CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS
déposé au dehors sur la surface cutanée; mais cette sécrétion n’est pas continue comme la sécrétion urinaire, et elle joue, par rapport au maintien de la température animale, un rôle capital : elle en est, en quelque sorte, le régulateur (voy. § 167).
Les sécrétions dont les produits sont déposés sur la muqueuse du tube digestif, telles que salive, suc gastrique, suc pancréatique, bile, suc intestinal, servent, d'une manière variée, à dissoudre et à métamorphoser les aliments. Si une partie de ces humeurs (particulièrement la bile) est rejetée au dehors avec le résidu non digéré de l’alimentation, on ne peut cependant pas les désigner sous le nom de sécrétions excrémentitielles, car la plupart d’entre elles rentrent dans la circulation par les voies de l’absorption. La sécrétion des larmes, qui vient en aide aux phénomènes de la vision, en entretenant les milieux transparents de l’œil dans les conditions physiques nécessaires à l’accomplissement de la fonction visuelle, est dans le même cas. Le produit de sécrétion des glandes de Meibomius, qui enduit le bord libre des paupières d’un vernis gras qui s’oppose à l’écoulement des larmes sur les joues, le produit de sécrétion des follicules sébacés, qui revêt la peau d’une couche grasse destinée à prévenir le dessèchement de l’épiderme sous l’action du milieu atmosphérique, bien qu’entraînés par la mue épithéliale, ont un rôle à remplir, qui ne permet pas, non plus, de les considérer comme des produits excrémentitiels proprement dits.
11 est plus impossible encore de ranger la sécrétion du sperme et la sécrétion du lait au nombre des sécrétions excrémentitielles, bien que leurs produits soient expulsés au dehors à certaines époques. D’une part, ces produits de sécrétion ne sont pas nécessairement évacués; et, d’une autre part, ils ont à jour un rôle de premier ordre, destinés qu’ils sont à la conservation de l’espèce *.
Quelques produits de sécrétion ont reçu le nom de sécrétions recrémentitielles. Telles sont les sécrétions séreuses et synoviales, auxquelles on peut joindre celles des glandes vasculaires sanguines. Ces produits, en effet, rentrent dans le sang, au fur et à mesure de leur formation, et lient d’une manière étroite les phénomènes de sécrétion avec ceux de nutrition. Ce mode de sécrétion offre, en effet, une frappante analogie avec la production et la résorption des milieux liquides de l’œil et de l'oreille, avec la production et la résorption de la graisse, etc.
Un certain nombre de produits de sécrétion ont déjà été examinés. Telles sont les diverses sécrétions annexées à l’appareil digestif. D’autres, tels que les larmes,
1 On peut même contester que le testicule soit une glande et le sperme une sécrétion. L’évolution des cellules spermatiques et des spermatozoïdes est un phénomène de même ordre que l'évolution des ovules, et ce n’est que par une analogie forcée qu’on comprend les ovaires au nombre des glandes.
S’il est vrai de dire que les testicules et les ovaires qu’on comprend dans l’ensemble des organes glandulaires, se dérobent plus manifestement que les autres à toute tentative de classification, il est vrai encore que les organes glandulaires annexés à l’appareil digestif (glandes salivaires, glandes à pepsine, foie, pancréas, glandes de Brunner et de Lieberhühn) remplissent dans la nutrition, c'est-à-dire dans la vie de l'individu, un rôle non sans analogie avec celui que le testicule et la mamelle remplissent dans la vie de l 'espèce ; on pourrait pour la meme raison, leur contester le titre de glandes. Én procédant ainsi, par élimination successive, on arriverait peu à peu à ne plus reconnaître d’autres glandes que les reins, et qu’une seule fonction de sécrétion proprement dite, T urination . Mais si ce point de vue a son utilité, l’opération synthétique qui consiste à grouper un certain nombre d'organes similaires sous le nom de glandes et à généraliser leur mode d’action sous le nom de sécrétion, présente aussi ses avantages, et ce n’est pas sans raison qu’elle est consacrée par un long usage.
le sperme, le lait, le seront dans le vrage.
Nous nous occuperons seulement ici de l’urine, de la foie (le foie a d’autres fonctions que celles relatives des sécrétions séreuses, synoviales, sébacées,
Fig. 103.
«, a, tubes urinifères collecteurs.
b, artères.
c, vaisseau artériel afférent au glomérule.
d, glomérule placé dans l'origine renflée d’un tube uri-
nifère.
c, "vaisseau efférent du glomérule.
A réseau capillaire qui entoure les canalicules du rein.
second et dans le troisième livre de cet ou-
sueur, des fonctions du à la digestion duodénale), muqueuses, et enfin des fonctions encore assez obscures des glandes vasculaires sanguines.
ARTICLE I