CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS
dant) puis se relève (tube ascendant), reprend à peu près son diamètre primitif, regagne la couche corticale et décrivant encore quelques ondulations (tube intermédiaire) se termine dans les tubes collecteurs (dits de Bellini) dont l’ensemble constitue la pyramide.
Les parois des tubes urinifères sont composées par une substance hyaline homogène; l’épaisseur de cette paroi est d’environ 0mm,001, dans les tubes les plus fins. Ges tubes sont tapissés intérieurement par une couche épithéliale qui comble une grande partie de leur calibre. Les cellules de cet épithélium sont différentes dans les divers départements des tubes urinifères. Dans les tubes contournés l’épithélium est sphéroïdal (on lui donne aussi le nom d’épithélium actif) ; dans les tubes descendants et ascendants qui succèdent aux tubes contournés il est pavimenteux ; dans les tubes collecteurs, il a l’apparence ordinaire des épithéliums des muqueuses, il est cylindrique.
Plus communément désignés sous le nom de glomérules, les corpuscules de
Fig. 104.
Tubes urinifères du rein de la tortue ( testudo græca).
a, deux tubes urinifères formant une anse au sommet
de laquelle se trouve un glomérule de Malpighi.
b, glomérule de Malpighi.
•c, cellules d'épithélium. Les cellules placées près du glomérule sont pourvues de cils vibratils.
d , concrétions urinaires.
Réunion des conduits ou tubes urinifères dans les pyramides du rein (d’après Schumlansky).
a, les tubes urinifères qui constituent la py-
ramide par leur accolement.
b, leur ouverture à la papille ou sommet des
pyramides.
Malpighi sont formés par un pelotonnement de vaisseaux artériels très fins, anastomosés en réseaux, et dont l’ensemble forme une petite sphère. Chez les batraciens, les tortues et les poissons, les vaisseaux des glomérules forment de simples anses assez élégantes (voy. fig. 104). Les glomérules sont placés dans l’intérieur des ampoules qui forment l’origine des tubes urinifères. Les ampoules originaires des tubes urinifères présentent par conséquent deux ouvertures. L’une pour l’entrée du vaisseau sanguin afférent , l’autre pour la sortie du vaisseau sanguin efférent.
Les tubes urinifères devenus rectilignes dans les pyramides de la substance tubuleuse, se réunissent entre eux, deux à deux, successivement, de manière qu’au sommet de la pyramide ou papille, ils se terminent, en définitive, par
une vingtaine d’ouvertures (voy. fig. 105). C’est par ces ouvertures que le produit de sécrétion, formé dans la substance corticale du rein, est versé dans les calices. Les calices, qui entourent à la manière de chatons le sommet de chaque pyramide, transmettent le liquide dans le bassinet, réservoir commun auquel l’uretère fait suite.
L’abondance du sang que le rein reçoit, la position des glomérules dans l’intérieur même des ampoules originaires des canaux urinifères, sont de nature à favoriser la rapidité et la quantité du liquide sécrété. Si nous comparons, sous ce rapport, le rein avec le foie, il est évident que ce dernier, eu égard à sa masse, reçoit moins de sang que le rein, et, de plus, les canaux glandulaires du foie n’ont pas des connexions aussi étroites avec les vaisseaux sanguins.
§ 171 bis.
sécrétion de l’urine. — Les substances qui existent dans l’urine à l’état de dissolution, existant aussi dans le sang, on a souvent comparé la sécrétion de l’urine à une sorte de filtration , favorisée par la tension du sang dans les vaisseaux du glomérule et par l'absence à peu près complète de pression à l’intérieur des tubes urinifères. On supposait dès lors que la sécrétion de l’urine était à peu près limitée à l’origine des tubes urinifères c’est-à-dire aux ampoules ou capsules de Bowmann, qui contiennent le glomérule.
Quand la structure des tubes urinifères a été mieux connue, on a pensé que l’épithélium globuleux des tubuli (épithélium spécial et différent de celui qu’on rencontre dans les autres portions des canaux du rein) devait jouer un rôle dans la sécrétion.
On a d’abord supposé (M. Bowmann, M. Donders) que le glomérule laissait filtrer les parties les plus liquides du sang (c’est-à-dire l’eau et les sels) et que les tubuli étaient plus spécialement en rapport avec la séparation des éléments organiques de l’urine. D’autres (M. Ludwig et M. de Wittich) donnent au glomérule la propriété de se laisser traverser par tous les éléments de l’urine, et aux cellules de l’épithélium des tubuli, la propriété de reprendre une partie de l’eau.
D’autres encore supposent que le plasma du sang, y compris l’albumine, traverse le réseau vasculaire des glomérules, arrive dans les ampoules de Bowmann et passe dans les tubuli contorti dont l’épithélium globuleux aurait pour fonction de reprendre quelques-unes des matières dissoutes dans le plasma, et en particulier l’albumine. La sécrétion urinaire présenterait ainsi deux phases : d’abord une filtration et ensuite une résorption élective. En sorte que le rôle du rein consisterait non pas à laisser sortir certains principes du sang à l’exclusion de certains autres, mais à les laisser sortir tous, pour en reprendre ensuite quelques-uns. Nous avons à peine besoin de faire remarquer que cette supposition, purement théorique, ne repose sur aucune donnée expérimentale.
Lorsqu'on s’oppose à l’élimination de l’urée (substance organique la plus/ abondante de l’urine) par la ligature des uretères ou par l’extirpation des reins, les animaux succombent fatalement au bout d’un temps qui n’est pas très long. Comme la mort est ordinairement plus rapide à la suite de la ligature des uretères qu’à la suite de la néphrotomie, quelques expérimentateurs tels que