort est plus accessible au refroidissement qu’un homme éveillé ; et ce n’est pas sans danger qu’il s’exposerait, endormi, à des températures qu’il braverait à l’état de veille. Le sommeil, d’ailleurs, est accompagné du repos des muscles, et nous avons vu que le travail musculaire est une source importante de chaleur.

MM. Régnault et Reiset, dans leur remarquable travail sur la respiration des animaux, ont établi que la consommation d’oxygène et la production d’acide carbonique sont très variables chez les mammifères et les oiseaux, quoique cependant la température de ces divers animaux soit à peu près la même. Ainsi, en rapportant la quantité d’oxygène consommé en un temps donné à une même quantité en poids de l’animal, ils ont trouvé, par exemple, que le chien consomme, par heure et par kilogramme d’animal, lsr,18 d’oxygène, que les canards en consomment lsr,53 par kilogramme d’animal, que d’autres oiseaux (petits oiseaux) consomment jusqu’à 9 ou 13 grammes d’oxygène par kilogramme d’animal et par heure. M. Valentin, dans plusieurs séries d’expériences du même genre, est arrivé à des résultats analogues : ainsi, tandis que, pour 1 kilogramme du poids du corps, l’homme consommait par heure 0gr, 62 d’oxygène, les pigeons en consommaient 8er, 8, les souris 10er, 87, le bec-croisé (oiseau) 10gr,98. La production d’acide carbonique suit exactement la même progression.

Cette anomalie apparente s’explique facilement. Il est évident que la masse des animaux joue un rôle des plus importants dans les phénomènes du refroidissement. Tandis que le volume moyen d’un lapin, calculé en centimètres cubes, est de 3370, celui de la souris n’est, au contraire, que de 9,9 ; tandis que le volume du pigeon est de 317 centimètres cubes, celui du bec-croisé n’est que de 27. Plus la masse de l’animal est petite, plus est grand aussi le refroidissement en un temps donné, pour une même température. Un petit animal, dont la température est égale à celle d’un animal plus grand et maintenue également constante, doit donc relativement à son volume consommer plus d’aliments, absorber plus d’oxygène, former plus d’acide carbonique et produire plus de chaleur qu’un grand animal, car il a plus à lutter contre le refroidissement. Depuis les expériences de MM. Régnault, Reiset et Valentin, tous les expérimentateurs ont constaté la généralité de cette loi.

La température de l’enfant étant égale à la température de l’homme adulte, on doit conclure de ce qui précède que l’enfant produit, en un temps donné, plus de chaleur que l’adulte; car sa faible masse le place, sous le rapport du refroidissement, dans des conditions désavantageuses. C’est, en effet, ce qui arrive : 1 kilogramme d’enfant absorbe, en un temps donné, plus d’oxygène et brûle plus de matière combustible qu’un kilogramme d’adulte, pour maintenir sa température propre (voy. page 392). De là, l’activité des fonctions de nutrition chez l’enfant, la rapidité du pouls et celle des mouvements de la respiration. De là, encore, la facilité avec laquelle il se refroidit. La nécessité des vêtements est donc plus impérieuse encore chez le jeune enfant que chez l’adulte, pour lui permettre de résister efficacement aux abaissements de la température extérieure.

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