POUR 100 CENTIMÈTRES CUBES DE SANG
Première expérience
19CC,4G d’oxygène.
Deuxième expérience
Sang artériel 17co,44 d’oxygène.
Sang veineux vermeil 10 ,00 —
Sang veineux brun . 0 ,44 —
Dans le sang qui s’écoule par la veine d’une glande en activité, la proportion d’oxygène qu’il renferme est donc peu diminuée, et cette seule considéra-
1 Quand on ouvre l’abdomen d’un chien, on constate qu’au bout d’un temps assez court, la sécrétion urinaire se ralentit et s’arrête par suite du traumatisme. Quand on referme l’abdomen,
l’aide d’une suture, cet arrêt ne dure que deux ou trois heures. La sécrétion reprend ensuite assez régulièrement.
Sang artériel
Sang veineux vermeil Sang veineux brun. . .
tion suffit pour expliquer la ressemblance de coloration avec le sang artériel.
11 ne faut pas oublier, c’est un point sur lequel nous avons longuement insisté * (pages 528 et 529), que la quantité de sang qui traverse une glande qui sécrète, est beaucoup plus considérable que celle qui la traverse quand elle est à l’état de repos. Il en résulte que bien que les deux sangs (artériel et veineux) diffèrent assez peu dans une glande en activité, il n’en est pas moins vrai que les métamorphoses organiques, mesurées par la consommation d’oxygène, sont plus importantes dans une glande qui sécrète que dans une glande au repos. Ces actions chimico-organiques sont d’ailleurs plus facilement saisissables dans les glandes (comme les glandes salivaires ou le foie), où les produits de sécrétion prennent naissance, que dans les reins qui n’exercent sur le sang qui les traverse qu’une sorte de filtration élective.
Ainsi que nous l’avons dit déjà (§ 165), les phénomènes de sécrétion sont accompagnés d’un dégagement de chaleur. Cette élévation de température peut être constatée non seulement dans le sang qui sort de la glande en activité, mais aussi dans le produit de la sécrétion. MM. Ludwig et Spiess introduisent la soudure d'une aiguille thermo-électrique dans le canal excréteur de la glande sous-maxillaire d’un chien, la soudure d’une autre aiguille dans le courant sanguin de l’artère carotide du même animal, et placent ces deux aiguilles dans le circuit galvanométrique. Tant que la glande ne fonctionne pas, la différence de température est en faveur du sang artériel ; mais quand la salive sécrétée sous l’influence de l’excitation nerveuse commence à affluer dans le canal sécréteur de la glande, la température de l’aiguille correspondante commence à se rapprocher de la température du sang ; bientôt elle l’égale, et, quand la sécrétion est dans toute son activité, elle la dépasse. Dans quelques unes de leurs expériences, la température de la salive au moment de la sécrétion l’emportait de 1°, et même de 1°,5 sur celle du sang artériel de la carotide, c’est-àdire sur la température du sang que recevait la glande I.
Classification «les sécrétions. — On a souvent cherché à classer les diverses sécrétions; mais tous ces essais de classification ne sont et ne peuvent être que très imparfaits : il n’est pas une seule sécrétion, en effet, qui n’ait quelque chose de spécial et qui ne diffère des autres par certains côtés. En envisageant les sécrétions dans leurs produits et dans le rôle que ces produits sont appelés à jouer, on peut remarquer que les unes sont destinées à l’élimination pure et simple, et que, depuis le moment où les liquides de sécrétion sont formés jusqu’à celui où ils sont expulsés au dehors, ils ne sont plus nécessaires ni aux phénomènes de la nutrition ni à l’accomplissement des fonctions delà vie organique. Telle est la sécrétion urinaire. Cette sécrétion est réellement excrémentilielle, mais, à proprement parler, elle est la seule. La sécrétion de la sueur se rapproche beaucoup de la précédente ; le produit de la sécrétion est, en effet,
* M. Meyer appelait dernièrement l’attention sur ce point que, lorsque les nerfs d'une partie sont coupés, le sang veineux de cette partie devient plus clair. MM. Dupuytren, Emmert et Krimer avaient autrefois signalé le fait, et c’est ce qu’on peut observer, après la section des nerfs vasomoteurs, dans les veines cutanées de la tête ; les voies que traverse le sang pour passer des artères dans les veines étant élargies, le sang coule plus abondamment, élève la température des parties et n’éprouve pas de modifications de couleur aussi tranchées qu’auparavant.