SÉCRÉTIONS
Définition. — Organes de sécrétion. — 11 n’est pas aussi facile qu on pourrait le penser de définir rigoureusement ce que c’est qu’une sécrétion. 11 est vrai qu’il y a dans l’organisme certains organes bien déterminés, d’une forme en général arrondie, auxquels on donne le nom de glandes, qui, pourvus d’un
canal ou de plusieurs canaux excréteurs, déposent le produit liquide formé dans leur intérieur, soit sur les surfaces muqueuses, soit sur la surface cutanée ; tels sont, par exemple, le rein, le foie, les testicules, les mamelles, les glandes salivaires, les glandes lacrymales, le pancréas, etc. Mais il est d’autres organes dont la forme rappelle celle des glandes, qui, riches en vaisseaux sanguins, reçoivent et rendent une grande quantité de sang, et sont cependant dépourvus de l’élément essentiel des glandes, je veux dire des canaux d’excrétion. Ces organes, quoique n’étant pas des glandes proprement dites, n’exercent pas moins une influence remarquable sur la constitution du sang, et doivent être examinés ici ; tels sont la rate, les capsules surrénales, le corps thyroïde, le thymus. D’autres parties, en apparence plus éloignées des glandes que les précédentes, se présentent sous forme de sacs membraneux, à dimensions très variables (séreuses splanchniques, membranes synoviales articulaires, etc.) ; ces sacs, pourvus à leur surface externe d’un réseau vasculaire plus ou moins abondant, contiennent dans leur intérieur des liquides qu’on peut envisager aussi comme des sécrétions. Enfin, le sang qui circule dans le réseau capillaire des organes laisse passer, au travers des parois délicates des vaissseaux et dans la trame de tous les tissus, le plasma nourricier.
Si l’on donnait le nom de sécrétion à la sortie de certains principes du sang au travers des vaisseaux, il n’y aurait pas de tissu pourvu de vaisseaux qui ne fût capable de sécrétion. Tous les tissus qui se nourrissent devraient être considérés comme des glandes ; il n’y aurait plus dans l’économie que des glandes. Ce point de vue général a son utilité, sans doute, et il est vrai que l’on passe par une transition insensible des fonctions de sécrétion aux fonctions de nutrition proprement dites ; mais on ne saurait confondre dans une description commune les actes sécrétoires et les actes nutritifs. Malgré les liens qui les unissent et malgré la dépendance étroite et réciproque qui existe entre eux, la division ancienne a son utilité, et il convient d’analyser isolément ces deux ordres de phénomènes. Dans les phénomènes de nutrition, l’organe qui se nourrit attire et fixe des matériaux analogues à sa propre subsstance. Dans les phénomènes de sécrétion, l’organe sécréteur ne forme pas, n’attire pas seulement les matériaux semblables à lui, car il n’y a point identité de composition entre la substance de la glande et le produit qu’elle sécrète. Ce qui distingue encore ces deux actes, c’est qu’ils s’accomplissent sans se confondre dans chaque organe de sécrétion.
La sécrétion s’exerce à l’aide de certains tissus interposés entre les vaisseaux sanguins et le liquide sécrété. Les membranes séreuses représentent le tissu interposé sous sa forme la plus simple; ce sont, en effet, de simples sacs, dont une des surfaces est en rapport avec les vaisseaux, et dont l’autre contient le produit de sécrétion. Dans les glandes simples ou follicules, le tissu interposé diffère de consistance et de texture avec les membranes séreuses : il se présente sous forme de petits sacs qui s’ouvrent sur les membranes muqueuses ou à la peau (voy.
b,' gîaùde en tube. fig- 102, A), et autour desquels rampent des vaisseaux. Les glandes en tubes, qui existent en quantité innombrable dans l’épaisseur des membranes muqueuses, ont avec les précédentes une grande
Fig. 102.